‹ Le livre du néantChapitre 4 sur 9 · RAPSODIES HONGROISES · texte numérisé non relu

RAPSODIES HONGROISES

PENCHÉ sur son violon, et pâle, comme si son archet jouait sur son cœur, il débuta par un chant douloureux, autant que lui semblait la vie. Mais peu à peu ses yeux s'éclairèrent; il regarda l'espace, le grand espace, plein de soleil, et se mit à jeter plusieurs notes joyeuses. Elles s'en allèrent, s'envolèrent, puis revinrent: il semblait heureux avec elles; elles s'en allèrent, s'envolèrent, puis revinrent, et soudain se firent étincelantes et rapides, et emportèrent son âme dans une ronde ardente, au sein d'un éblouissant tourbillon.

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d'amour sans doute et de lumière. Et l'archet semblait devenu fou et ivre mordait les cordes , comme l'amant mord l'amante. Mais , tout à coup, le violon sanglota, et reprit son chant monotone, et si triste, qu'il rappelait l'horreur de la

Le violon pleurait, en contant sa triste légende. II répandait des sanglots si pressés : et Celle, aux pieds de laquelle tombait sa plainte, aux pieds de laquelle venait mourir le sombre désespoir de sa plainte, était si royalement assise sur un trône d'ivoire , dans les solitudes de sa beauté ! Et son regard superbe et sa pensée étaient si loin , si loin de la terre et des hommes, qui se sentaient pris de vertige devant l'abîme de ses yeux ! Et le chant cependant fow/tt/ s'élever jusqu'à elle; et i! monta en effet, grandit, et devint si fort, qu'il emporta la Vierge royale par delà les prairies des étoiles, dans un silencieux dé-

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Pensées douloureuses. 6i

sert, OÙ, solitaire et précieuse, se dressant comme un lis magnifique, elle ne fleurissait que pour lui. — Une corde cassa, et l'âme du musicien retomba du ciel sur la terre.

Qu'ai-je besoin du monde des vivants, de la terre , du ciel et des astres ? De mon violon je fais jaillir un ciel bleu, frissonnant d'étoiles, et dans la grande nuit étoilée, dans la nuit d'été de mon âme, m'apparaît, sous ses lourds cheveux noirs, avec son visage de morte, la Reine en robe orientale, que mes yeux attendent toujours !

J'aime avec passion deux choses : les chevaux hongrois , nerveux comme leurs maîtres, ardents, libres, ivres d'espace, qui ont la steppe poiu- s'élancer; et

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cette étrange musique hongroise , fantasque, bizarre, qui pleure et rit, si subitement passe du désespoir à la joie et de la joie au désespoir, et, capricieuse et fuyante, change à tout moment d'humeur, comme la pauvre folle qui m'a enfanté, Natura mater.

LE peuple des étoiles à travers l'infini silencieusement s'avance, comme une caravane, et il ne sait où Dieu le mène.

Qu'importe aux choses ? — La nuit sur les forêts répand le souffle des forces invincibles; et de jeunes fleurs palpitent, qui semblaient endormies , et se rapprochent muettes pour de calmes amours.

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Pensées douloureuses. Ô3

COMME dans les flots profonds le plongeur de Schiller, ainsi plus d'une pensée meurt d'être entrée trop avant dans les choses obscures.

JE voudrais un immense amour, et emporter ma bien-aimée devant l'infini du désert; et la nuit, sous les étoiles d'or, i'àme abîmée dans le silence des solitudes démesurées, rêver, oublier, mourir devant ce vide magnifique !

APRÈS la mélancolie sublime du désir, quelle amère et désolante mélancolie que celle de la satiété ! Quel profond vide inattendu, après tout amour satisfait !

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Et quel mépris pour ces lèvres de femme , qui n'ont cependant commis que la faute adorable d'avoir, les stupides, contenté nos désirs !

NATURE, amoureuse éternelle, c'est toi qui rends fous les amants : dans les grands yeux de leurs amantes, ce sont tes yeux, beaux de mensonges, qu'ils contemplent, et oîi ils se meurent; ce qu'ils adorent, ce qu'ils étreignent , c'est ta splendeur et ton néant! — Partout sont les reflets de ta beauté : frissons des chairs et frissons des nuits, vagues onduleuses, cheveux flottants, lianes aux longs bras enlaçant les arbres des forêts, charme de la femme, et souplesse de son corps, mensonges de ses regards, de ses lèvres, Nature, éternelle amoureuse, c'est toi partout, c'est toujours toi ; et sous ces diverses

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apparences, toi que je vénère ou méprise, et que j'adore ou. que je hais !

