‹ Le livre du peupleChapitre 23 sur 28 · XVJ PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVJ PRÉFACE

fils de saint Louis. Deux aimables enfans jouent à leurs côtés : l'une, bonne et gracieuse , sait captiver tout ce qui rapproche par les qualités de son cœur, par le charme et la finesse de son esprit; l'autre laisse entrevoir sur son visage, à travers l'abandon de l'innocence , la touchante dignité du malheur. L'étude n'effraie poirtt sa vivacité enfantine, il s'y livre avec zèle, parce qu'on lui dit qu'elle rend l'homme

meilleur; sa jeune main est habile à manier des armes, à guider un coursier, et son âme, sans doute, rêve déjà la gloire, car il est fils de Henri IV ; mais , comme lui, il n'aimera que cette gloire pure qui ne coûte ni pleurs ni regrets. Une place est vide au foyer; c'est celle d'une jeune et héroïque princesse , jadis l'objet des hommages des Français. Eh quelque lieu

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qu'elle portât ses pas, son active bonté voloit au-devant de tous les besoins : les pauvres secourus , les arts , Tindustrie encouragés , bénissent encore son nom ; accessible , bienveillante pour tous , on ne pouvoit la voir sans l'aimer. Depuis qu'elle a quitté le sol de la France , ce sol que tant d'affections et de douleurs, tant de tristesses et de joies, lui rendent cher, elle ne connoit plus le repos; l'inquiétude de son âme la pousse de contrée en contrée, elle s'arrache aux tendres caresses de ses enfans^ aux soins de ses amis ; exilée de sa patrie adoptive, elle croit n'avoir plus d'asile sur la terre ; cependant nul sacrifice ne sauroit lasser son courage , car elle sait^ue les desseins de Dieu sont impénétrables , et que celui qui tient tous les cœurs dans ses mains peut les diriger à son gré.

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Les peuples ont leurs époques de dë^ lire ; quand régoîsme et Torgueil ne recon*noissent plus de bornes, quand la morale est devenue ridicule , quand l'impiété prêche ouvertement ses maximes empoisonnées j on doit s'attendre à voir tous les fléaux de la colère céleste tomber sur les coupables : Dieu les abandonne à leur démence. Alors la confusion règne parmi eux, ils s'^ntre-déchirent; comme un ma^ lade dans un transport furieux , ils tournent contre leur propre sein un far meurtrier, et devienneirt le scandale du monde; mais bientôt affaissés sous le poids de leurs excès ^ détrompés des chimères qui les avoient séduits, ils recherchent la cause des désastres publics, et soudain le flam^ beau de la vérité brille à leurs yeux ; ils comprennent que toutes leurs misères

PREfÂCE. xix

leur sont venues de ce qu'ils ont aban^ donné la voie de la justice ; car la conscience de Fhomme est infaillible , elle le ramène toujours à la vertu dès que le tumulte des passions cesse d'étouffer sa voix.

- Les malheurs actuels ne sont point le résultat d'évènemens fortuits : ils ont de ])rofondes racines dans les erreurs du siècle dernier. Le levain révolutionnaire fermente depuis long-temps; tantôt comprimé avec peine, et tantôt débordant de toutes parts, la société ne peut que marcher de secousse en secousse , jusqu'à ce qu'me régénération complète vienne lui rendre une garantie d'existence. Des publicistes éclairés discutent chaque jour, avec un talent supérieur, les conditions de cette régénération sociale ; tout ce qu'on

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