TRENTE-CINQUIÈME LECON
Le ecaroubier, le càprier, ete.
99. Caroubier, câprier, amandier, grenadier, etc. — Lecaroubier (kharroub, TIRBILT), est un arbre qui réussit bien dans tout le Tell, il est très répandu dans la région de Bougie et en Kabylie. Il donne comme fruit une gousse longue, plus ou moins épaisse, très sucrée, constituant une nourriture excellente pour le bétail et qui peut être utilisée pour l'alimentation de l'homme.
Le bois du caroubier est très esti- Fig. 84. — Caroubier.
mé en menuiserie. Cet arbre se multiplie de semis faits en février, mars. Les sujets passent ensuite en pépinière, où ils sont élevés et greffés au moyen de rameaux pris sur un pied femelle, Dans les plantations en massif on les place à 10, 12 mètres de distance en tous sens les uns des autres. La caroube se récolte à la fin de l'été; on
es arf l'étend à l'ombre, on la retourne de temps Fig. 85. — Cäprier. En haut, .
bouton épanoui. en; temps pour la faire sécher et on
l'emmagasine. Beaucoup de caroubiers sauvages gagneraient à ètre greffés avec de bonnes variétés (fig. 84).
Le câprier (fig. 85) (kabbar, riLourer) est un arbuste que l'on trouve à l'état sauvage. Le bouton à fleur de cet arbrisseau est récolté avant son épanouissement et conservé dans le vinaigre. Les Kabyles de la région de Bougie exploitent les câpriers sauvages.
L'amandier (fig. 86) (louz, razousr) est l'arbre des terrains secs, mais profonds; en terrain humide, il ne réussit pas. Il
Fig, 86. — Amande et grenade.
y à deux variétés d'amandiers, ceux fournissant des amandes à coques tendres et ceux donnant des fruits à coques dures. On trouve quelquefois l'amandier à l’élat sauvage, il faut le greffer.
Pour multiplier l’amandier on fait des semis ; les sujets sont. élevés en pépinière avant d'être mis en place. La plantation se fait à racines nues de novembre à janvier, L'amandier n'est pas taillé.
Le grenadier (roummane, rarouMMANT) est un arbrisseau qui produit à l'automne de beaux fruits. Le grenadier est très
robuste et sert parfois à faire des haies. On le multiplie par boutures. Il y a des variétés douces ou acides (fig. 86).
Le fiquier de Barbarie (karmous nçara, Tramoucur) est une plante précieuse. Son fruit est apprécié des indigènes qui le mangent de juillet à octobre, époque de sa maturité : deux douzaines de ces fruits suffisent pour la nourriture journalière d’un homme. Pour multiplier le figuier de Barbarie on enterre des raquettes qu'on a laissées se ressuyer pendant quelques jours. Pour faire une clôture on plante en ligne les boutures à 0®,80 de distance. Cette plante vient dans les sols rocailleux et secs; mais elle rend davantage dans les bonnes terres, surtout si elle est soignée. L'abus de la figue de Barbarie amène la constipation.
Les raquettes du figuier sans épines coupées en morceaux et mélangées par moitié à de la paille courte (teben) constituent une excellente nourriture pour le bétail et particulièrement pour les bœufs.
100. Noyer, poirier, pommier, etc. — Le noyer djouz) se trouve dans les parties montagneuses du Tell. Il demande des terres profondes et fraiches : il produit peu. L'indigène se sert de l'écorce de sa racine (souek) pour se nettoyer les dents.
Le poirier (indjace, riFiREST) demande des terres profondes, il produit peu et ses fruits ne sont pas de première qualité. La Kabylie est la région qui lui convient le mieux.
Le pommuer (teffah) donne des produits médiocres et en faible quantité; comme le poirier. il se plait mieux dans la région montagneuse, dans les ravins frais, en partie à l'abri du soleil.
L'abricotier (el mechmach), peu exigeant sur la qualité du sol, pourvu qu'il soit profond et frais, se cultive surtout dans