GORGU DE LATLAS.

VALLÉE étroite, resserrée, étouffée entre ses montagnes. Verdure sombre, presque noire. En haut le ciel brûle. En bas le torrent gronde et roule ses cascades.

Des rochers rouges, taillés comme par la hache d'un titan, gigantesques, sublimes, rappellent les rudes pensées de Michel- Ange. De l'autre côté du torrent, sautant de branche en branche, les petits singes, clowns bizarres, rient, crient, se balancent dans l'épaisseur des fourrés. Des hauteurs vers le torrent, des ruisseaux se gUssent, coulent comme des serpents, et sous le soleil étincellent. Et par delà ces montagnes et ces profondeurs sauvages, par

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delà la plaine lumineuse et les molles collines du Sahel, sourit la Méditerranée, dont l'azur rappelle les yeux d'Aphrodite.

AYSAGE D £GYPTE.

C'est l'heure où s'éveiUent les lotus de nuit, l'heure où les champs de lotus ouvrent leurs yeux de fleurs et regardent le ciel. C'est l'heure où la lune d'été éveille les désirs dans les êtres.

Des crocodiles bâillent sur un îlot de sable, attendant les cadavres des pestiférés de Khartoum, dont les ventres verdâtres et ballonnés par l'eau nagent depuis quelques Jours à la surface du fleuve.

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JOURS sombres , ou jours lumineux , pleurs, sanglots, ou joies sublimes, quelïe est votre réalité ? — Quelle sera la réalité de ma vie, le lendemain de ma mort?

LA création est^elle comme ce livre que feuilletait Hamlet, vide de sens? Des mots, des mots, des mots!...

JE veux mettre un peu d'ordre dans ce désordre qui est en moi. Je pèserai le pour, je pèserai le contre, et je jugerai en mon âme et conscience : chose effroyable, l'accusé est Dieu !

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68 Le livre du niant.

JE ne sais où je suis, qui je suis ; je ne sais qu'une chose, c'est que je suis homme, ange et bête, lumière et boue : la chose, après Dieu et la Nature, la plus incompréhensible , — peut-être aussi la plus vide qui soit.

TON rêve semble parfois un cauchemar, un cauchemar hideux dont tu souffi-es, — Dieu créateur du bien et du mal!

L'ÉTERNITÉ est un infini, qui ne peut être rempli que par un infini, — et pour le rempHr, ô mon âme, tu n'as que tes lâchetés, tes misères et tes petitesses.

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SOUVIENS-TOI que m dois mourir, et peut-être mourir tout entier, corps et âme.

Hâte-toi donc, gorge-toi de lumière, soûle-toi d'amour et surtout de beauté!

Avec le vin du rêve, remplis d'éternité et d'iniini les courtes minutes de ta vie terrestre. Le condamné à mort peut demander un repas royal : demande un repas divin; mais hâte-toi, car l'heure de l'exécution s'approche.

LE sommeil quotidien, c'est le Néant qui te ressaisit. Chaque soir, le Néant te vient dire : Je t'ai laissé ouvrir les yeux devant l'Illusion éternelle ; hâte-toi, car tu es ma proie ; hâte-toi, car tes yeux mortels bientôt se fermeront à jamais.

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MALGRÉ le néant j où doit retomber ta personne humaine, malgré la cruauté de la vie, malgré la raillerie des choses, puisque de tous les êtres, par un mystère étrange, tu es le seiU qui ait conçu l'idée de la vertu, l'idée du heau, et que ces idées te font grand et noble, garde précieusement cette noblesse qui t'oblige.

Sors donc de l'animalité ; sois vraiment homme, c'est-à-dire un être nouveau dans la foule des êtres, qui s'est trouvé devant la dureté du Destin et n'a pas tremblé, devant l'Infini formidable et est resté debout, devant la Mort et l'a bravée, devant le Mal et l'a combattu, devant la laideur et l'a méprisée, et qui enfin de l'obsession du néant s'est délivré, comme Dieu, par la sublime gloire de ses rêves.

