‹ Le livre du jeune françaisChapitre 64 sur 116 · I. Cours (V études^ Tableaux historiques · texte numérisé non relu

I. Cours (V études^ Tableaux historiques

souveraineté de T Angleterre, Tindépendance des États-Unis d'Amérique. De brillantes victoires navales remportées à cette occasion n'étaient même {)as une compensation à la perte de nos riches coonies du Canada, de la Louisiane, des Antilles, du Sénégal et de Tlnde, que TAngleterre nous avait enlevées sous Louis XV, malgré Théroïsme de MoNTCALM au Canada, malgré Inabileté et le courage de DupLEix dans Flnde. Bientôt l'embarras des finances provoque des troubles qui amènent la convocation des États généraux. Le tiers état animé de l'esprit nouveau se sépare du clergé et de la noblesse et s'érige en Assemblée nationale. Celle-ci ébranle les fondements de l'antique monarchie et dès lors commence, avec la prise de la Bastille, la révolution qui, d'attentats en attentats, fait périr la royauté avec le roi sur l'échafaud.

La république est proclamée et la Terreur règne sur la France.

Mais détournons nos yeux de ces hoiTCurs pour contempler une dernière fois dans son ensemble l'histoire si grande et si belle de notre patrie.

A travers toutes les péripéties de cette longue histoire, nous apercevons nettement une chose, c'est que la France ne cesse de marcher vers son unité sous la conduite de ses rois.

Réunir la nation en un corps, gouverner par une seule loi un même peuple : telle fut l'idée de la monarchie française, iaée qui reçut sa complète réalisation sous Louis XIV. De là, à partir du démembrement de l'empire de Charlemagne, cette lutte de la royauté contre la féodalité et, à mesure que grandissait le pouvoir royal, cette tendance, parfois outrée, à restreindre les droits, les privilèges et les coutumes des différentes provinces.

Il y a eu excès, il faut le reconnaître, dans ce travail de la monarchie. L'unité dégénéra trop en centralisation et l'autorité en absolutisme.

Néanmoins le grand programme national et religieux de la France, un roi, une loi, une foi, a été assez bien rempli dans la suite des siècles. Nos rois ont bien mérité de la patrie.

N'oubliez pas que lorsque les grandes invasions furent terminées et permirent à l'Europe nouvelle de se constituer en nations, c'est le domaine royal primitif, agrandi par la politique et les victoires de nos rois, qui est devenu la France.

Sans doute, vous n'admirerez pas tout en eux; ils étaient hommes, ils ont eu leurs faiblesses, leurs «rreurs. Plus tard, mes enfants, quand vous serez grands, si vous repassez en détail la vie de vos parents, vous y trouverez peut-être des imperfections, des fautes même ; mais ils vous ont aimés et vous ont fait ce que vous êtes. De même, vous relèverez des vices, des abus dans Tancienne France, des torts et quelquefois des crimes chez les rois; mais ils ont aimé la France et l'ont faite grande, pros-. père, honorée, une et indépendante.

S'il y a une suite dans notre histoire, elle est l'œuvre de la Providence, car les hommes changent -et les événements les dominent. Vous remarquerez l'action providentielle de Dieu et la glorieuse mission •de la France dans le monde.

Retenez ce que je vous en ai dit, car telle est l'idée que vous devez vous faire de notre histoire nationale. C'est cette idée qui vous fera aimer dans la France votre patrie.

Il y a eu, comme vous l'avez constaté, des périodes de gloire et de prospérité, d'autres de désastres et de calamités : il faut aimer la France .dans ses grandeurs et ses misères, dans les vertus et les torts de ses rois, dans la bonne et la mauvaise fortune ; il faut l'aimer dans toutes ses conditions et à toutes les époques. En l'aimant ainsi, vous serez de bons Français.

Et maintenant, pour finir, Vive la. France !

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