I. Laboulaye
a. Loudua, le Bien et le Mal, t. IV, la Réyolutlon.
LA LIBERTÉ. 2i3
même la familiarité qui régne entre le monarque et ses sujets qu'il traite tous en compagnons. » Ils disent encore : « L'affabilité du roi envers tout le monde est, à ce que Ton dit, une cause de la force de la monarchie eu France. Tous les jours le roi se laisse voir pendant son dîner, presque tout le monde peut s'approcher de lui et lui parler, comme ferait un simple particulier. »
Aux yeux de tous les Français de Tancienne.
France le roi était un père, et plus que cela encore, le représentant de Dieu. « Ils supposaient au roi toutes les qualités et toutes lea vertus : ils ne voulaient pas voir ses fautes et ses faiblesses ou s'ils les voyaient, ils les excusaient et lui pardonnaient ^ » Ils ne pouvaient au témoignage de Ma-, chiavel, entendre mal parler de lui. « Selon eux, le roi ne peut rien faire d'ignominieux ni dans la bonne ni dans la mauvaise fortune. Victorieux ou vaincu, ils déclarent toujours sa conduite digne d'un roi. » Louis XV lui-même, malgré ses débordements
f)rivés, était chéri de son peuple. Lois de sa maadie à Metz, a le peuple prosterné dans les rues, baisait les paturons du cheval du courrier qui appor-, tait les nouvelles de sa convalescence *. »
Âurait-ou ainsi aimé des tyrans ? Si le gouvernement des rois n'avait pas été paternel et équitable aurait-on pu parler des Français comme du peuple « le plus porté à Tamour de ses rois qui sera ja-» mais®? »
Je sais bien, mes enfants, qu'il y a des journaux et des livres qui disent le contraire. L'an dernier ne lisiez- vous pas vous-mêmes sur des af&ches électorales que la France devait à la Révolution la liberté et le reste ?
La liberté! Mais elle est aussi ancienne que la -'