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J'ÉTAIS dans l'abîme, je dormais dans l'abîme , et de l'abîme je suis monté au jour; j'ai conquis ma dignité d'homme, — avant de rentrer dans l'abîme.

SANS cet orgueil humain, par lequel l'homme se considère si souvent comme un point central, en cet infini, « dont le centre est partout et dont la circonférence n'est nulle part, » comment, impuissant et débile, oserait-il donc quelque chose, et l'Infini ne l'éc raserait-il pas de toute son immensité ?

LE Bouddha, qui égale le Christ par son amour sans bornes, sa divine miséricorde pour les êtres, lui est, je crois, su-

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périeur par sa conception de la vie. II la juge dure et cruelle, vide au fond et pleine de néant.

Ce mot de néant, peut-être a-t-il craint de le prononcer, pour ne pas désoler et briser à jamais tant d'âmes pures, jeunes, confiantes, qui espéraient encore, attendaient de lui la bonne nouvelle, n'auraient pu, comme le poiuront sans doute à force de fatigue, de vieillesse, les tristes siècles à venir, se résigner aux mortels arrêts de la vérité implacable. Aussi, pour établir sa religion, recréer le monde selon son rêve, dut-ii cacher une partie de sa pensée, mentir même, promettre la vie au delà du tombeau, la délivrance dans la lumière ; mais je ne puis croire qu'il se soit fait illusion, car l'obsession du néant se retrouve au fond de toutes ses paroles, comme de toutes ses légendes. «Qu'il a eu raison de dire, le maître plein de compassion : « La forme est semblable à une bulle de mousse, elle n'a ni solidité, ni réalité. La forme est vide, la connaissance est vide. Le corps

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Pensées douloureuses. 73

est une goutte de pluie. Quel plaisir peut-on trouver en ce monde ? »

Et, dans tout son enseignement, quelle profonde pitié pour toutes ces existences, <( qui naissent de l'enchaînement fatal des causes et des effets; u pour tous ces esclaves de l'erreur, pour tous ces malheureux condamnés à naître, à vieillir, à mourir, et à souifrir à travers cette forêt de douleurs tant de misères et d'inquiétudes!

II sort de son palais, se promène dans un champ, et voit des vers ramper dans un sillon ; un crapaud vient qui les mange ; une vipère dévore le crapeau, un paon la vipère ; un faucon soudain saisit le paon et l'emporte ; un vautour se précipite sur le faucon, l'étreint et le déchire ; et le Bouddha médite tristement sur ces êtres forcés de se dévorer entre eux.

Une autre fois, il va vers une courtisane, vieillie, mutilée, les jambes et les bras coupés, et abandonnée sur une route.

Il l'avait fiiie et repoussée Jadis, alors que, brillante et parée, dans l'éclat de sa beauté

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pure, elle attirait toutes les âmes, et il lui dit maintenant : « Je suis venu près de toi, ma sœur, par pitié pour ta souffrance,- et pour voir aussi la nature véritable, le misérable objet des jouissances de l'homme. »

Un jour, il rentre en son palais : le palais est changé en cimetière. Ses trois jeunes femmes, si belles, et les vingt mille vierges qui les servaient, ne sont plus que des cadavres qui se décomposent, ou des squelettes horribles et grimaçants. Parmi ces ruines errent des loups, s'abattent des vautours, dont le bec sanglant vient fouiller dans les chairs pourries ; et par cette leçon du ciel, le Bouddha comprend que toute existence n'est qu'une illusion, une voix qui ne retentit que pour mourir, s'éteindre, s'évanouir dans le vide, et il fuit dans la solitude, pour chercher la sublime doctrine par laquelle l'âme, s'élevant plus haut que ces mensonges, dans des régions de parfaite quiétude, puisse se libérer ainsi des fatalités de la vie.

Le Néant, roi des choses, comment le

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vaincre? Par l'ascécisme, la méditation et l'amour.

L'ascétisme et le célibat lui refuseront et lui raviront des victimes.

La méditation : elle emporte notre âme au-dessus de tous les changements de l'être, hors du temps et de l'espace, hors de ce monde, hors des mondes, où elle souffre de mille tortures et de la soif de tant de désirs; elle lui rend donc sa liberté, lui permet d'étendre sans limites le glorieux empire de ses rêves, et même de recréer la création, selon les lois d'un plus pur idéal.

