‹ Le livre du fellahChapitre 53 sur 104 · TRENTE-DEUXIÈME LECON · texte numérisé non relu

TRENTE-DEUXIÈME LECON

L'’oliviez (z2//0un, AZEMMOUR)

90. L'olivier. — Plantation. — Diverses variétés. — L'olivier se trouve à l’état sauvage dans les forêts, dans les

ra

Fig. 74. — Huilerie kabyle en plein air. Au centre de la figure, meule pour . triturer les olives; à droite, le pressoir.

broussailles de la région du Tell: il aime les terrains sains, bien exposés au soleil. En sol humide trop peu ensoleillé, il

donne des fruits de qualité inférieure. Un champ planté d'oliviers s'appelle une olivelle. On peut établir une olivette : 4° en utilisant les oliviers sauvages (ZEBounJ). On débroussaille et suivant la grosseur de l'olivier on greffe sur la tige ou sur les plus grosses branches. 2° En faisant une plantation en lignes au moyen de jeunes plants greffés. On choisit un terrain ne se desséchant pas trop, mais ne retenant pas un excès d’eau, bien exposé au soleil, et après avoir, de distance en distance, fait des trous circulaires, on plante de jeunes oliviers greffés, élevés en pépinière : la plantation se fait en mars, au moment où la sève monte.

Le fellah ne doit pas manquer d'utiliser tous les oliviers sauvages, Vieux Ou jeunes, qui sont en sa possession et il est vraiment regrettable de voir certains indigènes abattre des oliviers pour en vendre le bois dans les villages; le fellah retirerait beaucoup plus de profit en greffant ces arbres qu’en les détruisant. Du reste des primes en argent sont attribuées pour la plantation ou le greffage des oliviers (arrêté du 1° mars 1903).

Les principales variétés d’oliviers sont le CHEMELLAL que les Kabyles cultivent dans les plaines ou les terres arrosées, et le ZÉRADJ cultivé surtout en montagne.

91. Soins à donner. — Taille. etc.— L'olivier produit à partir de cinq à six ans de greffe, mais c'est vers vingtans que dans les bonnes terres sa production est complète. Si l'on veut obtenir de bonnes récoltes de l'olivier, il faut le bien cultiver, ce que certains indigènes négligent de faire. Après la récolte il faut labourer l'olivette, afin de préparer la terre à recevoir et garder les eaux provenant des pluies d'hiver. Au printemps et en été on laboure encore ou on bine deux ou trois fois. Si

l'on peut, ilfautirriguer, et biner ensuite: il faut aussi fumer en déposant du fumier ou d'autres engrais au pied des oliviers.

Une bonne taille est aussi nécessaire pour obtenir une abondante récolte. Les olives ne viennent que sur les petites branches qui ont poussé l’année précédente et ne se développent que sur celles qui sont bien aérées et ensoleillées ; il faut donc supprimer tout le bois inutile en conservant les branches fruitières et en leur donnant de l'air : cette opération se ferait plus facilement avec la scie à main qu'avec la hachette qu'emploient les Kabyles.

92. Récolte. — Ennemis de l'olivier. — On récolte les olives en les faisant tomber à coups de qaule (bazouEr), ou mieux en ramassant les fruits à la main, en les {rayant (pacurÉoU), comme disent les Kabyles. C'est cette facon de récolter qui est la meilleure, car on brise moins les rameaux qui vont porter la récolte future.

Les principaux ennemis de l'olivier sont des insectes qui vivent dans le bois ou dans le fruit. I faut brüler tous rameaux et débris provenant de la taille; le feiroun, FERTATOU, la mouche de l'olivier est très nuisible, elle pond des œufs dans les olives, une larve s’y développe et les fait tomber. Il faut faire ramasser à la main ou manger par des moutons les olives véreuses qui tombent, car ces olives contiennent des larves de la mouche qui propagent le mal d’une année à l’autre. Des cochenilles produisent le noir des oliviers (el menn, el djaiah), sorte de poussière noirâtre qui recouvre les feuilles et les branches.

93. Fabrication de l'huile. — Pour extraire l'huile des olives, les femmes indigènes les piétinent dans des bassins

THIBERKACH, el berka) ou bien les écrasent avec une grosse

Fig. 75. — Séchage des olives. En Kabylie, les olives, avant d’être traitées pour l'extraction de l’huile, sont, pendant que'ques jours, exposées sur des aires au soleil pour être séchées.

Fig. 76. — Meule à trilurer les olives. La meule en grès roule dans une auge en maçonnerie, autour d’un arbre en bois pivotant verticalement. Un homme ou un mulet donne le mouvement,

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