‹ Le livre du jeune françaisChapitre 60 sur 116 · PEUPLE · texte numérisé non relu

PEUPLE

Après lui commença le duel de François P' et de l'empereur d'Autriche Charles-Quint. La victoire de Marignan, par laquelle le jeune et chevaleresque roi reconquiert le Milanais, illustre son avènement; la défaite de Pavie lui fait perdre la liberté, mais non l'honneur. Sa vie ne fut pas irréprochable, mais « sa valeur, son amour pour les lettres, et le zèle qu'il déploya pour la religion l'ont placé au rang des grands rois et de ceux que les Français ont le plus aimé ». Fidèle à la politique de son père, devenue une politique de défense, Henri II entreprend à son tour d'abattre la puissance de Charles-Quint, redoutable pour la France. Il s'empare de la Lorraine et voit l'armée de l'empereur succomber au siège de Metz, illustré par la défense de François DE Guise ; mais le successeur de Charles-Quint, Philippe II, avec ses alliés d'Angleterre et de Savoie, détruit à son tour l'armée française sous les murs de Saint-Quentin, et cette victoire lui aurait livré le royaume sans la valeur et Thabileté du

grand Giiîse, qui, à la tête de nouvelles troupes, met en déroute Tennemi et court sur Calais qu'il reprend pour toujours aux Anglais. Une paix avantageuse pour la France met fin aux guerres d*Italie.

Mais notre chère France n'a pas encore trouvé son repos. Après les invasions anglaises, après les guerres d'Italie, voici les guerres de religion plus funestes encore. A ce moment, une période nouvelle s'est ouverte pour la France et pour l'Europe. A la suite d'inventions modestes mais utiles, telles que les lunettes, les horloges à sonnerie, dues au quatorzième siècle, des aécouvertes, appelées à modifier l'état social et intellectuel des peuples, marquent les quinzième et seizième siècles. Déjà' l'invention de la boussole avait préparé les navigations lointaines qui reculèrent les bornes du monde, connu et révélèrent à l'ancien monde F Amérique. Après l'invention du papier, celle de l'imprimerie vint étendre les limites des connaissances humaines et multipliera Huâni les moyens de lire et d'écrire. Enfin l'influence de la poudre à canon et des armes à feu fut immense ; elle changea tout le système militaire et même l'organisation sociale par la ruine de la chevalerie. En même temps un esprit nouveau se répandit sur le monde avec la renaissance des littératures grecque et romaine et la restauration de l'art antique.

C'est au milieu de tous ces changements que le moine apostat Luther jeta le trouble dans la vieille foi des peuples par une révolution religieuse sans précédent depuis la fondation du christianisme. La prétendue réforme protestante, entreprise au nom 3e la liberté de conscience, donna lieu, pour commencer, à de longues guerres qui armèrent pendant iècle une moitié de l'Europe contre l'autre.

un siècle

rUNITE DE LA FRANCE.

En France, Thérésie de Luther eut les plus funestes effets pour la religion et la société. Elle vint altérer profondément cette unité de la nation française Conquise à travers tant d'épreuves et au prix de si longs efforts. A la mort de Louis XII, la France, une par le gouvernement, le territoire et la langue était une aussi d'esprit et de cœur. Le programme de la monarchie française était réalisé : il n'y avait plus qu'une loi et qu'une foi. Avec l'introduction du protestantisme, cette belle unité fut brisée. Dès l'origine, nos rois virent le mal et s'y opposèrent. I^a guerre civile que la Bjbforme alluma bientôt en Allemagne, où elle avait pris naissance, montra tout le danger : François P'' publia contre les novateurs des édits rigoureux. Malgré cela l'hérésie qui s'était insinuée en France avec Calvin, à la faveur du relâchement, leva audacieusement la tète sous les fils de Henri II et de Catherine db Médicis. « Trois princes faibles de caractère, une reine mère artificieuse, des courtisans dissolus, des sectaires armés contre leur roi et leur patrie, tel est Todieux tableau que nous présente l'histoire de France sous les derniers Valois* ».

Les princes du sang, jaloux de la fortune des Guise, î s unirent aux Calvinistes, de concert avec l'amiral de CoLiGNY, et aux protestants d'AngleteiTe et d'Allemagne pour massacrer à Amboise, où était la «our, les glorieux chefs de la maison de Lorraine et s'emparer du roi et du pouvoir. C'est par ce complot que les Huguenots préludèrent à une série de

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