I. Solon
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sachez assez pour n'être point qualifiés d'ignorants. « La science, disait un de nos vieux auteurs, est plus vilaine que Fignorance, si elle n*est accompagnée de piété et de vertu*. »
L* étude de la religion vous servira surtout à former votre iatelligence et à l'élever de plus en plus vers Dieu.
C'est à l'église que vous profiterez le plus en continuant à recevoir les enseignements de votre curé. N'imitez pas ces catholiques indifférents, qui se privent de la parole de Dieu en manquant d'assister aux offices où l'on prêche. Il arrive que beaucoup d'entre eux ne savent même plus leur catéchisme.
Plus vous serez instruits des choses de Dieu, plus vous posséderez la vérité, qui est le grand bien de l'intelligence.
De la volonté dépend l'action.
Ce que l'homme veut, c'est ce qu'il fait.
Si sa volonté le porte au bien, il fera le bien; si elle le pousse au mal, il fera le mal.
Il est aussi nécessaire de former sa volonté que son intelligence.
Que servirait-il de connaître le bien et le vrai par son intelligence, si l'on n'avait pas la volonté de les mettre l'un et l'autre en pratique ?
Le grand mal de l'intelligence, c'est riGNORÀNCE, qu'il faut combattre par l'instruction et par la culture des facultés de Tesprit.
Le grand mal de la volonté, ce sont les passions qui obscurcissent le vrai et qui empêchent le bien. On combat les passions par la vertu.
La vertu, c'est l'effort constant de l'homme vers le bien suprême, vers Dieu. Poiu* pratiquer la vertu, il faut uue volonté droite et forte.
« Que ta volonté soit bien réglée, dit un philosophe chinois*; tu ne feras que de bonnes actions. »
i. Àmyot.
a. Confaeius.
Ainsi nous devons travailler à donner à notre volonté cette droiture qui la guide dans tous ses actes et cette énergie qui lui donne la force de faire le bien qu elle se propose.
« L*éaucation de la volonté doit surtout avoir pour but de la soustraire à rinfluence des passions, pour la mettre sous T empire de la raison et de la conscience^. »
Autant de passions mauvaises ou de vices nous avons, autant d^obstacles nous trouvons en nousmêmes à nous conduire conformëment aux lois de la conscience.
Pour bien régler sa volonté, il faut être maître de soi.
L'homme livré à ses vices, à ses mauvais penchants, n*est plus lui-même.
Voyez le paresseux, le gourmand, Torgueilleux, le débauché, le violent, l'avare. Sont-ce des hommes? Non; la paresse empêche l'homme d'accomplir son devoir; la gourmandise, l'ivresse, la débauche le dé^ gradent et le ravalent jusqu'à la bête; Torgueîl Texalte follement au-dessus de ses semblables; la colère le met hors de lui ; Tavarice lui fait tout oublier pour l'argent.
Les hommes adonnés à ces vices sont gravement coupables envers eux-mêmes de manquer à la loi de leur raison et de leur conscience. Au lieu que Tàme domine chez eux, ils l'asservissent au corps.
L'homme vertueux, au contraire, n'agit que d'après les suggestions d'une volonté soumise aux règles de la loi morale.
Il se respecte lui-même et garde en toutes choses sa dignité d'homme. Par la prudence, il dirige sagement toutes ses actions vers sa fin dernière, se rappelant sans cesse qu'il vient de Dieu et qu'il va à Dieu ; par la force il remplit courageusement sox^ devoir,
t. Duchesne de Saint-Léger, Estai sur le gouvernement de la vie
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tout son devoir, jusqu^au sacrifice, jusqu 'à Théroïsme; il surmonte la peine et brave la douleur ; par la rrBMPÉRANCE, il modère ses désirs, réprime ses appétits mauvais et préfère la vertu au plaisir.
Je voudrais, mes chers petits amis, que vous fus- -sîez tous des hommes de caractère, animés d'une volonté droite et juste, forts contre vous-mêmes, généreux dans le devoir, actifs et vaillants dans toutes les circonstances de la vie, fermes contre l'épreuve, résignés dans l'adversité, courageux et patients à la fois.
Queb bons citoyens vous serez si vous êtes des hommes vertueux ! Rendez à la France, notre chère patrie, ces fortes générations d'autrefois qui lui man- «quent depuis que les progrès du bien-être matériel <et l'accroissement excessif du luxe Ont rendu tant d'hommes égoïstes, sensuels, vaniteux, frivoles, indifférents à toute autre chose qu'aux affaires et aux plaisirs.
