‹ Le livre du peupleChapitre 9 sur 28 · Ï^V PEUPLE · texte numérisé non relu

Ï^V PEUPLE

associant. Ce qu'un ne peut pas, dix le peuvent , et mille encore mieux.

Le castor solitaire vit à grande peine dans le premier trou qu'il rencontre sur la rive du fleuve : associé à d'autres castors, il bâtit en travers du courant de vastes et commodes demeures où ils vivent tous dans l'abondance.

Mais aucune association n'est possible, aucune ne sauroit prospérer si elle n'a pour base la confiance mutuelle, la probité, la conduite morale de ses membres, ainsi qu'une sage économie. L'injustice et la mauvaise foi , la paresse et l'intempérance la dissoudroient immédiatement.

Au lieu de produire l'unité d'action , elle deviendroit une cause permanente de discordes et d'inimitiés. La pratique rigoureuse du devoir est donc une condition indispensable de l'association. Bien

plus : le devoir en est le principe généra* leur, elle naît de lui spontanément; car, en réalité , qu'est-elle sinon la fraternité même organisée pour atteindre plus su* rement et plus pleinement son but? Celui qui y n'aimant que soi , ne songe non plus qu'à soi, avec qui s'associeroit-il? Et comment concevoir que ce qui sépare puisse unir jamais ? Les mots mêmes sont contradictoires.

Vous direz : Il est vrai , Tassociation seroit un puissant remède à nos maux ; mais ceux qui profitent de nos maux en soufTriront-ils le remède? Ils jetteront leurs lois entre chacun de nous et ses frères, et tous nos efforts pour nous rapprocher seront vains, et les violences qu'ils provoqueront infailliblement contre nous aggraveront encore notre misère.

El moi je vous dis : Veuillez seulement, et les lois iniques disparoîtront ^udain, et la violence des oppresseurs se brisera contre votre fermeté inflexible et juste. Bien ne résiste à l'union du droit •et du devoir.

Souvenez-vous des «astors. Vous êtes dispersés sur les bords du fleuve : assemblez-vous , entendez-vous , et vous aurez bientôt opposé une digue inébranlable à ses eaux rapides et profondes*

Vous cohnoissez maintenant les vraies lois de l'humanité, les lois d'où dépend son progrès y et par conséquent l'amélioration présente et future de votre sort , du sort du peuple ; car, encore une fois.

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