LES DEVOIRS ENVERS SOI-MÊME
Maintenant, mes enfants, connaissez-vous vous» mêmes.
Avez-vous quelquefois vu des statues de cire ? Il y en a de si bien faites qu'on les prendrait pour des hommes. Leurs yeux, leur bouche, leur visage
l'homme. 383
font illusion ; elles se tiennent debout, et en les habillant on peut leur donner de la ressemblance avec des personnages vivants «
On pourrait, à Taide d'un mécanisme ingénieux^ leur faire mouvoir les bras et les jambes, les faire manger, s'asseoir, se coucher et même marcher.
Cependant les statues de cire les plus perFectionnées ne sont pas des hommes. Qu'est-ce qui leur manque? La vie.
Elles ne regardent pas, elles n*entendent pas, elles ne parlent pas, elles ne peuvent pas se mouvoir d'elles-mêmes.
Il y a donc quelque chose dans Thomme qui n'est pas dans la statue et que tout Tart du monde ne saurait y mettre.
Ce qu'il y a dans l'homme qui l'anime, c'est un principe spirituel de vie, une substance immatérielle et invisible, c'est I'àme.
L'homme est donc ce qu'il est par son âme.
Cette âme, on ne la voit pas; mais elle se manifeste au dehors dans les actions de l'homme ; c'est elle qui regarde par ses yeux, qui parle par sa bouche, qui entend par ses oreilles, qui agit par ses membres.
Il n'est pas nécessaire de regarder dans une montre pour savoir qu'il y a un ressort intérieur qui met les aiguilles en mouvement et leur fait marquer l'heure. De même on connaît l'âme par ses eflets, sans la voir.
L'homme, tel qu'il apparaît dans ses actes, est un composé de deux éléments intimement unis et néces» saires l'un à l'autre, l'âme et le corps.
Sans l'âme, l'homme ne pourrait ni voir, ni entendre, ni parler, ni agir. Donc c'est l'âme qui 4pmine le corps. Elle lui est supérieure. L'âme commande, le corps obéit. Les organes du corps ne font qu'exécuter les ordres de l'âme.
C'est par l'âme que l'homme se dirige, puisqu'elle est maîtresse du corps. C'est par l'âme surtout qu^il doit tendre à Dieu, sa fin dernière.
Donc les premiers devoirs de F homme envers luimême se rapportent à son âme.
L'âme a deux facultés principales, Tintelligencb
et la VOLONTE.
Ces facultés n^ont pas été données à Thommepour rester inutiles; elles ont leur emploi dans sa vie, elles concourent à sa destinée.
C'est rintelligence qui distingue surtout Thomme de FaDimal.
Il faut d'abord cultiver l'intelligence par laquelle on connaît la vérité. C'est l'objet de I'instruction.
« Tant que tu vivras, disait un sage de l'antiquité, travaille à t'instniire; ne t'imagine pas que les années t'apporteront à elles seules les connaissances nécessaires . »
Mais l'instruction n'est bonne qu'autant qu'elle rend meilleur.
Bien ordonnée, elle conduit l'homme à la vérité et le prémunit contre l'erreur. Elle lui sert à s'élever à la contemplation de l'ordre éternel par la vue des œuvres de Dieu, et par là elle lui fait admirer sa puissance, sa sagesse et sa bonté ; elle lui apprend aussi à connaître le monde où il vit et à se connaître luimême, elle lui communique l'expérience de la vie et la sagesse du jugement.
Vous ne cesserez pas, mes enfants, de vous instruire au sortir de l'école. Conservez vos livres de classe et revenez-y de temps en temps; procurezvous-en d'autres qui ajouteront encore à vos connaissances.
Ne dites plus que vous n'aurez pas le temps plus tard de continuer à vous instruire ; sachez bien utiliser tout le temps perdu ou donné à des occupations moins importantes, et vous en aurez autant qu'il en faut.
N^ayez pas la prétention de devenir savants; mais