‹ Le livre du petit citoyenChapitre 36 sur 77 · I L'ENFANT DES GRENADIERS DE LA ./ GARDE · texte numérisé non relu

I L'ENFANT DES GRENADIERS DE LA ./ GARDE

Il y avait ime petite réunion d'amis chez un

annonça M. Louis Jacquot. M. Jacguot était un jeune officier de marine. Il étiit^ bien habillé, mais son chapeau n'allait pas avec, le reste de [$ son costume. . A ce chapeau de feutre noir ét^it "^attaèfeee une vieille cocarde complètement mnee. Un de ces messieurs dit au général :

"— C'est votre Jacquot, mon général? Et cette cocarde, c'est la fameuse Êocarde ? ^^ 20 Le général prît le chapeau des", mains du j.eune officier et le pegarda âtfpntivejnerit. Une larnie foiîlà sur sa joïie" pètidaht qu'il 'regardait. Ce nouvel ijîcident excita la curiosité de tout le

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monde. On, examina cette my^stérieuse cocarde. On demanda xme explication au général.

Ah ! dit-il, c'est une histoire assez simple.

Napoléon avait commandé ime grande revue.

Il voulait montrer à Tempereur Alexandre les s troupes qui Pavaiei^t va!i?icti.'^' Les deux empereurs

'*'^' la^^Me" impériale. Tout

îjyj^appléon s arrêta devant un grenadier qui avait ime cicaî^cé au visage. Il le regarda un moment avec orgueil, et le montrant à l'empereur Alexandre :

— Que pensez- vous. IjUi dit-îL des soldats qui "^^^eïïvent souffrir de paremes bleSufes?

Que pensez-vous des soldats qui les ont

taitès? répondit Alexandre. . , is

,^ — Ces soldats sont mSfrs, dît le \deiix grenadier d une VOIX grave.

Alexandre dit alors à Napoléon avec courtoisie :

— Sjre, vous 'êtës^pàrtôH^t vainqueur, ..

— Pai*cé'qiïè la garde Tait son devoir^ répondit 20 Napoléon. . ' "^ '

. Il fit un geste de remerciem^t à son grenadier et partit. — i — ;C>s^Queiqufcs jours après cette revue, Napoléon, dans sa promenade matinale, Srar^t . Sssis s&r une 25 pierre son grenadier, qui jbuaîï^^vec un enfant

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d'xin an. L'Empereur s'ari^êta devant lui. Le vieux grenadier ne bougea pas et lui dit seulement :

— Pardon, Sire, mais si je ne reste pas assis, Jacquot criera comme xm fifre et ça contrariera

5 peut-être Votre Majesté.

— C'est bien ! dit Napoléon. Ton nom est Jacques ?

— Oui, mon Empereur, Jacques.

— Et le nom de l'enfant ?

lo — Jacquot.

— C'est ton fils?

— Non, mon Empereur. Sa mère était une brave cantinière qui est morte.

— Et tu as adopté l'enfant ? dit l'Empereur.

15 — Moi et les autres ; mais c'est nioî qui l'élève. Napoléon regstrda im moment le grenadier qui donnait une leçon "d'equitation au petit Jacquot sur ses genoux, puis il dit :

— Je te dois quelque chose, Jacques, pour ta ao réponse à l'empereur Alexandre.

— Vous ne^nfi^'devez rien, mon Empereur, mais si vous voulez, donnez quelque chose à ce petit. Ca lui portera bonheur.

— Bien volontiers, dit l'Empereur.

25 Et Jacques se leva, tenant l'enfant dans ses bras.

Napoléon cherchait dans ses poches quelque chose

pour l'enfant. Enfin il tendit sa tabatière d'or à

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l'enfant. Jacques regarda la boîte et lui dit en riant:

— Quoi ! vous donnez une tabatière à un enfant qui ne prise pas?

L'Empereur allait répondre lorsqu'il sentit qu'on 5

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tirait son chapeau. Il vit que l'enfant jouait avec sa cocarde.'\;;7 - -.'.■ . .-c-< ^^A^K^ ^ '

-^^^ire, ditHe grenadier, le petit^est plus mi^ife nous deux ; il fait comme Votre Majesté : il v^t^^

s quelque chose et il le prend. --Vsu*^*^ -o

— Eh bien ! dit l'Empereur, îl-pTOr4a gamerT^ la cocarde. ^^^^

Et l'Empereur arracha la cocarde de son chapeau et la donna à l'enfant.

10 Alors Jacques dit au petit :

— Jacquot, fôrortr^ Sa Majesté que tu sais parler. Et l'enfant cria *§êfiaK2(nt :

^r^e l'Empereur ! , ,,,,a^,»»„t^^

Depuis ce jour, Jacques fit beaucoup^de cam-

rfpaSrel et accompagna Napoléon à l'île d'Elbe.

JacquotaUSfFpa^^ avec Hîx^aintenant. Il

avait un petit s5flSre^t"*îoiMî' ou totc comme un

'•'Wgagnol. i/Jafques avait ^ërftemS?^b, cocarde dans

un meqaSilonqu'il avait sus^éHiu a&\cou du petit

2oenlui^M^ x.^^<>^l.^-l A^Kh

— Ecoute, Jacquot, tu feras ta pnère du soir et

du majST'STfî^tte relique.

Et penaaîk huit ans, soir et matin, Jacquot pria pour son père Jacques et pour l'Empereur. /\jlo^^- 2s Pendant ces huit aimées, la France avait attemt le'%MnbIé''ae la gloire et de la KÎB^Sâhce, et mu^ ^F^i^' ete plongée dans le plus aiireux ciésastre.

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Napoléon fut exilé à Sainte-Hélène. Le pauvre Jacques fut reiîv^?e^nime les autres, avec ses

trois chevrons, sa croix et sœi pauvre Jacquot.

Jacques était bien Mroie!^ Un jourîls'arrêta^ dans ime Kutt^ abandonnée. A/Sncupar las '^^^flôïïtSG&et la faim, le malheureux soldat dit au

— Jacquot, un morceau dopain, 'ou je nreure ! Le pauvre enfant alla-^ren^r sur le DOTÎf^du

chemin efj comme il ne vit persojme, il nra son médaillon de sa pmtîfirtret cria, à genbiS?''''^^

— Mon Dieu, mon Dieu, donnez-moi im morceau de pain pour le père Jacques ! ^.

A ce moment, xm monsieur parutsur la route, et, les yeux pleins de larmes, le garçon lui raconta 15 soïi histoire.^

— Cet homme, s écria le jeune^cier, en mterrompant le reoï, cet homme mfe prit dans ses mSS?" Cet homme soigna Jacques dans son château.

Cet homme rendit Jacques à la vie et m'éleva2o comme son fils. Cet homme, le voilà, c'est le général.

— Tu ne finis pas -l'histoire, s'écria le général. Jacquot, tu oublies de dire que je te promis de te rendre ta cocarde le jour où tu reviendrais avec 25 une épaulette gagnée comme nous gagnions les

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nôtres. Et vous voyez, messieurs, la cocarde est à son chapeau ; car Louis Jacquot était à la prise d'Alger, et son capitaine, qui Pavait pris aspirant, me Ta renvoyé enseigne, s A ces mots, le brave général embrassa son fils • adoptif. .

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