CORRECTION
a L^enfant ne peut quitter la maison paternelle sans la permission du père (si ce n'est pour enrôlement volontaire, après dix-huit ans révolus) » ; Tenfant qui déserte la maison paternelle peut être arrêté partout où on le retrouve, et ramené par la force armée dans le lieu où le père veut qu'il réside. Le père qui a a des sujets de mécontentement très graves sur la conduite d'un enfant » a le droit de le faire détenir pour un mois, si celui-ci a moins de seize ans; et à partir de l'âge de seize ans jusqu'à la majorité, il peut obtenir la détention de son enfant pendant six mois. L'autorité du père va encore plus loin. Si, après sa sortie de prison, l'enfant tombe dans de nouveaux écarts, le père peut faire enfermer ce fils incorrigible dans une maison de correction.
Dans Tancien droit français, on n'était majeur qu'à vingt-cinq ans, ce qui était plus convenable pour l'autorité paternelle.
Le père a, durant le mariage, la gestion et T administration des biens personnels que son enfant mineur peut posséder, et à la mort du père, cette administration appartient à la mère. Les parents ont r USUFRUIT LÉGAL, OU la jouissaucc des revenus de ces biens, jusqu'à ce que le mineur ait atteint sa dix-huitième année et après, jusqu'à sa majorité, mais en lui devant compte pour ce temps de l'emploi qu'ils en font.
Tant qu'il a ses père et mère, le mineur est sous l'administration du père. A la dissolution du mariage,
arrivant par le décès de l'un ou de l'autre, il est sous la TUTELLE du survivaut .
Pour l'orphelin mineur, le tuteur représente le père, soit qu'il ait été institué par le survivant des époux, soit, à défaut d'ascendant mâle, qu'il ait été nommé par le conseil de famille.
En raison des bons soins qu'ils ont reçus de leurs parents, dans leur jeunesse, les enfants lorsqu'ils sont devenus grands, « doivent des aliments à leurs père et mère etautres ascendants (grand-père, grand' mère, aïeuls) qui sont dans le besoin . »
Voilà comment la loi a réglé les droits des parents et les devoirs des enfants. Mais la loi, mes petits amis, ne dit pas tout. Il faut faire plus encore.
Vous n'aimerez jamais assez votre père et votre mère, et vous ne serez jamais assez respectueux et dévoués envers eux. Votre père travaille pour vous; ce sont ses fatigues et ses peines qui vous nourrissent. Votre mère vous a donné son lait, ses forces, sa vie. Pendant le jour, votre père est aux champs ou à l'atelier, occupé à gagner de quoi suffire aux besoins de la famille ; la nuit, votre mère a veillé sur votre berceau et elle a pris encore sur son peu de sommeil le temps d'entretenir vos petits vêtements. Rappelezvous les sueurs de votre père, les pâleurs, les larmes de votre mère ; rappelez-vous leur dévouement et leur tendresse pour vous, leurs soins de tous les jours, leur sollicitude pour tous vos besoins, leurs angoisses sur votre santé.
Enfants, aimez, aimez beaucoup vos parents.
Aimez-les, non seulement en leur faisant des caresses, mais en vous appliquant à leur être agréables par votre conduite. Obéissez-leur sans retard, sans discussion ; soyez dociles à leurs recommandations, déférents à leurs avis. Ayez pour eux un grand respect et des égards constants. En un mot, remplissez envers eux tous les devoirs de la piété filiale.
Le père Matliurin dit que les choses ont bien changé depuis sa jeunesse ; je le crois bien : ceux qui sont moins âgés que lui les ont vues changer aussi. Autrefois Tes enfants n'aimaient pas moins leurs parents qu'aujourd'hui, mais ils étaient beaucoup plus respectueux. Jamais ils ne leur parlaient que la tête découverte et ils ne leur disaient pas tu comme à présent. Le matin, ils venaient leur demander la bénédiction avant de commencer la journée, et le soir ils ne se couchaient pas sans avoir demandé pardon de leurs fautes. Voilà de bonnes habitudes à reprendre !
Et ces enfants si respectueux, comme ils étaient dévoués et bons en même temps ! Demain, mes
f)etits amis, quand vous reviendrez de l'église avec e cortège du père Mathurin, s'il veut vous faire entrer cnez lui pour vous embrasser, vous remarquerez le grand fauteuil de cuir sur lequel il est assis. C'est le même qui servait à son père. Lui, n'était pas bien riche en ce temps-là; mais comme son vieux père commençait à marcher difficilement, il lui avait acheté avec les économies de son travail un bon grand fauteuil où le vieillard put étendre doucement ses pauvres membres fatigués, et dans le petit jardin, sous le treillis de la porte, il avait placé aussi pour son père le grand banc de bois où vous le voyez lui-même se reposer à l'ombre, les beaux jours d'été.
Plus tard, mes petits, faites comme le père Mathurin : soutenez la vieillesse de vos parents comme ils ont soutenu votre enfance. Ayez pour eux toutes sortes de petits soins : les vieillards aiment les caresses, les conversations, les petites douceurs. Que leurs infirmités surtout ne vous rebutent point, et sachez les soig^ner sur leur lit de mort aussi bien qu'il vous ont soi ornés dans votre berceau.
Ayez horreur de cette maxime d'un faux philosophe, qu' « un enfant ne doit plus rien au père dont
il n'a plus besoin*. » Rappelez-vous, au contraire, 'Ce qui est dit dans FEcriture sainte :
a Combien est tII celui qui abandonne son père! et combien est maudit celui qui prpvoque le courroux de sa mère !
ce Mon ûls, honore ton père de tout ton cœur, n^oublie pas la douljeur de ta mère; souviens- toi que sans eux tu ne aérais pas né, et rends-leur ce qulls ont fait pour toi. »
Lors même que nos parents ne seraient pas pour nous ce qu'ils doivent être, il faut encore les honorer et les assister. Le devoir est tel à cet égard que « s'il s'accroît par les vertus et les bienfaits de nos parents, il n'en subsiste pas moins, s'ils ont été négligents ou coupables envers nous. » Ecoutez ce •que disait là-dessus un ancien philosophe :
oc Tu as un mauvais père ; sa méchanceté ne te dispense de Tien. La loi est d'henorer ton père et non pas un bon père, Un mauvais père? Cela le regarde et non pas toi: le précepte est absolu. Il ne dépend pas de la malice d*autrui de t'affran- -chir de tes devoirs*. »
Mais il faut que je vous apprenne encore d'autre^ ^choses, puisque je vous parle de la famille. Savez vous comment notre bon père Mathurin a fait pour avoir une aussi nombreuse famille, cinquante-deux enfants et petits-enfants ? Il s'est marié. Le mariage, -en effet, est la source de la famille. Celle-ci commence par l'union des époux; Dieu ensuite donne les enfants. Les époux deviennent père et mère ; leurs enfants à leur tour se marient et ont euxmêmes d'autres enfants jusqu'à la troisième ou la •quatrième génération, comme pour le père Mathurin.
C'est une grande chose, mes jeunes amis, que le mariage, lequel, vous le savez déjà, est l'origine de la famille, le principe de la société. Notre Seigneur Jésus-Christ en a fait un sacrement qui sanctifie l'union de l'homme et de la femme. Au catc-