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peut dire sur cette matière, de sage, de généreux , de vraiment libéral , a été dit avec la double puissance de l'éloquence et de la logique. Aborder à mon tour une semblable question seroit tout au moins une entreprise inutile, et m'entraîneroit d'ailleurs trop loin de mon but; il s'agk ici de l'éducation des princes, et de l'influence que celle-ci peut exercer sur les destinées des peuples.
La pensée de mon ouvrage , ainsi que je l'ai dit plus haut, se présenta à mon esprit pendant les dernières années du règne de Charles X. Il était facile de comprendre dès cette époque que les véritables destins de la France n'étoient point dans le présent , mais tout entiers dans son avenir ; l'unique bien qu'elle pût attendre du temps actuel, c!étoit un repos pré-
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caire, qui la conduisît, en dépit des prétentions contradictoires des divers partis politiques, vers une ère nouveHe, oii des amélioration^ radicales pou voient être réalisées. La Charte de i[8i4? calquée sur celle d'une nation entièrement opposée de caractère et de mœurs à la nation française, devoit cependant la régir; conçue à la hâte, peut-être avec Farrière^pensée d'en faire par la suite un instrument de désordre, elle devint dès son début une pomme de discorde; préconisée par ceux qui depuis J'ont aiiéantie , reçue avec défiance par quelques uns de leui's adversaires, des esprits méditatifs n'y virent qu'une œuvre incomplète. Tantôt interprêtée dans le sens le pïjis large des libertés populaires, tantôt dans celui d'une puissance répressive, elle favorisoit tous
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les systèmes , selon l'opinion des hommes qui arrivoient au pouvoir. L'ambition aperçut trop bien qu'elle pouvoit l'exploiter au gré de ses caprices , et l'intrigue et la vénalité régnèrent partout. Il n'est point de gouvernement libre sans vertus publiques; c'est une vérité incontestable. Eaut-il donc s'étonner des faits qui se sont accomplis sous nos yeux? Néanmoins on ne pouvoit remonter le fleuve de la civilisation; la puissance absolue ne devoit attendre en France qu'un succès éphémère; la monarchie représentative parut d'ailleurs n'offrir aucun danger sous un roi légitime; elle n'en eût en effet point amené s'il y àvoit eu dans les cœurs des citoyens plus de patriotisme et de bonne foi. Pour que personne n'abuse, dans un État, ni de la liberté, ni de la puissance,
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il. faut aux gouvernés comme aux gouvernans autant de vertus que de lumières.
La révolution avoit créé une foule d'in-
térêts nouveaux, il falloit les protéger; des talens distingués avoient surgi du sein même de ces désordres, il falloit les accueillir pour les faire servir à Futilité commune; l'autorité royale étoit restreinte, il falloit qu'elle regagnât en, force morale ce qu'elle perdoit en force positive ; il falloit enfin adopter tout ce que la révolution avoit de bon dans ses résultats, afin d'exercer une action efficace sur ce que ses principes renferment de dangers. Une tâche auss^' difficile ne pouvoit être entreprise et accomplie que par un prince qui eût devant lui un assez long avenir pour opérer cette grande régénération sans précipitations et sans vio^
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leac^s; par un prince dont Téducation eût été dirigée de manière à Tidentifier avec l'esprit de son siècle; par un prince, en un mot, qui possédât assez de lumières pour favoriser Findépendance popubire daps ce qu'elle a de généreux, et assez de force d'âme pour en réprimer constamment les écarts. Il me sembla que rien n'étoit plus propre à le conduire à ce point de perfection morale, qu'un système d'éducation large, libéral, mais religieux ; vaste plan dans lequel les diverses branches d'une instruction complète s'enchaîneroient de façon à développér toutes les ressources dé soi> intelligence, à former son âme pout la pratique de toutes les vertus publiques. Voilà l'unique vœu qui guida ma plume en traçant cet Essai, que je livre à la presse
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tel qu'il a été écrit il y a trois ans. Depuis, tout a changé autour de moi; mes pensées sont demeurées les tnêmes. Des faits étranges se sont acccmiplis, on les a nommés glorieux : c'est une gloire d'une espèce toute nouvelle que celle qui compromet l'honneur d'une nation! Je n'ai pas le don de lire dans l'avenir, j'ignore ce qu'il réserve à la France; mais, quoi qu'il arrive, on peut supposer, je crois, que ses institutions ne la feront pas rétrograder dans les âges de la barbarie; et si les Français, éclairés par les sévères leçons de l'expérience, replaçoient leurs destinées sous l'égide d'un principe conservateur, ce changement n'auroit lieu aujourd'hui qu'au profit d'une plus grande extension des libertés populaires. Dans cette hypothèse, mon plan d'éducation est applica-