‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 100 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

mot, la fin de cette destruction sera de rendre Jérusalem et le temple à l'état de choses submergées. Le texte peut dire encore que la fin de cette destruction (son achèvement) aura lieu pendant cette expédition.

2° Le suffixe de qizzo peut se rattacher aussi aux deux substantifs les plus rapprochés : finis ejus (civitatis et sanctuarii). Il est vrai que le suffixe est au singulier. Mais cette locution peut très bien s'expliquer en prenant, comme Geier l'indique, le suffixe distributivement (1). D'un autre côté, Haeverniek et Auberlen ont pensé très justement que le temple est plus particulièrement visé ici comme l'objet le plus important. De la sorte, le suffixe se rapporterait très bien à haqqodes (le sanctuaire) qui précède immédiatement, et, par suite (per zeugma) à hîr ^la ville). Lengerke croit réfuter Haevernick en mettant un point d'exclamation après le mot hauptsachlich (principalement), employé par ce commentateur. Mais ces points d'exclamation ne prouvent pas grand chose. Le sanctuaire mentionné le dernier dans le texte semble être l'objet sur lequel s'arrête la pensée de l'Ange, comme sur l'objet qui faisait, en réalité, toute la force et toute la gloire de la nation juive. Keil trouve que cette division est arbitraire. Mais on peut voir qu'elle ne l'est pas si l'on considère l'analyse des idées et si l'on a recours à l'ensemble de la phrase. L'Ange vient montrer que le retranchement du Messie aura pour conséquence la destruction de la ville et du temple ; et il rapporte le mot qizzo a ce dernier qui servait de centre à la ville, de sorte que « sa fin » (du sanctuaire) est une dénomination a potiori comprenant le temple et la ville.

3° On a prétendu que le suffixe de qez se rapporte au Nagid et qu'il indique sa mort : « et la fin de lui (du Nagîd qui vient) sera dans l'inondation ». Lengerke traduit ainsi : « Mais sa fin (vient à la suite) dans le flot » (Aber sein Ende (erfolgt) in der

(1) Ita ut hoc loco finis civitatis et sanctuarii (quod utrumque per affîxum singulare •) innuitur distributive) dicitur venire, vel affuturas esse suo tempore cum inundatione , hoc est sicut agri, horti, vinere, pagi, urbes per aquas subito auctas ac impetuose irruentes obruuntur ac corrumpuntur horrendum in modum, adeo ut omnia evertantur, abripiantur, limo ant arena oppleantur, etc. (quo modo Virgilius lib. 2. .^Eneid., v. 306 canit : Rapldus montano flumine torrens sternit ayros, siérait sata lœta, boumque laborcs, prœcipitesque trahit sylqpcs, etc.), ita urbes quoque et sanctuarium imo tota simul Judaeorum regio militaribus opplebitur ac evertetur turmis (Prœlect. in Dan., h. 1.).

Fluth), et il explique sa traduction en disant : « la fin qu'il (Antiochus) subit (das Ende das er (Antioohus) erleidet). Nous ne ferons pas remarquer que si, en hébreu, le verbe « être » est souvent sous-entendu, il n'en est pas de même d'un verbe quelconque. En un mot, rien n'autorise à introduire dans les textes tous les verbes qui peuvent se présenter à l'esprit. Le sens de qizzo doit être fixé par le contexte. Or, Lengerke reconnaît que les dévastations dont il est ici question (décret de dévastation) regardent la ville et le sanctuaire. Le motif allégué pour trouver ici la mort du Nagîd est que le suffixe paraît, comme le prétend Maurer, devoir se rapporter au prince qui viendra et dont la mention est rapprochée : Suffixum ad eum qui proxime memoratus est principem venturum référendum esse apparet. D'abord, nous avons vu qu'il est faux que le pronom ne puisse pas se rapporter à un autre sujet (à l'expédition guerrière, au temple et à la ville). De plus, en considérant ce qui précède et ce qui suit, il est impossible de ne pas reconnaître que le peuple du Nagîd est présenté comme venant venger le retranchement du Messie, par la destruction de la ville et du temple, et qu'il est, dès lors, nécessaire d'indiquer, en premier lieu, la fin ou le résultat de l'invasion ou de l'événement prédit, à l'égard des auteurs du crime. D'ailleurs, les rationalistes n'out pas prouvé que le Nagîd soit Antiochus. Stuart qui est, sur d'autres points, plus correct et plus sérieux, croit pouvoir les rattacher l'un à l'autre, parce qu'il a été fait mention du roi de Syrie au ch. VII, 26 (ce qui est faux) et au ch. VIII, 25 ; et il commente ainsi ce passage : « La cité et le sanctuaire seront détruits par les sujets d'un prince, dont vous connaissez l'avènement, et dont vous n'ignorez pas non plus la fin terrible ». C'est aller chercher le sujet bien plus loin. Il eût été mieux de commencer par montrer le trait d'union qui permettrait d'identifier le Nagîd avec Antiochus.

Le tableau qui nous est présenté est celui d'un Nagîd ou Chef qui doit venir avec une armée dans la Judée et qui détruira la ville et le temple. Hitzig reconnaît expressément que « ce venir (dièses « Kommen ») du Nagîd qui vient dans la Terre sainte (ndmlich ueber das heilige Land) et «l'inondation sont étroitement liés avec « la fin » (und das Ueber schwemmen innerlich verbunden sind mit dem « Ende, ») mais n'indiquent pas la mort du Prince (nicht derTod des Fiirsten gemeint sein). Laissons de côté les fantaisies d'Hitzig, relatives au rapport que notre passage serait censé avoir avec la venue d'Antiochus en Palestine ; c'est seule-

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