‹ Le livre du jeune françaisChapitre 6 sur 116 · I. J.-J. Rousseau, Le Contrat social · texte numérisé non relu

I. J.-J. Rousseau, Le Contrat social

a. Epictète.

chisme vous apprendrez ce qu'il vous faut savoir de

t)lus à ce sujet. Ici je dois vous avertir que notre oi française actuelle n'est pas d'accord avec celle de rÉglise qui est la règle du chrétien. Elle considère le mariage coiïime un contrat purement civil oii la religion n'a rien à voir. Cette erreur a de quoi vous surprendre, mais bientôt vous apprendrez que la Révolution, en voulant séparer l'homme de Dieu et constituer une société sans religion, a gâté bien des choses. ^

Sachez donc que le mariage est pour les chrétiens un sacrement; que c'est à l'église, devant le prêtre, qu'on se marie par un mutuel consentement, et qu'à la mairie, devant le magistrat civil, on ne fait que remplir une formalité, exigée par la loi, mais qui, pour la conscience chrétienne, ne constitue point le mariage. L'Etat, dont le maire est le représentant^ n'a qu'un droit, c'est lorsque les époux se sont mariés selon le rite religieux, « de les faire comparaître devant Tofficier de l'état civil, pour constater leur union, l'inscrire sur les registres publics et en assurer les effets civils*. » Notre loi va donc trop loin, quand elle attribue au représentant de l'Etat le pouvoir de marier. Heureusement que l'on peut concilier sa conscience avec la loi en faisant rédiger le contrat à la mairie et en allant recevoir le sacrement à l'église.

Dieu a créé Thomme et la femme pour qu'ils forment, l'un avec l'autre, une union sacrée et indissoluble, dans le but d'élever des enfants et de perpétuer le genre humain. Le père, en raison de sa supériorité naturelle, est le chef de la famille; mais la mère est son égale en dignité et elle partage avec lui r autorité paternelle. Leur mission à tous deux est d'élever leurs enfants sous le double rapport de l'àme et du corps.

I. Catéchisme politique à Vusage des Français^ par un Homme d*État.

Mais je vous parle là, mes petits amis, de choses bien sérieuses pour votre âge. Allons plutôt faire un tour à la mairie, puis dé là nous irons à Té^lise. Il y a justement un mariage aujourd'hui. Cest Pierre Langlois, un ancien de notre école et un honnête jeune homme, comme tout le monde le proclame, qui se marie avec Augustine Legrand, une des plus sages filles du pays. Après le mariage ils s'appelleront M. et Mme Langlois. Partons. Nous prendrons ce que Ton appelle une leçon de choses.

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