‹ Le livre du jeune françaisChapitre 86 sur 116 · X. Babeau^ Le village, etc · texte numérisé non relu

X. Babeau^ Le village, etc

a. Babeau^ Le village^ etc.

rables. Le sont-ils moins aujourd'hui ? On a proclamé la gratuité de la justice. C'est un mot. Chacun pour sa part paie les juges qui reçoivent un traitement de l'État. Ces mêmes fonctions de juges étaient gratuites autrefois ; les magistrats achetaient leurs charges, au lieu de recevoir un traitement. Le compte fait des honoraires de l'huissier, de l'avoué, de l'avocat, du greflSer, des frais de la pro- -cédure, des droits de tirtibre et d'enregistrement, etc., etc., on trouve que la justice n'est pas moins coûteuse en ce siècle qu'elle pouvait l'être autrefois, tellement que le meilleur conseil à donner aux gens est de ne point faire de procès, même quand ils auraient raison; ils y perdraient toujours.

Les frais desprocès, quoique élevés, n'empêchaient personne au moyen âge de réclamer ses droits. Il n'est pas vrai de dire que les grands ou les riches seuls plaidaient ; que les petits souffraient et se résignaient à l'injustice. Les documents attestent que loin de céder à la loi du plus fort, les vilains et les pauvres savaient faire valoir leurs droits. Dans beau- <;oup d'affaires, les intéressés, s'ils étaient pauvres, se présentaient en corps. Dans celles où un seul individu était engagé, la pauvreté n'était pas non plus un obstacle à la revendication d'un droit. Le Parlement faisait plaider la cause gratuitement pat des avocats et des procureurs qu'il désignait d'office. L'assistance judiciaire, que certains prétendent être une institution de ce temps, était organisée devant le Parlement dès le quatorzième siècle*.

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