‹ Le livre du jeune françaisChapitre 35 sur 116 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous connaissons déjà, mes enfants, la commune et le département.

Nous avons vu qu'en tant que circonscriptions administratives et personnes morales, la commune et le département ont une vie propre, une admi* nistration à eux, des biens et des intérêts particuliers. Que nous reste-t-il à connaître en plus ? La France n'est-elle pas tout entière dans les départements et les communes? Y a-t-il quelque chose en dehors de là? Oui, il nous reste à con» naître Tétat.

Mais FEtat, direz-vous, où est-il?

L'Etat est partout.

Vous avez appris qu'on entend par Etat tantôt la nation organisée en corps politique, et c'est dans ce sens qu'on dit TEtat nuançais, tantôt le gouvernement du pays ou la puissance publique.

Considéré sous Tun ou l'autre rapport, TEtat forme aussi, comme la commune et le département, une personne morale, mais il a cela de par* ticulier qu'il englobe les départements et les communes et embrasse la collectivité des intérêts du pays. Ici il n'est plus question de biens, d'intérêts et de services particuliers ; tout ce qui est de l'Etat a un caractère universel. L'Etat se confond avec la nation elle-même ; il n'a pas d'aulres biens, ni d'autres intérêts que les siens.

Les communes et les départements organisés,

l'état. 143

comme je viens de vous l'exposer, ne constitueraient pas une nation. Outre qu'il n'y aurait- pas de lien entre toutes ces parties, grandes et petites, d'un même territoire, la diversité des mtérêts d'une commune à l'autre et d'un département à l'autre ferait bientôt que tous ces groupes seraient en guerre les uns avec les autres, et la France n'offrirait que le spectacle d'une anarchie universelle. Que faut-il donc pour que toutes les communes et tous les départements de France constituent une nation? Je vous l'ai déjà dit, en vous parlant de la société, il faut une autorité supérieure.

l'autorité.

Qu'est-ce que l'autorité?

Ecoutez à ce sujet les enseignements de l'Eglise :

«c La nature, ou plus justement Dieu, Tautcur de la nature, reut que les hommes vivent en société civile, ce que démontrent évidemment et la faculté du langage, le plus puissant agent de la société, et les nombreux besoins innés de notre âme, et les choses nécessaires, en si grand nombre et d^une si grande importance pour eux, que les hommes isolés ne peuvent se procurer, mais qu^ils obtiennent en s'unissant et en s^associant à d'autres. Or, il ne peut exister ni même se con^ cevoir une société où il n'y ait personne pour gouverner les volontés de chacun, afin de les ramener toutes à Tunité et de les diriger avec ordre et sagesse pour le bien commun. Dieu a donc voulu que, dans la société civile, il j en eût qui commandassent à la multitude *. d

L'idée de pouvoir est inhérente à celle de société.

Il n^ a pas et ne pourrait y avoir de nation sans un GouvERNEiMENT. C'cst du gouvememeut de la France que nous allons nous occcuper en parlant de l'Etat.

L'Etat, vous disais-je, est partout. En eflTet, l'ac-

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