‹ Le livre du peupleChapitre 2 sur 28 · LE LITRE · texte numérisé non relu

LE LITRE

La félicité parfaite^ à laqueUe tout être humain aspire, n'est pas, il est vrai, de ce monde. Vous y passez pour atteindre un but, pour remplir des devoirs, pour accomplir une oeuvre; le repos est au-delà, et c'est maintenant Te temps du travail. Ce travail néanmoins, selon le dessein de celui qui l'impose, n'est point un châti^ ment continuel à subir; mais, autant que le permet l'effort qu'il nécessite, un bien réel quoique mélangé, un commencement de la joie qui, dans sa plénitude^ en est le terme.

Nous ressemblons au laboureur; il sème à Tentrée de l'hiver et ne recueille qu'en automne. Toutefois sa fatigue estelle sans douceur, et le contentement ne germe-t-il pas avec l'espérance dans ses sillons?

La misère, qu'on vous dit être îrrémé-

diable^ vous avez au contraire à y remédier. Et puisque l'obstacle n'est pas dans la nature, mais dans les hommes , vous ; le pourrez sitôt que vous le voudrez ; car > ceux dont l'intérêt, td qu'ille comprennent faussement, seroit de vous en empêcher, que sont-ils près de vous? quelle est leur force? Vous êtes cent contre chacun d'eux.

Si jusqu'ici vous n'avez recueilli que si peu de fruit de vos efforts , comment s'en étonner ? Vous aviez en main ce qui renverse, vous n'aviez pas dans le cœur ce qui fonde. La justice vous a manqué quelquefois, la charité toujours.

Vous aviez à défendre votre droit : vous avez , ou l'on a souvent attaqué en votre nom le droit d'autrui.Vous aviez à établir la fraternité sur la terre, le règne de Dieu et le règne de l'amour : au lieu de

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