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QUARANTE-QUATRIÈME LECON

La vache laitière. — Amélioration.

195, La vache, son alimentation. — Si le bœuf demande à être bien nourri, bien entretenu, la vache qui produit le veau, qui donne le lait réclame une alimentation encore meilleure et plus de soins. Les vaches de race indigène sont mauvaises laitières, habituellement elles donnent de trois à cinq litres de lait par jour : la vache de Guelma produit davantage, elle fournit parfois jusqu'à six à sept litres de lait quotidiennement.

Le lait est produit par le sang et va s'accumuler dans le pis. On reconnait une bonne laitière à l'écusson; c'est la partie de la peau entre les cuisses et sous la queue de l'animal :

elle est recouverte de poils dirigés de bas en haut, tandis que les poils avoisinants sont dirigés de haut en bas;

Fig. 401. — Vache laitière.

Mamelle bien développée; 4#trayons bien écartés ; grosses veines.

plus l’écusson est étendu, plus la vache est bonne laitière (fig. 100. Une bonne laitière a également un pis bien formé, bien développé, les veines du ventre saillantes, ete. (fig. 101). La vache laitière doit être bien nourrie et aux aliments secs, herbes sèches, foin, paille, etc., il faut préférer la nourriture en vert : herbes fraiches, luzerne, maïs vert, etc. En Kabylie, les vaches laitières sont de préférence nourries avec des herbes fraiches, des feuilles d'arbres, des raquettes de figuier de Barbarie sans épines (karmous el halou) découpées en morceaux et mélangées de courte paille.

126. Lait, crème, beurre. — On doit traire toujours aux mêmes heures et deux fois par jour, matin et soir. Le lait est un excellent aliment, Le lait laissé au repos dans un vase placé au frais, se recouvre de crème qui monte à la surface, La crème est la

matière grasse du

brel &: AE Fig. 102. — Fabrication du beurre. Le lait conteuu

ait, elle Sert à faire ans une outre est battu par deux femmes arabes

le beurre. Pour faire qui se renvoient l’outre l’une à l’autre, en la secouant.

le beurre, le plussou-

vent les femmes indigènes secouent le lait dans une peau de bouc ou un grand vase en terre cuite (fig. 102); le petit-lait (leben), résidu de cette fabrication, sert de boisson aux indigènes qui l'aiment beaucoup.

Chez les colons, on emploie souvent pour faire le beurre un

appareil appelé baratte (fig. 103) où le lait, la crème sont battus plus commodément et mieux. La fabrication du beurre doit se faire avec une rigoureuse propreté. On doit conserver le lait dans des vases très propres; il faut laver à l’eau chaude et rincer convenablement, puis laisser s’égoutter tous les vases ou instruments ayant contenu ou devant con-

$ tenir du lait, Fig. 103. — Baratte. Lamanivelle permet 497. Amélioration. — de faire tourner à l’intérieur un sys-

tème de palettes qui battent la crème. Maladies.— Enfin après avoir assuré au bœuf et à la vache une alimentation régulière et abondante, tout particulièrement pendant leur premier âge, il faut aussi améliorer la race. Si l'on veut obtenir des bœufs capables de fournir plus de travail, plus de viande, des vaches capables de donner plus de lait, on choisira des reproducteurs ayant les aptitudes les plus marquées pour la production du travail, de la viande ou du lait; aussi le fellah devra-t-il absolument renoncer à cette mauvaise habitude de faire paitre mâles et femelles ensemble; il aura soin de ne pas conserver pour la reproduction les animaux défectueux, et petit à petit, sans aller chercher d'autres races étrangères, rien qu'avec les ressources de la race du pays, d’ailleurs excellente, le fellah obtiendra de beaux animaux, ayant de la valeur.

Maladie. — Lorsqu'un bœuf ou une vache à mangé trop de fourrage vert, de la luzerne, du sorgho par exemple, ces aliments fermentant dans l'estomac, peuvent le faire gonfler etempécher les poumons de fonctionner, c'est la météorisation, l’animal étouffe et meurt. Il faut frictionner l'animal météorisé

(menfoukh), lui faire avaler un litre d’eau dans lequel on à ajouté une cuillerée d'ammoniaque; à défaut d'ammoniaque on peut se servir d'eau de savon; on peut aussi à l'aide d’un couteau à lame fixe (bou saadi) percer le flanc et l'estomac de l'animal.

RÉSUMÉ

La vache indigène est mauvaise laitière. Plus une vache est bien nourrie, plus elle donne du lait. Une bonne laitière a un écusson bien développé. Le lait est un excellent aliment, il doit être conservé dans des vases très propres. Pour améliorer la race de notre pays, il ne faut garder pour la reproduction que des animaux de choix. Le fellah n'oubliera pas de faire des provisions de fourrages.

QUESTIONNAIRE

A quoi reconnait-on une vache bonne laitière? Comment doit-on nourrir la vache laitière? De quoi se compose le lait? Comment fabrique-t-on le beurre? Comment peut-on améliorer la race de notre pays? Comment guérit-on un bœuf météorisé ?

ENSEIGNEMENT PRATIQUE

Visite des marchés : apprendre à reconnaitre un animal bien conformé.

Apprendre à distinguer une vache bonne laitière d’une mauvaise. Se rendre compte des soins donnés à la vache, les discuter.

Détermination de l’âge des animaux (cheval, bœuf, mouton).

Apprendre à nommer les diverses parties du harnais du cheval de trait, du cheval de selle, du bœuf, des animaux de bât.

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