I. Le Patriotisme en France^ par Gœpp et Ducoudraj
mais il faut entretenir et développer en vous ce noble sentiment qui nous rapproche les uns des autres, rend les hommes meilleurs et fait la force des nations. Sans patriotisme un peuple n^est plus un peuple. Celui où n'existe plus cet amour ardent, généreux, dévoué de la patrie, est bien près d'être mort. « Le patriotisme enfante les plus nobles et les plus mâles' vertus ; il est la source de Théroïsme et fait taire Tégoïsme et l'intérêt*. »
Ne vous imaginez pas d'ailleurs que vous avez rempli tout le devoir patriotique en obéissant aux lois du pays, en payant l'impôt, en acquittant le service militaire. Ce sont là les obligations générales dont nul ne peut se dispenser et auxquelles chacun peut être astreint dans l'intérêt de tous. En dehors de celles-là il y en a d'autres non moins nécessaires, non moins sacrées.
De même que certains hommes font consister toute la vertu civique à observer les prescriptions de la loi, de même il y en a pour qui tout le patriotisme est de se battre, de tenir au drapeau et d'exalter avec jactance leur pays.
Il est un autre amour de la patrie plus sérieux, plus véritable. C'est celui-là surtout que je veux vous inculquer, mes chers petits, parce qu'il est de tous les instants et tous les actes. Voulez-vous bien aimer votre patrie ? Soyez de bons citoyens, je veux ; dire soyez des hommes de vertu et de bien, soyez de vrais honnêtes gens.
Il y en a qui font grand étalage de leur patriotisme, et qui ne montrent guère par leur conduite qu'ils ont à cœur le bien et l'honneur du pays. Il y en a qui crient bien fort aujourd'hui contre les Prussiens, et ce sont eux qui ont contribué à nous les amener et qui nous les ramèneraient encore par leurs vices et leurs doctrines incompatibles avec les