‹ Le livre du jeune françaisChapitre 62 sur 116 · I. Chéruel, Histoire des temps modernes · texte numérisé non relu

I. Chéruel, Histoire des temps modernes

abattit la faction protestante et assura encore une fois l'unité de la France.

Le plus vaste des projets de Richelieu était ■d'abattre l'empire de Charles-Quint et de Philippe II et de rendre en même temps à la France les limites de l'ancienne Gaule. Ce fut la cause des guerres dans lesquelles il engagea la France, «n Allemagne, en Italie et dans les Pays-Bas, contre la puissante Maison d'Autriche qui dominait, par ses deux branches, sur la moitié de l'Europe et jusque dans les Indes et en Amérique. Ces guerres, glorieuses pour nos armes, heureuses par leurs résultats, nous valurent la conquête de l'Alsace, de la Lorraine et de l'Artois, du Roussillon, de la Cer- •dagne et du Piémont; mais elles eurent pour effet de mettre l'Europe en feu, de bouleverser la chrétienté, d'abattre une Maison qui servait de rempart à la foi et d'élever, par l'abaissement de l'empire catholique, la puissance du protestantisme au sein de l'Europe.

Le cardinal Mazarim acheva sous la régence d'AwNE d'Autriche ce que Richelieu avîiit commencé avec Louis XIII.

Grâce aux brillantes victoires de Condé à RocRoy à NoRDLiNGUE et à Lens, grâce à la savante tactique deTuRENNE et à ses succès qui le conduisirent jusqu'à Vienne, il put mettre fin, par la paix de West- PHA.LIE, à la terrible guerre de Trente ans dans laquelle la Bohême avec l'électeur palatin, le Danemarck et la Suède de Gustave- Adolphe, et l'Angleterre aussi par son argent, toutes les puissances protestantes en un mol, avaient été engagées en même temps que la France. « Pour la première fois, riiérésie obtient les mêmes droits politiques que le catholicisme dans les conseils de l'Europe, et les plénipotentiaires du congres de Westphalie, écartant l'intervention du souverain pontite, s'attribuent le droit de régler eux-mêmes les affaires re-

ligîeuses de l'empire, au profit des sectes de Luther et de Calvin. Ou livre aux protestants des domaines qui appartiennent à l'Eglise, et pour pallier cette injustice, on érige en prmcipe la- sécularisation des biens ecclésiastiques. On admet encore en principe que le maître d'un pays Test aussi de la religion, et on reconnaît aux pnnces protestants le droit de réforme, c'est-à-dire le droit d'exercer une suprématie spirituelle dans leurs domaines et même, en certains cas, de bannir leurs sujets catholiques. En vain, le pape proteste contre des dispositions si contraires aux traditions de l'Europe chrétienne; sa voix n'est pas écoutée, et la diplomatie en prétendant établir des droits nouveaux, prépare des maux incalculables à l'Église et à la société** »

C'est notamment, de la sécularisation de I'elec- TORAT DE Brandebourg et du droit nouveau que naquit la Prusse, qui devait être un jour si fatale à la France : que votre jeune patriotisme, mes enfants, ne l'oublie pas !

Les même troubles qui avaient signalé la minorité de Louis XIII, se produisirent sous celle de Louis XIV. Les guerres civiles de la Fronde désolèrent le royaume, malgré l'habileté de Mazarin et la fermeté de la noble reine-mère Anne d'Autriche. C'était le dernier eflPort des grands et des factieux contre le pouvoir royal. Cette crise violente ne servit qu'à affermir l'autorité du roi qui venait d'arriver à l'âge de régner. « Alors commence un époque immortelle de gloire et de prospérité : de sages lois sont promulguées; le commerce, l'industrie et les arts se développent; de magnifiques établissements attestent les grandes vues du souverain et à l'extérieur la France prend son rang à la tête des nations européennes. »

Quatre grandes guerres provoquées autant par le

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