CHAPITRE III
Vous rappelez-vous, mes enfants, avoir lu le dimanche à la messe ces paroles de Tapôtre saint Paul : a II n'y a plus de Gentil et de Juif, de Barbare et de Scythe, d'esclave et d'homme libre; mais vous êtes tous un en Jésus-Christ... Aimezvous les uns les autres avec une charité fraternelle. »
Ne vous semble-t-il pas que voilà le principe de la fraternité admirablement exprimé? Et de quand date cette parole ? Du commencement du christianisme; elle a plus de dix-huit cents ans. C'est un peu plus vieux que les principes de 89.
La fraternité entre les hommes a commencé avec i'Évangile. On nous demande de la montrer avant la Révolution. Seriez-vous embarrassés? Non, n'estce pas, mes enfants.
La fraternité, elle est d'abord dans la prière chrétienne. Nous disons : notre Père et non pas mon Père. Tous les enfants de Dieu sont frères. Le chrétien en priant pour lui, prie aussi pour les autres.
La fraternité, elle est àl'oriffine même de l'Eglise, Les premiers chrétiens mettaient tout en commun. Les riches vendaient ce qu'ils avaient pour en partager le prix avec les pauvres. Tous formaient une société de frères. C^est le nom même qu'il se donnaient entre eux.