VINGT-DEUXIÈME LECON
Sorgho. -- Mais.
Maladies des céréales. — Insectes nuisibles.
60. Le sorgho. -— Les variétés de sorghos cultivées sont principalement le sorgho blanc (bechna) et le sorgho noir (dra). Le sorgho constitue une précieuse ressource comme culture d'été pour les terres non arrosées.
Le sorgho (fig. 49) réussit dans les bonnes terres bien préparées à la surface et qui conservent un peu d'humidité en été; les semailles se font à la volée, en avril, à raison de 25 kilogrammes de semence à l’hectare. Le sorgho lève rapidement; sa réussite est assurée s’il tombe quelques pluies en avril ou mai, après les semailles: en juillet il fleurit et dès ce moment il faut commencer à le protéger contre les oiseaux : moineaux, gros becs, tourterelles, etc.; en août il
est mür, on récolte les panicules et on dépique; avant de rentrer la graine on doit veiller à ce qu'elle soit parfaitement sèche.
Le sorgho blanc constitue une meilleure nourriture que le sorgho noir; il atteint quelquefois le prix du blé: tous deux entrent dans l'alimentation du fellah et servent aussi, le noir surtout, à nourrir le bétail et la volaille. Les tiges et feuilles du sorgho sont données parfois en vert aux animaux; il faut se souvenir que les rejets des tiges du sorgho amènent parfois des accidents chez les animaux qui s’en nourrissent à l’état frais.
61. Le maïs. — Le maïs (fig. 50) (AK’BAL) demande de l'humidité et de bons terrains.
Les fellahs le cultivent peu et exclusivement en terres irriguées ou dans les jardins (ramizar). Ils en mangent l'épi grillé sur le feu, lorsque les grains sont à lait. Les semailles se font après les gelées de printemps; en mars sur le littoral. Il faut semer très clair en lignes par poquets, c'est-à-dire plusieurs grains ensemble. On bine souvent le
Fig, 50. — Mais.
maïs et on laisse la floraison s'accomplir; on ne coupe les panicules mâles qui se trouvent audessus de l’épi femelle et qui ne donnent pas de fruits, que quand elles commencent à se dessécher; au mois d'août on récolte. Les épis sont ramassés, retroussés et mis à sécher. Pour récolter le maïs pour fourrage, on sème plus épais et on le coupe au moment où il est en fleurs; c’estune nourriture excellente et abondante pour le bétail, Souvent après le sorgho ou le maïs, le feliah sème du blé ou de l'orge.
Maladies et ennemis des céréales.
62. Verse, rouille, charbon, etc. — Les plantes sont comme les gens, elles sont sujettes à des maladies qu'il faut connaitre pour les prévenir si possible. Les principales maladies des céréales sont la verse, la rouille, le charbon, la carie, etc.
Dans la verse, la tige de la céréale se couche sur le sol; sa partie supérieure ne peut plus alors se nourrir et se développer parce que le pied de la plante, soustrait à l'action de la lumière, s’étiole; il ne faut done pas semer trop épais, du moins dans les terres très fumées, sur l'emplacement des gourbis (tabia).
La rouille (AMECÇAD) est une poussière jaunâtre faisant tache sur les feuilles et les tiges des céréales (blé, orge, etc.)}; cette maladie se développe surtout quand lhiver et le printemps sont continuellement pluvieux. On doit choisir les espèces de blé qui y résistent Je plus ei, parmi celles-ci, ce sont les va-
7 riétés indigènes qui se comportent le mieux. Fig51/ Le charbon, que les Kabyles appellent THAZOULT DO GUIGER, est une maladie s'attaquant à la plupart des céréales (blé, orge, sorgho, maïs); elle provient d'un champignon : l'épi charbonneux n’est qu'une masse de poudre noire (fig. 51).
La carie (souça, AKANOUL) est aussi une maladie provenant d’un champignon. Le grain carié est rempli d'une poussière brune d’odeur fétide; au battage, cette poussière se
répand sur d'autres grains, qui semés donneront une plante dont les grains auront la carie.
Pour préserver les céréales du charbon et de la carie, 1l faut sulfater les semences (57).
Enfin les céréales, blé, orge, ne produisent pas de grains quand, au printemps, en avril-mai, elles sont atteintes par la gelée. Il en est de même quand elles sont échaudées, c'est-à-dire saisies par la chaleur après des temps humides.
63. Ennemis des céréales. — En outre de ces maladies, il ya encore des insectes qui s'attaquent aux céréales. L'un des plus nuisibles est le douda (fig. 52). Sous ce nom, les indi-