Je conclus par cette recommandation, que vous devez graver dans votre mémoire : « Nous éviterons le vice et nous observerons la vertu, si nos actes sont dirigés vers la fin dernière par la loi. » Cela dit tout pour l'intelligence et la volonté.
En vous parlant des choses de l'âme, je n'oublie pas le CORPS. Il a aussi ses droits et nous avons des devoirs envers lui.
D'abord ne méprisons pas trop notre corps, si misérable qu'il soit : nous tomberions à son égard dans des torts qu'il convient d'éviter. Je vais vous donner une raison suffisante d'estimer notre corps à sa juste valeur : il est le compagnon inséparable de notre âme, et plus que cela encore, pour des chrétiens, il est le temple du Saint-Esprit.
Donc gardez-vous de profaner votre corps ; observez la modestie et la tempérance, qui vous préserveront de toute vilaine action sur vous-mêmes. Respectez-vous toujours et partout.
Prenez dès Tenfance de bonnes habitudes de te* nue. Ayez un maintien décent, convenable. Ne mettez pas vos mains dans vos poches, ni votre casquette sur le coin de T oreille avec ce débraillé et ce sans-gène des enfants malappris. Quand vous êtes assis, tenez vos jambes convenablement.
Que votre langage soit, comme votre tenue, décent, correct. Evitez les gros mots, les expressions malsonnantes, les gestes grossiers. On reconnaîtra à cela que vous êtes bien élevés.
Nous avons le devoir général de conserver notre corps et aussi de le perfectionner, afin de le rendre apte à servir F âme et à remplir le but de T homme sur la terre.
On doit donc avoir soin de sa santé . Mais vous me direz qu'il y a des médecins pour cela . Non ; rapportez-vous-en plutôt à vous-mêmes. Le médecin arrive toujours trop tard, puisqu'on ne l'appelle que
![uand on est malade. Au lieu de se faire guérir, il aut tacher de rester bien portant. Est-ce possible? Oui, avec un bon régime et en observant les règles de rHYGiÈNE, on peut, quand on n'est pas d'un tem-
Eérament maladif, se maintenir ordinairement en onne santé.
A vingt-ans, chacun doit être son médecin ; c'està-dire qu'à cet âge il faut être assez raisonnable pour savoir ce qui convient à son tempérament, à son genre de vie, pour éviter ce qui peut faire mal, prendre les précautions nécessaires et ne commettre aucun excès ni de table, ni de travail, ni de plaisir.
Retenez bien ceci : la sobriété est la meilleure gardienne de la santé. Il meurt beaucoup plus de gens par les excès que par les privations. L'homme sobre a le plus de chances de longue vie et préserve le plus sûrement sa vieillesse des infirmités.
La PROPRETÉ vient ensuite. Le respect du corps, le soin de la santé exigent que l'on soit propre sur sa personne et dans ses vêtements. L'eau est l'amie du
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corps ; la brosse est un préservatif de bien des maladies. — La maison doit être aussi propre que le corps et que le vêtement. Si jamais vous allez en Hollande, tous verrez un peuple très soigneux de sa maison, mais beaucoup moins de sa personne. La propreté doit s'étendre à tout.
La GYMNASTIQUE est un excellent exercice pour entretenir le corps en bon état et développer les forces physiques. On en fait aujourd'hui dans les écoles. C'est pour le mieux, quand Téducation morale répond à l'éducation physique. L'homme parfait, pensaient les anciens, est celui qui a une âme saine dans un corps sain. Croyons-le aussi.
L'homme qui a le devoir de conserver son corps, n'a pas le droit de s'ôter la vie. Cette vie, il Ta reçue de Dieu, elle ne lui appartient pas; elle lui a été donnée pour remplir une fin dont il ne peut s'écarter sans manquer gravement à la Providence.
La mort vient à son heure, quand il plaît à Dieu. Celui qui va au-devant, sans raison, sans une vraie nécessité, en s'exposant témérairement au danger, et i plus iorte raison^ celui qui se donne la mort luimême volontairement, empiètent sur les droits de Dieu en disposant de leur vie qui n'est pas à eux.
Le SUICIDE est donc un crime et le duel aussi, malgré le préjugé, digne des temps les plus barbares, qui fait un point d'honneur à un homme insulté de demander réparation de l'offense par les armes.
Vous ne serez jamais, mes enfants, ni assez lâches ni assez fous pour vous ôter la vie, par chagrin ou par désespoir, et vous serez assez raisonnables, même si vous suivez la carrière des armes, pour comprendre qu'on ne prouve pas son bon droit et qu'on ne venge pas son honneur en tuant un adversaire.