‹ Le livre du fellahChapitre 49 sur 104 · TRENTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTIÈME LEÇON

Boisement.

83. Propagation de l'arbre. Pépinières. Plantation. — L'arbre, mieux que toute autre plante, s'accommode de notre climat à saison pluvieuse suivie d'une période sèche; lui seul, grâce à ses racines puissantes, peut l'été aller chercher dans les profondeurs du sol les réserves d'humidité qui s'y sont accumulées pendant l'hiver. De plus il faut remarquer que les arbres ou arbustes fruitiers sont généralement favorisés, pour la formation et le développement de leurs fruits, par l'absence de pluies au commencement et au cours de l'été. Aussi la cullure fruilière a-t-elle de tout temps constitué l'une de nos principales richesses, et nombreuses sont les plantations d'oliviers, de figuiers, d’orangers, de caroubiers, de vignes, de dattiers, etc., qui couvrent le pays. Cependant s'il faut propager le plus possible la culture des arbres fruitiers, on a vu qu'il était aussi nécessaire de conserver les autres espèces d'arbres, les arbres des forêts dits forestiers, de les multiplier afin de reboiser les régions dénudées.

On fait des plantations d'arbres au moyen de jeunes plants provenant de semis, de boutures, etc., et élevés en pépinière. Notre pépinière est établie en sol de bonne qualité, bien travaillé, bien ameubli : nous l'avons divisée en planches de 3 à

x mètres de long sur 1 mètre de large; des chemins de

0%, 50de largeur permettent d'y travailler aisément. La terre est parfaitement fumée avec du terreau, du fumier, ete. Pendant l'été on a soin d’arroser la pépinière, et de lui donner de temps à autre quelques binages. Lorsque le moment est venu de faire les plantations, on arrache les plants en évitant de blesser les racines principales, puis on plante immédiatement, afin que les racines n'aient point trop à souffrir au contact de l'air et du soleil.

Avant la transplantation des arbres il faut avoir soin de préparer des trous d'environ un mètre de largeur et d'autant de profondeur, dont on garnit le fond avec de la bonne terre bien divisée, mélangée d'engrais ; on dispose l'arbre sur cette terre en étalant les racines et sans plus l’enterrer qu'il était, dans la pépinière; puis on comble le trou et l’on tasse légèrement.

Il faut planter les arbres en les éloignant les uns des autres assez pour qu'ils puissent prendre tout leur développement (1).

84. Soins à donner à l'arbre. Taille, etc. — Les arbres forestiers une fois plantés ne demandent pas grands soins ; il faut surtout leur permettre de se développer, en les protégeant contre le feu et le bétail.

Il n'en est pas de même des arbres fruiliers, qui réclament cerlains soins. Ainsi souvent, pour rendre un arbre fruitier déjà planté plus productif ou pour en obtenir de meilleurs fruits, on le greffe (en fente, en couronne, par approche, eu écusson, etc.). On taille également les arbres fruitiers pour régulariser la production des fruits, en augmentant leur grosseur et leur qualité.

(4) Proverbe arabe : « L'arbre dit à son {rère : écarte ton ombre de mon ombre et je produirai pour toi et pour moi, »

La taille se fait pendant l'hiver, elle consiste surtout dans l'enlèvement du bois mort ou des branches ne portant pas de fruits : on donne de l'air à l'arbre. Pour tailler il faut se servir d'instruments coupant bien; le fellah utilise surtout la hachette, avec laquelle il arrive à force d'adresse à faire des sections nettes : mais souvent aussi avec cet instrumént il fait des plaies nuisibles aux arbres. Il faut le remplacer par la scie à main, la serpe, le sécaleur (fig. 17).

Nous étudierons ensemble la culture de quelques arbres ou arbustes fruitiers les plus répandus; mais auparavant nous allons jeter un coup d'œil sur nos principaux arbres forestiers.

55. Arbres forestiers. Chêne-liège, cèdre, pin, etc. — Le chéne-liège (fig. 10) fernane, 1GGUI) constitue de grandes forêts sur le littoral, surtout en Kabylie et dans l'Est.

Le bois du chêne-liège est peu employé, mais son écorce appelée liège est exploitée. La première écorce de l'arbre appelée liège mâle est crevassée et n'a aucune valeur; on l’enlève et une nouvelle couche de liège se forme, c’est le liège femelle, que l’on enlèvera au moment HS A le NE où la sève circule et lorsqu il

liège, que l’on détache en ménageant aura une épaisseur d'environ

SOUCI RE EE QU AR AUE, 25 millimètres. Ce liège estélas-

tique et se vend pour fabriquer des bouchons principalement. Le cèdre [ABAOUAL, erz, meddad) est un arbre superbe, dont

Page 1