‹ Le livre du fellahChapitre 47 sur 104 · VINGT-HUITIÈME LECON · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME LECON

Henné. — Coriandre. — Tabac.

11. Henné, tabac. — Le hennéest un arbrisseau cultivé surtout dans les oasis du Sud; les indigènes se servent de ses feuilles pour teindre en rouge-brun, aux jours de fête,

Fig. 67. — Coriandre.

leurs cheveux, leurs mains, leurs pieds; ils l'emploient aussi en poudre comme remède et l’appliquent sur les plaies et contusions.

La coriandre (fig. 67) (kosbor) est une plante dont les graines aromatiques sont utilisées dans la cuisine indigène; elle se sème en janvier et se récolte en juillet-août.

Le tabac (fig. 68) (doukhane) est une plante dont on utilise les feuilles pour fumer ou priser. Les variétés cultivées par les indigènes sont à petites feuilles, de qualité supérieure à celle des tabacs de culture européenne : on les désigne sous le nom de kachna, arbi, etc.

Pour qu'un tabac soit bon il faut qu'il brüle bien. Or certaines terres ne produisent que du tabac incombustible; ce sont les terrains salés, il faut éviter d'y faire du tabac. Le tabac exige une terre profonde, légère, abondamment fumée avec du fumier vieux et bien décomposé. Certains emplacements riches en vieux engrais appelés tabias par les fellahs, certains terrains où se trouvaient des mechtas, des gourbis, conviennent à cette culture.

18. Gulture du tabac. — En octobre on prépare le terrain pour les semis de tabac pour lesquels il faut une terre bien

Fig. 68. — Tabac en fleur.

ameublie, mélangée de fumier décomposé et abritée ; on sème en décembre, on enterre légèrement la graine, puis on recouvre les semis de jujubiers pour les défendre contre les oiseaux. La germination a lieu après 35 jours environ; on arrose si c'est nécessaire, on sarcle, on désherbe fréquemment. En mars-avril, les plants après avoir été abondamment arrosés sont arrachés; de cette facon leurs racines restent

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bien entières. Le repiquage se fait aussitôt, un peu plus tôt sur les coteaux et un peu plus tard dans les terres de plaine. Les plantations hâtives sont les meilleures. Les lignes de plants sont espacées entre elles de 0,60 environ, sur la ligne les plants sont distants de 0",35 environ; on se sert du plantoir ou de la binette (gadoum). Après la reprise on bine, on butte et si on arrose on le fait très modérément, car la plante se développerait au détriment de la qualité du produit. Lorsque les tiges ont 0,50 à 0,60 de hauteur, on écime afin de faire grandir, allonger les feuilles qu'on laisse au nombre de 10 à 20 suivant la force de la plante. Les meilleures sont celles du haut.

19. Récolte du tabac. — En juillet le tabac commence à mürir, il répand une forte odeur, la feuille est cassante, gommeuse et s'abaisse vers le sol. On cueille les feuilles quand elles sont sèches de rosée et au fur et à mesure qu'elles sont mures, et on les met en tas dans de la paille pour les faire fermenter légèrement (javelage). Les feuilles prennent une teinte jaune, elles sont alors portées au séchoir où elles sont suspendues, enfilées en guirlandes.

Après le tabac le sol est bien nettoyé et convient à la culture des céréales. Le plus souvent les colons emploient des cultivateurs indigènes pour la culture de leurs tabacs. Le colon fournit la terre, le séchoir, le fumier, fait les labours; le fellah se charge de la préparation des plants, de la plantation, des binages, de la récolte et des soins à donner au produit. Ils se partagent ensuite les bénéfices.

Dans les oasis du Souf les indigènes produisent des quantités considérables de tabac à priser; mais en général chaque fellah cultive dans son jardin quelques pieds de tabac pour là préparation de son tabac à priser.

Le tabac contient une matière dangereuse pour la santé, c'est la nicotine, il ne faut pas trop fumer.

L'ennemi des plantations de tabac est le ver gris qui coupe la tige de la plante.

RÉSUMÉ

Le Lenné est surtout cultivé dans les oasis du Sud. La coriandre est une plante aromatique utilisée dans la cuisine indigène. En général on cultive pour le tabac les variétés à petites feuilles. Le tabac réussit dans les terres profondes, fumées depuis longtemps, les tabias par exemple ; mais dans les terres salées il donne des feuilles incombustibles. En décembre on fait les semis de tabac; en fin février on repique sur les coteaux, en avril dans la plaine, puis on bine, on écime, et en juillet on commence là récolte. Il vaut mieux récolter les feuilles au fur et à mesure qu'elles sont mures; on les enfile en guirlandes,on les met en tas pour les faire fermenter légèrement, puis on les porte au séchoir.

Le fellah cultive souvent le tabac à moitié avec le colon. L'ennemi du tabac est le ver gris (douda).

QUESTIONNAIRE

Où se fait la culture du henné? A quoi sert le henné? la coriandre? Comment se fait cette culture? Quelles variétés de tabac sont cultivées en Algérie? Quels sols produisent de bons tabacs? Quand repique-t-on? A quelle époque le tabac est-il mür? A quoi reconnaïit-on qu'il est mûr ? Comment cueille-t-on le tabac? Comment les colons etles fellahs s’entendent-ils pour cultiver le tabac?

ENSEIGNEMENT PRATIQUE

Se rendre compte de la culture du tabac. Suivre les opérations de semis en pépinière, le repiquage, etc. Visiter les séchoirs, assister aux opérations de cueillette, de javelage, de triage, de séchage, etc.

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