‹ Le livre du jeune françaisChapitre 8 sur 116 · I. De Boylesve, Les Principes de la morale · texte numérisé non relu

I. De Boylesve, Les Principes de la morale

il ne manquera pas de remplir envers ses enfants le devoir de l'éducation.

-1 A Técole , au catéchisme, il a appris à connaître pour plus tardles autres devoirs despère et mère. Ilsaitque ce n'est pas tout de nourrir et d'habiller ses enfants, de leur donner de l'instruction, mais qu'il faut principalement les former au bien, leur inculquer de bonne heure les principes de l'honnêteté, leur inspirer le dégoût du vice, l'estime de la vertu et leur faire prendre de bonnes habitudes. Il sait encore que les parents, de même qu'ils doivent élever le corps vers l'àme, en le rendant capable par une vie sobre et pure de concourir à la vie supérieure de l'intelligence et de la volonté, doivent aussi élever l'àme vers Dieu, pour l'associer à celte autre vie surnaturelle, suréminente, dans laquelle la religion nous étabht par la grâce. Ils apprendront donc avant tout à leurs enfants à connaître et à aimer Dieu, à observer sa loi.

Les parents ont pour se faire obéir le droit de correction, et l'autorité paternelle doit être faite de douceur et de fermeté. Les conseils, les réprimandes, les exhortations peuvent ordinairement bien plus que les coups pour la foimation des enfants. « Tu ne lèveras pas la main sur ton fils ou sur ta fille, dit l'apôtre saint .Barnabe, mais dès leur jeunesse tu leur apprendras la crainte du Seigneur. » Un père chrétien doit apprendre à ses enfants, non pas à craindre le fouet, mais à craindre de déplaire à Dieu et à ses parents.

« Il faut qu'un enfant regarde comme la plus grande des punitions d'entendre sa conscience lui reprocher qu'il a offensé Dieu, de voir ses parents, ses maîtres, ses égaux, diminuer leur estime et leur affection pour lui ; une mère peut rendre un enfant inconsolable en lui refusant un sourire ou un baiser, un père par le moindre signe, de mécontentement ; l'enfant, lorsque son père et sa mère s'oc-

dupent de lui, lorsqu'il sent qu'il est l'objet de leurs soius assidus, de leur préoccupation incessante, interroge à chaque instant leur regard, et c'est dans leurs yeux satisfaits qu'il trouve sa récompense *. »

L'apôtre saint Paul recommande aux parents d'éviter une rigueur exagérée qui ne ferait qu'inspirer la crainte ; mais il faut prendre garde aussi que la douceur ne dégénère en mollesse.

La trop grande indulgence des parents est funeste aux enfants. S'il convient de n'être pas sévère pour les petites fautes de leur âge et de ne pas exiger <l'eux ce que l'on ne demande même pas aux grandes personnes, par contre, on ne doit pas montrer de faiblesse pour leurs défauts.

« Les parents éviteront avec le plus grand soin <le donner des marques de préférence et de prédilection, ou au contraire des signes d'aversion ou de mépris à l'un ou à l'autre de leurs enfants*. »

L'entente entre le père et la mère est une condition nécessaire pour la bonne éducation des enfants. Ils ne donneront pas des exemples contraires de •conduite ; ils ne se contrediront pas entre eux ; ils •éviteront surtout de se quereller.

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