X. Cours d^éiudes, A. M. SS. C. G., Tableaux historiques
troubles et d'attentats contre la paix publique et la sûreté de l'État, I^a liberté religieuse qu'ils invoquaient pour leur croyance, n'était qu'un prétexte jour ces factieux. « Nos pères, disait le brave Mon- TLUC, étaient plus gens de bien qu'eux et ne puis croire que le Saint-Esprit se soit mis parmi ces gens qui s'élèvent contre leur roi. »
Leurs complots étaient incessants. Devenus maîtres par surprise d'un grand nombre de villes, ils y commirent toute sorte d'excès, auxquels les catholiques répondirent. La plupart de nos églises portent encore la trace des sauvages mutilations que ces sectaires leur firent subir. Dans les tristes guerres religieuses de cette époque, marquées de tant de crimes, entre autres l'assassinat du magnanime François de Guise, les protestants furent non seulement les agresseurs, mais par leurs conspirations, leurs révoltes et leurs alliances avec les princes protestants d'Allemagne et la reine d'Angleterre, îlsse rendirent rebelles au roi et traîtres à la patrie.
Le massacre de la Saimt-Bartrélemy, tant reproché aux catholiques et où d'ailleurs la religion n'eut aucune part, ne fut qu'une représaille sanglante, provoquée par la trahison et le fanatisme farouche des Huguenots, mais dont la raison d'Etat ne justifie pas cependant le caractère.
Nos rois sincèrement zélés pour le maintien de la foi catholique et intéressés à abattre le parti des hérétiques ne furent malheureusement pas à la hauteur de leur mission, et plus occupés alors de plaisirs que de politique ils laissèrent la faction protestante s'emparer du royaume. Enfin, l'indignation générale accueille une paix humiliante accoraée aux Huguenots, qui assure le triomphe de l'hérésie sur le catholicisme, de la rébellion sur la royauté. Une LIGUE de catholiques se forme dans tout le royaume sous la conduite d'HsNRi db Guise pour la défense de la foi.
Le péril du catholicisme est extrême; car Henri III, le dernier des Valois, étant mort assassiné sans enfants, Henri de Bourbon, roi de Navarre et prince hérétique, était appelé à lui succéder. Mais la loi de rËtat voulait que le souverain fût catholique. Le droit national était avec les Ligueurs contre les partisans du prétendant à la couronne. Quelles qu'aient été les vues diverses de ses chefs, et les passions qui animèrent parfois ses membres, la Ligue inspirée par le respet de la foi, et soutenue par le sentiment national, sauva à main armée le catholicisme, en écartant Henri IV du trône de saint Louis, jusqu'à ce que ce prince abjurât l'hérésie et méritât de devenir roi de France.
En devenant enfant de TEdise, Henri IV se rendit père de son peuple. Paisible possesseur et pacificateur de son royaume, aussi habile à gouverner qu'à combattre, il réorganisa l'administration et l'armée, mit de l'ordre dans les finances, fit fleurir l'agriculture et encourafi^ea l'industrie, secondé dans son œuvre par son ministre Sully. Sage autant que brave, unissant l'esprit au bon sens, généreux, actif, bon et juste pour tout le monde, il eut été un roi parfait, sans la trop grande liberté de ses mœurs. C'est lui qui voulait que chaque famille de paysans put mettre la poule au pot tous les dimanches.
La France était heureuse sous le gouvernement sage et paternel de ce bon roi, lorsqu'un misérable fanatique, du nom de Ravaillac, l'assassina. Avec ce prince si cher à la France avait commencé i la ligne des Bourbons, la dernière famille de nos rois. Au moment de sa mort, il se préparait à poursuivre, à l'exemple desesprédécesseurr, l'abaissement de la puissante maison d'Autriche, dans le j dessein, dit-on, de fixer l'équilibre des États en Europe et de fonder la paix perpétuelle par l'établissement d'un tribunal suprême chargé de prévenir toutes les injustices et tous les conflits . Ce gêné-
reux et chimérique projet n'eut pas de suite, mais la politique à Fégard de F Autriche fut reprise sous son successeur.
La minorité de Louis XIII troublée par les intri-
Ses des favoris, les prétentions des grands seigneurs, j ; factions des protestants fit retomber la France dans la confusion. Mais enfin Tordre se rétablit et le royaume renaît sous le gouvernement d'un roi aussi sage que pieux. Le ministère du cardinal • de Richelieu couronna la politique séculaire de la royauté, par la soumission de la haute noblesse. En^ même temps que ce grand homme d'État assurait la prééminence de l'autorité royale, fondement de l'unité politique, il s'efforça de ramener le royaume a l'unité religieuse en réduisant le parti protestant. Henri IV avait cru fonder la paix en accordant aux calvinistes la tolérance. Mais depuis I'édit de Nantes, ils avaient acquis une organisation politique qui les rendait dangereux pour la paix et pour 1 existence même du royaume ; « ils formaient un État dans l'État et aspiraient de plus en plus à établir un gouvernement républicain. Ils voulaient diviser la France en cercles qui auraient conservé leur indépendance pour l'administration intérieure, et auraient été dirigés pour les affaires générales par l'assemblée centrale du parti protestant. Chaque fois que des troubles éclataient en France, ils se joignaient aux factieux et leurs relations avec les '
fmissances étrangères, avec l'Angleterre, la Holande et même avec l'Espagne, les rendaient redoutables à la royauté. On ne pouvait consolider l'unité monarchique, d'où dépendait la puissance chrétienne de la France, qu en détruisant l'organisation f politique des protestants. Richelieu l'entreprit et 'exécuta avec autant d'énergie que d'habileté*. » La prise de La Rochelle, boulevard de l'hérésie,