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LE MARIAGE, FONDEMENT DE LA FAMILLE

Voici la noce qui arrive. Quel bruit! quelle joie! En télé, une troupe de jeunes gars à cheval, les amis de Pierre Langlois, avec de belles cocardes à ' leur boutonnière; les uns sonnent de la trompe, les autres tirent des coups de fusil. Un peu plus loin le « violoneux » , personnage grave et estimé dans le village, précède le cortège; il est tout enrubanné lui et son instrument, monsieur le musicien. Puis viennent les fiancés avec leurs beaux habits de noce, les parents, les amis, les curieux. Salut aux futurs époux !

Avant de partir, lorsque les deux familles étaient réunies, les jeunes gens se sont mis à genoux devant leurs parents (car ici on a conservé quelquesuns des bons vieux usages), et ils leur ont demandé une dernière fois leur consentement avec leur bénédiction; et le père a béni son fils et la mère a baisé sa fille.

On entre à la mairie. M. le Maire arrive avec son écharpe; il salue les fiancés. Le greffier l'assiste, c'est lui qui va inscrire l'acte de mariage sur un registre que signent les futurs, les parents et les témoins. Ecoutez bien, mes enfants, puisqu'on nous permet

d'être là. M. le Maire lit dans le Code le chapitre a des droits et des devoirs respectifs des époux ». Ici la religion et la loi concordent pleinement.

ce Les ëpoux se doivent mutuellement ûdëlîté, secours, assistance. »

a Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance â son mari . »

D'après la loi, la femme est obligée d'habiter avec «on mari et de le suivre partout où il juge à propos de résider; elle ne peut sans son autorisation ester en justice, autrement dit plaider, ni vendre, ni acheter, ni se livrer au commerce, ni faire aucun contrat. De son côté, le mari est obligé de la recevoir chez lui et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon les facultés de son état.

Pour le moment, nous en savons assez sur les devoirs réciproques d'amour et de fidélité des époux, et sur leurs droits respectifs. Maintenant allons à l'église. C'est là que, devant Dieu, les époux vont se donner leur foi et s'unir pour toujours en mariage. Les cloches sonnent joyeuses à leur entrée dans la maison du Seigneur; le prêtre, revêtu des habits sacerdotaux, les attend à l'autel; il les interroge, reçoit leur promesse, et prend Dieu à témoin de leur engagement.

a Ce que Dieu a uni, leur dit-il, que Thomme ne le sépare point...

<( Que le mari aime sa femme, comme Jésus«Christ aime TËglise, et que la femme soit soumise à son mari comme au Seigneur, parce que son mari est son chef, comme Jésus- Christ est le chef de son Église...

a Vous ne convoiterez pas la femme de votre prochain,

ce L'homme qui viole la foi du lit conjugal couvre son âme d^ abjection... Et cet homme ne comprend pas que Tœil du Très-Haut voit toutes choses. j>

Puis, au pied de l'autel, les époux ayant reçu la bénédiction nuptiale, font ensemble la prière de Tobie :

« Seigueiu*, Dieu de nos pères, que le ciel, la terre et la

mer^ les fontaines et les fleuves, avec toutes vos créatures •qu'ils enferment, vous bénissent.

« Vous avez fait Adam du limon de la terre et vous lui avez donné Eve pour son secours;

ce Et maintenant, Seigneur, vous savez que ce n^est pas pour satisfaire ma passion que je prends ma sœur pour être ma femme ;

« Mais dans le seul désir de laisser des enfants par lesquels votre nom soit béni dans tous les siècles.

a Seigneur, soyez-nous miséricordieux et faites que nous puissions vivre ensemble jusqu^à la mort, dans une parfaite «anté. »

N'est-ce pas, mes enfants, que c'est une grande •et sainte chose que le mariage ? Mais il impose aussi •de grands devoirs. Le mari et la femme assument la mission d'élever leurs enfants. Pour la remplir ils doivent' d'abord se faire respecter. « Si, selon le Décalogue, l'enfant doit honorer ses parents, ceuxci sont tenus à se faire honorer et à se montrer honorables. »

Ils doivent donc donner le bon exemple à leurs enfants, en ne faisant et en ne disant rien de mauvais, surtout en leur présence.

Ils ont charge de l'àme et du corps de leurs •enfants jusqu'à ce que ceux-ci soient en âge de se suffire à eux-mêmes. <( Les parents doivent donc à l'enfant l'éducation physique et mbrale, l'entretien de la vie du corps et de l'àme. La vie du corps demande la nourriture, le vêtement, le logement ; «lie exige une surveillance active qui préserve l'enfant des dangers auxquels il est exposé par son inexpérience et sa légèreté naturelle.

« La vie de l'àme réclame l'instruction et l'éducation. L'instruction est nécessaire pour apprendre à vivre de manière à mériter le bonheur éternel, par l'observation des devoirs envers Dieu, envers soimême et envers le prochain. A cet enseignement absolument essentiel, les parents devront ajouter une instruction proportionnée à la condition de la famille.

« L'éducation est nécessaire pour former pratiquement à bien vivre, pour préserver du vice, et pour habituer à la vertu par Taccomplissement du devoir* . » Dans le cas où les parents ne pourraient pas par eux-mêmes procurer à leurs enfants Tinstruclion et r éducation complètes, ils seraient tenus de se faire remplacer par des maîtres dont le choix leur appartient, et n'appartient qu'à eux seuls; mais ils devront d'abord s'assurer de la capacité et surtout de la moralité des personnes auxquelles ils confieront leurs enfants.

C'est pourquoi, mes amis, vous venez à l'école où le maître tient la place de vos parents, et en y venant vous devez être aussi attentifs, aussi dociles, aussi respectueux avec lui que vous le seriez à la maison avec votre père et votre mère.

Pierre Langlois, dont je vous parlais tout à l'heure, a été le modèle des écoliers avant de devenir un excellent mari. Il travaillait, pour remplir son devoir .envers ses parents "et envers sa patrie. D'abord il avait appris à lire, à écrire et à compter, pour être à même d'exercer différents métiers, et je vous assure qu'illisaitbien, sans ânonner ni chanter, comme font la plupart des écoliers, mais d'un ton de voix juste et naturel en montrant qu'il comprenait ce qu'il lisait, et il écrivait aussi bien qu'il lisait, avec cette belle écriture française d'autrefois, qu'on a eu ^tort d'abandonner pour l'anglaise maigre et molle. Ce n'est pas tout, Pierre Langlois connaissait assez bien pour son âge, comme tout bon Français devrait les connaître, la géographie et l'histoire de son pays, ses institutions,. ses lois, celles du passé comme celles du présent. Aussi, il aime bien la France, et il est aussi capable de la servir qu'il le peut dans sa condition. Comme il a été un écolier travailleur et zélé, il sait le prix de l'instruction et

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