LES DEVOIRS ENVERS LE PROCHAIN
Voilà déjà bien des devoirs dont je vous parle, mes enfants : devoirs envers vos parents,, devoirs envers votre patrie, devoirs d'écx)lier, devoirs de citoyen, devoir d'état , devoirs envers Dieu, devoirs envers vous-même et ce n'est pas tout; il y a encore les devoirs envers le prochain.
Les autres hommes sont semblables à nous ; ils ont été créés comme nous par Dieu, ils ont comme nous une âme et un corps, ils ont les mêmes obligations à remplir, la même fin à atteindre.
De cette similitude d'origine, de nature et de destinée découlent nos devoirs envers les autres hommes*
Ils sont tout entiers contenus dans ces deux préceptes :
« Ne faites pas a autrui ce que vous ne voudriez PAS qu'on vous fît a vous-même.
« Aimez votre prochain comme vous-même, pour l'amour de dieu.
Les autres hommes étant semblables à nous, nous devons les traiter comme nous.
Justice et charité : tout est là.
La justice consiste à rendre à chacun ce qui lui
est dû.
Bien des gens se croient justes envers le prochain, qui ne le sont pas.
Si l'on veut savoir ce que Ton doit aux autres, il faut considérer ce que l'on croit nous être dû à nousmêmes.
Nous croyons avoir droit au respect de notre vie, de notre personne, de notre honneur, de notre propriété : c est exactement ce que nous devons aux autres.
Dans nos rapports avec le prochain, demandons-
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nous constamment : Ce que je vais faire là, ce que je vais dire, voudrais-je qu on le ftt et qu'on le dît à mon égard?
Voici une personne qui est tentée de raconter sur une autre quelque chose de fâcheux, de préjudiciable à sa réputation : qu'avant d'ouvrir la bouche elle se demande si elle voudrait qu'on dît d'elle la même chose.
Que de médisances, que de calomnies seraient ar* rêtée9, si l'on avait soin de se mettre à la place de celui dont on va parler! Mais le plus souvent la langue précède la réflexion; d'autres fois le plaisir de raconter ou le désir de se venger Tempoi te sur le devoir de justice.
Évitez, mes enfants, les mauvaises paroles, les propos malfaisants, les calomnies. La réputation du prochain est chose aussi sacrée que la nôtres II n'y faut point toucher.
Le mal qu'on dit d'autrui est irréparable. Si vous renversez un vase plein de ligueur, peut-être n'aurezvous pas brisé le vase ; mais c'en est fait de la li-
Jueur, vous ne pourrez la ramasser. Ainsi en est-il e la réputation : le tort qu'on lui cause ne peut
pas se reparer.
Gardez-vous de mentir :
a On ne croit plus ensuite le menteur, même lorsqu'il dit la vérité. »
Après la réputation, il faut respecter la propriété d'autrui.
Il ne manque pas de g^ens qui se croient parfaitement intègres, parce qu il n'ont jamais pris de somme d'argent, pas même un sou, à personne. Et cependant combien de manières de frauder et de voler le prochain !
Voulez-vous savoir si vous êtes parfaitement en règle, sous ce rapport, avec votre conscience, prenezvous encore une fois pour arbitre. Demandez-vous si vous ne jugeriez pas que le prochain vous a fait
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tort dans telle ou telle circonstance, à supposer qu'il en eût agi à votre égard comme vous avez agi envers lui : c'est une règle infaillible de conscience. Si Té* picier, par exemple, pesait au boucher son café, comme il voudrait que le boucher lui pesât sa viande, ne ferait-il pas plus juste mesure ?
C'est voler que de frauder sur le poids ou sur la
Jualité, tout autant que si l'on prenait une aonmie 'argent. A ce compte, combien de marchands qui se croient peut-être d'honnêtes gens, sont des voleurs ! Ils tiendraient les autres pour des voleurs s'ils agissaient comme eux; ils le sont eux-mêmes.
La VIE est encore plus précieuse pour chacun que la propriété. C'est un plus grand crime de tuer quelqu un que de le voler. 11 ne suffit pas de ne pas assassiner. Il faut prendre garde de ne rien faire qui puisse être cause pour le prochain de blessure ou de maladie*
Mais ce ne sont pas là tous les 'devoirs de justice envers le prochain. Quand on a respecté en tout le droit d'autrui : sa personne, sa réputation, sa propriété, sa vie, on n'a pas encore fait tout ce que Ton doit.
La justice veut aussi que l'on rende le bien pour le bien, et qu'au contraire l'on ne rende pas le mal pour le mal.
Quelqu'un vous a obligé : vous devez lui en avoir de la reconnaissance et l'obliger, à votre tour, dans l'occasion.
tt Se montrer reconnaissant d'un bienfait, c'est montrer qu'on en était digne. »
Votre prochain vous a-t-il nui, ne le traitez pas comme il vous a traité ; car la mauvaise action de l'un n'autorise pas celle de l'autre. On vous insulte : ne répondez pas; on vous frappe : ne rendez pas. Sauvegardez votre honneur, défendez votre personne; mais que ce ne soit pas par esprit de vengeance, ni par représailles.
La charité va encore plus loin que la justice.
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La justice dit : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît à vous-même. » La charité ajoute : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu'on vous fît. »
La compassion, la bonté, Thumanité sont des sentiments naturels à l'homme ; elles portent à la bienfaisance. On appelle ces sentiments la philantrhopie.
Plus noble, plus élevée est la charité. Non seulement elle nous porte à secourir nos semblables, mais elle nous les fait aimer.
La PHILANTHROPIE cst humaine, la charité est divine.
a La charité, c'est Tamour du prochain confondu dans l'amour de Dieu ; ï> elle consiste à aimer les autres comme soi-même, en Dieu et pour Dieu.
Le précepte en a été donné aux hommes par le divin Maître.
« Tu AIMERAS LE SeIGNEUR TON DiEU DE TOUT
ton coeur, de toute ton ame, de tout ton esprit : c'est la le grand commandement.
Le second est semblarle a celui-ci : « Tu aimeras ton prochain gomme TOI-MEME. »
Pour que nous comprenions mieux, le divin Maître a dit aussi : « Tout ce que vous ferez au moindre de vos frères, c'est à moi que vous le ferez. » Ainsi l'aumône faite au pauvre est faite à Dieu lui-même. « C'est le pauvre qui tend la main, c'est Dieu qui reçoit*. »
Mes petits enfants, prenez de bonne heure l'habitude de la charité.
Dès que vous le pourrez, allez vous-même visiter les pauvres ; portez-leur de petits secours, de bonnes paroles, votre compassion.
La façon de donner Tant mieux que ce qu*on donne.
Faites la charité, mais faites-la bien.