‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 101 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ment en imagination que le critique a vu qu'il s'agit de l'invasion de ce pays, par le roi grec, lorsque, après la guerre contre Ptolémée, en Egypte, il marcha sur Jérusalem avec son armée, souilla le temple et tua beaucoup de monde. Ce qu'il y a de vrai dans la remarque d'Hitzig, c'est qu'il a une relation entre «l'inondation» et « la Judée, » et que, par suite, l'opinion de Lengerke, qui rapporte ce passage à l'expédition d'Antiochus en Perse, où il mourut, est insoutenable. D'un autre côté, Hitzig reconnaît que « l'inondation, » dans laquelle ce monarque mourut, plusieurs années après, dans une terre étrangère, est sans connexion avec la venue du Nagid mentionnée ici. Guidé par le texte, ce critique a bien vu que l'inondation fut causée par le prince et que rien n'indique qu'il devait y perdre la vie. Quelques rationalistes qui veulent rapporter le suffixe i au Nagid et, d'après leurs conceptions anti-messianiques à Antiochus, prétendent que la mort inopinée de ce persécuteur est annoncée ici par le mot « inondation » qu'ils traduisent ainsi qu'il suit : et sa fin viendra avec l'impétuosité d'une inondation, subitement (et finis ejus in irnpetu vel raptu). Rosenmûller traduit de cette façon : Et finis ejus, principis, erit cum inundatione, i. e. peribit tanquam subita eluvione abreptus. Rôsch y voit une allusion à la course précipitée (auf der Eilfahrt) d'Antiochus qui voulut sehâter de revenir de Perse en Palestine (II, Mach., IX, 14). Mais en adoptant la traduction de l'expression in inundatione par « subitement, » on n'aboutit pas nécessairement à la mort subite d'Antiochus, laquelle ne serait pas présentée ici comme une punition divine. Il est vrai, du reste, qu'une inondation offre l'idée d'impétuosité, quoique une inondation puisse arriver d'une façon graduée. Mais enfin il peut y avoir une liaison d'idées entre une inondation et un mouvement impétueux. De l'impétuosité on peut passer à l'idée de chose qui arrive subitement. Ainsi, chez les Talmudistes, le verbe sataf a pris le sens de « se hâter, se précipiter. » De sorte que l'on pourrait traduire ainsi ce passage : «et sa fin dans l'impétuosité. » Delà on passerait à l'idée d'une mort subite ; et, de la sorte, « l'inondation » serait supposée avoir trait à la mort subite d'Antiochus. Mais on pourrait tout aussi bien répondre que la fin de l'expéditiom du Nayid ou la fin de la ville et du sanctuaire auraient lieu dan» l'impétuosité du peuple du Nagîd, de sorte que la fin de la guerre devait amener la destruction subite de Jérusalem et de son temple. On sait que le temple fut emporté d'assaut. Mais» dans notre passage, l'idée de l'impétuosité n'est que secondaire :

il s'agit d'une inondation de soldats qui feront une guerre d'extermination et qui ne laissera après elle que des ruines.

Il va sans dire que Kuenen traduit à l'encontre du texte : « La ville et le sanctuaire seront profanés par le peuple d'un prince qui viendra et trouvera sa tin dans l'inondation. » Nous avons déjà relevé le mot « profané, » choisi pour masquer le verbe « détruire. » Remarquons de fplus que, d'après cette traduction, il s'agirait de la fin du « peuple » du Nagid. La même conclusion ressort de la traduction de Reuss : « Et quant à la ville et au sanctuaire, le peuple d'un prince qui viendra les ravagera et sa fin sera dans le flot. » Quoiqu'il en soit, ce verset et le suivant n'ont trait qu'à la ruine de la ville et du Temple ; le Chef-le-Venant sera l'auteur de cette destruction, qui se fera par une guerre semblable à une inondation. Mais il n'est pas dit, dans la description de cette catastrophe, que le Nagîd y trouvera la mort.

J Et jusqu'à une fin d'une guerre, décret des (lieux) dévastés. Jusqu'à, IV jusque; pendant, durant, tant que dure. Quelques traducteurs interprètent ainsi ce passage : « et jusqu'à la fin de la guerre. » On dit, à ce sujet, que qe'z (yp\ est à l'état construit ou en connexion avec le mot suivant (nanSft guerre) et que les accents portent à admettre cette liaison de ces deux mots. Mais on est alors étonné que, dans ce cas, milhamah n'ait pas l'article. L'absence de cet article indiquerait que l'Ange a en vue un autre qe'z que le qi'z'zô (sa fin) qui précède. Le premier se rattache à a la fin»> de la ville et du Temple. Celui que nous offre notre incise peut indiquer la fin d'une autre guerre, qui eut lieu quelques temps après, sous Adrien, lorsque le rabbin Aqiba eût reconnu Bar-Koziba pour Messie. Jérusalem était un monceau de ruines, mais des juifs nombreux étaient groupés dans les villes et les bourgades de la Palestine. La révolte de l'an 432 de notre ère amena une guerre dont l'issue devait être l'anéantissement final de la Judée et, par suite, l'accomplissement du décret des dévastations et des ruines. LaVulgate a traduit : Et post fmem belli. A la lettre, il faut traduire : et une fin d'une guerre ou fin de guerre : décret des dévastés. Stuart dit que c'est là une expression trop vague pour être défendue (But an end of a war is too loose an expression, in this connection, to admit of anj good defence). La question est de savoir si cette traduction rend bien le texte. Or, il ne saurait y avoir de doute à ce 6ujet. Mais en constatant qu'il s'agit « d'une fin d'une gnerre, » Hoffmann a eu le tort de supposer qu'il s'agit ici d'une guerre qui

