LE DIOCÈSE
Pour vous, mes enfants, la religion c'est surtout votre paroisse et votre curé. Vous ne voyez guère au delà. Cependant, vous connaissez Mgr notre ARCHEVEQUE, qui vicut chaquc année donner la confirmation dans nos paroisses, et vous savez par le catéchisme que les eveques sont en communion avec le souverain pontife, chef suprême de l'Eglise catholique. De votre curé au pape tout se tient. Il y a dans l'Église une organisation canonique dont je n'ai pas à vous parler ici ; mais dans chaque Etat, l'Eglise a une condition particulière qui tient aux lois du pays, et que vous devez connaître pour la France.
La convention conclue au commencement de ce siècle, après la période révolutionnaire, entre le pape Pie VII et Bonaparte, alors premier consul de la République française, a établi pour le culte catholique en France un régime nouveau sous certains rapports. Je vous ai déjà dit qu'on appelle cette convention le Concordat. Il ne faut pas le confondre avec des dispositions çidditionnelles, connues
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SOUS le nom (I'articles organiques, qui ont été ajoutées après coup par le pouvoir civil seul et qui ne peuvent avoir, en droit, de valeur qu*autant qu'elles ne contredisent pas les principes essentiels du contrat primitif.
C'est en vertu de cette convention, vous ai-je dit, que les évêques et les curés reçoivent de l'État une allocation annuelle, qui est aussi une indemnité, si on la considère au point de vue des engagements ris par l'Assemblée nationale de i789, en échange e la confiscation des biens ecclésiastiques.
C'est aussi par le Concordat que l'État s'est obliffé à assurer le libre exercice de la religion catholique, à remettre aux évêques les églises néces» saires au culte, lesquelles avaient été confisquées pendant la Révolution, et à laisser aux évêques l'administration de leurs diocèses.
Dans tous les pays du monde, I'église est divisée en DIOCÈSES gouvernés par des évêques, et les diocèses se partagent en paroisses auxquelles sont préposés les curés.
Depuis le Concordat, les anciennes circonscriptions ecclésiastiques de la France ont été changées. On a fait une nouvelle délimitation des diocèses et des paroisses. Par suite de ces changements, les diocèses correspondent à peu près partout aux départe» ments. On en compte 87 en France et 3 en Algérie.
Les diocèses sont groupés en métropoles ou provinces ECCLÉSIASTIQUES.
La France comprend dix-huit métropoles ou archevêchés et soixante-neuf évêchés.
Chaque archevêché embrasse plusieurs diocèses dont les évêques sont les suffrigants du métropolitain.
Les archevêques ont une primauté d'honneur mais non de juridiction sur les évêques. Les uns et les autres gouvernent leurs diocèses respectifs dans la plénitude de leurs droits.
Toutefois, au civil comme au religieux, les archevêques ont certaines prérogatives. Ils ont la préséance sur les évéques, ik reçoivent une allocation plus élevée, ils sont assistés de trois vicaires généraux et le CHAPITRE de leur cathédrale compte dix CHANOINES, tandis que les évêques n'ont que deux vicaires généraux et neuf chanoines.
Je viens de vous parler de vicaires généraux et de CHANOINES. Vous en avez vu dimanche autour de Mgr Tarchevêque qui présidait les prières publiques ; je vous ai fait remarquer ces vénérables personnages, presque tous en cheveux blancs et portant un costume de chœur et des insignes diflerents du simple surplis de notre curé.
Les vicaires généraux sont les intermédiaires entre l'évêque et les curés, les exécuteurs de ses ordres. Les chanoines réunis en chapitre forment le conseil de Tévêque.
Ainsi l'administration diocésaine comprend Tarchevêque ou l'évêque, les vicaires généraux avec le secrétaire général de l'évêché, et le chapitre.
D'après le Concordat, les archevêques et évêques sont nommés par le chef de l'Etat ; mais c'est du pape seul, chef de l'Eglise, qu'ils tiennent 1' institution CANONIQUE, c'est-à-dire leurs pouvoirs de juridiction, et c'est de la consécration épiscopale qu'ils reçoivent leur caractère sacré.
L'évêque nomme ses vicaires généraux, les membres de son chapitre, les curés; mais il y faut l'agrément du gouvernement, excepté pour les desservants des succursales que l'évêque nomme seul et qui sont révocables à son gré. L'évêque' a la haute autorité sur l'administration spirituelle et temporelle des paroisses ; il a aussi la airection du petit et du grand séminaire diocésain où les jeunes gens qui se destinent à l'état ecclésiastique reçoivent l'éducation cléricale et une préparation spéciale au sacerdoce.
Comme les fabriques et les cures, les évêchés,
les chapitres et les séminaires constituent des établissements publics reconnus par la loi; en qualité de PERSONNES MORALES, ils pcuvcnt acquérir et posséder ; mais aucune acquisition ou aliénation ne peut être faite en principe par ces établissements sans l'autorisation du gouvernement.
Les autres cultes reconnus par la loî ont dans presque tous les chefs-lieux de département un lieu public de réunion et des ministres de leur rite.
Le culte protestant comprend plusieurs branches ou sectes, dont l'organisation a été réglée par le •pouvoir civil. Il se divise en consistoires qui se subdivisent en paroisses.
A la tête de chaque paroisse se trouve un pasteur assisté d'un conseil presbytéral dont les membres, au nombre de quatre à sept, sont élus par le suffrage paroissial.
Le lieu de réunion du culte protestant s'appelle le temple.
Le culte israélite est divisé en synagogues; ses ministres portent le nom de rabbins et relèvent du GRAND RABBIN quî résidc à Paris.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler ici que l'Église catholique, qui est la véritable religion de Jésus- Christ, tient ces cultes pour faux. Un enfant du catéchisme sait cela. Pour finir, je ne vous ferai plus qu'une remarque.
L'organisation de tous les départements est la même; mais les uns sont plus importants que les autres, non seulement en raison de leur population et de leur étendue, mais aussi à cause des administrations et des services publics dont ils sont le siège. Un département dont le chef-lieu est à la fois le siège d'un archevêché, d'un commandement de corps d'armée, d'une Cour d'appel et d'une académie, a par cela même plus d'importance qu'un département qui ne possède que l'un ou l'autre de ces établissements, ou même qui en est privé tout à fait.