L'amour enfin , qui sait guérir toute blessure, qui combat l'antique fatalité par laquelle tout être est une bête de proie, l'amour lui aussi délivre : car il agrandit l'espace où le cœur peut vivre, et sait quelques heures du moins, par l'immensité de tous les horizons élargis, faire croire à l'homme qu'il est. Dieu.

Et en effet, grâce à la méditation et à l'amour, l'on vit apparaître des saints et

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des justes, de pieux solitaires qui, malgré les malédictions attachées à la naissance et la tyrannie du destin, obtinrent " cette perfection suprême d'être complètement maîtres de leur pensée. »

Dans le ciel de la métaphysique, le Bouddha me semble ainsi parvenu à des hauteurs sublimes, presque effroyables, que nul encore n'a dépassées, et j'ai la certitude, et la crainte peut-être, que sur bien des points les religions de l'avenir devront conclure comme la sienne.

LES Stoïciens, race superbe, hommes d'opposition redoutable ! César, le Jupiter terrestre, et Jupiter, le César d'en haut, semblent complices. Où fuir? où se réfugier? — En soi-même. — L'homme, dans son âme, se peut créer un monde d'idées pures, qui le console du réel.

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Dans son âme, il est libre. Quelle puissance lui peut ravir cette liberté? Ni le ciel ni la terre ne peuvent l'empêcher d'être juste.

LE monde ne m'apparait plus que triste et morne, comme un froid cimetière en automne: et je pleure par instants, j'ai froid et je tremble, comme si j'étais devant une tombe, où pourriraient toutes mes amours, devant une grande fosse commune, cil seraient pêle-mêle ensevelis , tous les Dieux du passé, toutes les splendeurs, tous les antiques Soleils disparus, et le Christ même, le dernier Dieu, et, ô douleur! la Gloire éteinte et l'Honneur mort de ma Patrie !

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78 U livre du néant.

IL est plusieurs modes de délivrance : par le poison, le couteau, le vin, — modes vulgaires et trop faciles. Il en est d'autres : par le rêve, l'amour, la vertu, l'héroïsme, le sacrifice.

PLONGE-TOI dans le rêve : fiiis en Orient.

— Là-bas, le Néant est du moins revêtu d'un manteau d'or et de soleil, et cache sous la pourpre sa vermine.

SOIS bon, sois doux, sois aimant. Aie l'âme pleine de pitié devant la douleur des êtres. Puisque la vie est un combat, et que l'odieuse loi du plus fort est la loi de l'univers entier, aie compassion des faibles, des petits qui succombent, recueille les

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blessés> adoucis leurs souffrances, console leurs misères; aime comme le Boudha ou Jésus. Et sois poète aussi, crée de glorieux mensonges. Parle du bien, proclame la splendeur du beau : — n'évite quelquefois que de parler du vrai.

VIS de toutes tes forces, aime, souffre et pleure, saigne s'il le faut, mais ris et sois grand, et que pendant un instant, — oh! que ce soit ton orgueil! — par la magie du rêve ou la splendeur de tes passions, le néant de ton âme puisse être, comme le Néant universel, glorieux, sublime, magnifique et divin!

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IL faut parla pensée se résigner à tout, et dans l'action ne se résigner Jamais, lutter comme si l'on devait vaincre, vivre comme si l'on ne pouvait mourir.

Il faut, comme Prométhée, devant la résistance du Destin se roidir, se dresser, et faire l'homme si grand, qu'il puisse sans pâlir un jour regarder en l'abime des choses.

Nous sommes ici-bas pour nous faire éternels, pendant ces courts moments que nous avons à. vivre, pour faire infinis nos désirs et nos rêves, malgré l'étroite limite fixée à nos pensées ; pour que la Nature prenne conscience en nos âmes de sa grandeur et de sa misère, de sa réalité qui toujours lui échappe et de son néant qui se revêt toujours de nouvelles formes fugitives , si bien qu'éternelle elle meurt sans cesse, et que mourant sans cesse elle reste éternelle.

Possesseurs alors de cette sombre et splendide vérité, nous vivrons comme l'Infini, comme la Pensée infinie, comme

Dieu, partageant à la fois sa gloire et son orgueil, et les douleurs de sapassion.

E monde t'ennuie monde.

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