doit se produire contre Antiochus à la suite de son oppression [Weissag.y etc., p. 305). Stuart répond qu'il ne peut être question d'une guerre différente de celle qui est impliquée dans le contexte précédent qui parle de la destruction de la ville et du sanctuaire (against this lies the objection, that the idea of another war, différent from that winch is implied in the preceding context that speaks of the marring of the city and sanctuary, can hardlj be supposed to be distinctly in the mind of the reader hère). Evidemment, cette traduction n'aurait aucun sens si on interprète le texte de façon à l'appliquer au temps d'Antiochus. Il n'en est pas de môme si on contemple l'accomplissement de la prophétie dans les guerres de Titus et d'Adrien. Ceux qui ne veulent pas regarder qêz comme étant à l'état construit avec milhamah, traduisent ainsi : et jusqu'à la fin, guerre (us que ad ftnem bellum [erit). C'est ainsi que de nombreux critiques modernes ont laissé de côté cet état construit de qêz. Lengerke traduit : und bis aufs Ende Krieg (et jusqu'à la fin guerre) ; Hitzig : und bis zum Endedauert Krieg (et jusqu'à la fin dure guerre) ; Kuenen : « et jusqu'à la fin il y aura guerre; » Stuart : and unto the end shall be war (et jusqu'à la fin sera guerre). Ce dernier dit à ce sujet que l'absence de l'article devant milhamah indique que l'auteur ne veut pas reproduire simplement l'idée contenue dans la clause précédente; l'idée exprimée par le texte est celle d'une « guerre » considérée dans son sens le plus général, savoir un état continu d'hostilité et de lutte (-1). Il nous semble que, dans ce cas, il s'agirait de la même guerre ; et que, dès lors, l'article eût été mis devant milhamah : il aurait même fallu mettre ypn (la fin). Si la guerre qui devait amener la destruction de Jérusalem par Titus était visée ici, milhamah aurait l'article. Quant aux accents, Stuart accorde qu'ils prouvent seulement que les accentuateurs ont probablement pensé que qêz est à l'état construit (2).

(1) Voici le texte de ce critique relatif à milhamah : The fact that this word has no article, shows that it is not intended merely to reproduce the idea that lies concealed in the preceding clause, viz. that of a state of mutual hostility and contest. War in its more gênerai sensé, viz. a continued state of contest and désolation, following on after the marring of city and sanctuary , is plainly the idea conveyed by the text. Had the author written nanSç." the reader would spontaneously refer it to what is im.pl ied \n ïhe, preceding clause. To prevent this, as well as to give the idea a more generic shape, the article is omitted (p. 293).

(2) A propos de Yathnach du verset 25, nous avons vu les criti-

Mais en admettant qu'il ne faut pas traduire par « fin de la guerre, » vu que le défaut d'article n'indique pas qu'il s'agisse ici d'une guerre déjà mentionnée, il ne suit pas de là que les rationalistes soient autorisés à rapporter cette prophétie à Antiochus. Lengerke prétend que « qe'z ne signifie pas seulement la fin d'Antiochus, mais aussi la fin de la période courante (das Ende der laufenden Zeitperiode) ou de la calamité des soixantedix semaines (des Trubsalen der 70 Vochen), comme aussi np ny VIII, M. » Mais c'est bien sans fondement qu'il veut voir encore ici une mention de la mort de ce roi. Le critique prussien aurait dû voir que l'auteur ne peut pas avoir en vue la dévastation de Jérusalem par le roi de Svrie. Cette ville, en effet, avait été délivrée, et le temple avait été purifié avant la mort de ce prince, et avant la fin de la guerre. Antiochus Eupator, son fils, fit continuer la guerre, mais ce n'est pas à cette époque que fut réalisé le décret des dévastations. On ne peut rapporter qez ni à la mort du Nagtd (Wieseler), ni à la fin de la ville (Haevernick, Auberlen). Et quant à la fin des soixante-dix semaines, il n'est pas possible de la voir mentionnée ici. Avouant que ce passage n'indique pas la fin, c'est-à-dire la mort du Prince,

ques antimessianiques s'escrimant à proclamer la valeur, l'inviolabilité des accents et la soumission qui leur est due. Il ne sera pas inutile de montrer ici le cas que ces mêmes écrivains en font lorsque ces accents les gênent; et comment ils savent s'arranger pour les écarter. Moses Stuart s'exprime ainsi à leur égard : As to *>p is it in the const. state before nDnbo (as the conjunctive accent

[ j ] would seem to imply), or is there a pause hère that would naturally require a lesser distinctive accent? The translation above is founded on the latter assumption ; which, of late, is the more gênerai one. The train of accents which ends in Zakeph Qaton (as hère), has a great variety of changes, dépendent on the fact whether the clause consists of two, three, or four words, and more dépendent on this than on the sensé or real connection of the words. In fact, it is palpably before him in the présent case; for vp has a

Mutiahh, while the particle before it (737) has a distinctive accent (named a prince), viz. a Pashta. Will it be pretended that yp has a nearer relation to nanSp, than "ry has to np ? I grant that the consecution- of accents shows that the Accentuators probably regarded m as being in the const. state.

Lengerke dit carrément qu'il faut planter là et abandonner les accents qui relient qe'z et milfyamah (wird sind also geriothigt von den Acccnten, welche nonbo Vp verbinden, abzugehen).

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