‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 99 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Isaïe : Ecce dominus ascendere faciet super eos aquas fluminis fortes et multas (quelles sont ces eaux ?') : regem Assur et universam gloriam ejus, Ascendetque super omnes rivos suos, transibitque per Juda, tvQ^J inundabit et transibit, usque ad cœluin pertinget, etc. (VIlî/ï, 8 ; cfr. XVII, 4 3 } XXVIII, 15). Cette expression se trouve aussi dans une inscription assyrienne, relative au sac de Thèbes, par Assurbanipal ; on y lit ces mots : « Ils (les Assyriens) s'emparèrent en entier de la ville et la détruisirent comme une inondation » (trad. d'Oppert, Mémoires de VAcad. des lnscript., etc., 1869, t. VIII, p. 601). C'était indiquer parlaitement les ravages que les Assyriens exercèrent dans Thèbes.

En ce qui concerne plus particulièrement notre texte, Théodotion nous offre une leçon qui demande une attention toute particulière. Au lieu de la traduction faite d'après le texte actuel (et sa fin dans l'inondation), ce traducteur nous donne la version suivante : v.oà taxjwîiffaovTai wç h xaTa/.Xua[j.w ; c'est-à-dire : « et (la ville et le temple) seront détruits comme dans un déluge ». Il est évident que son manuscrit devait porter, non pas i^pi (sa fin), mais ISfïpl verbe qui, au puai, signifie : « ils ont renversé, détruit ». Le sens général du verset indique du reste que c'était là la vraie leçon, la leçon primitive. Cette leçon suppose qu'il y avait dans le texte *|1D$3 (") au lieu de 2) ; de sorte que ce membre de phrase était : « la ville et le temple finiront comme une inondation : un déluge de maux fondra sur eux. » Le texte actuel peut très bien avoir subi une altération analogue à celle que nous venons de constater au sujet de ve'ëyn lo. Un y a pu facilement disparaître, et il n'est pas probable qu'un copiste eût ajouté cette lettre-, il a été plus facile de la retrancher. La ponctuation du \ ne repose que sur une tradition massorétique , qui a eu quelquefois des défaillances. Il est permis de croire aussi qu'il y a eu une modification intentionnelle delà part des copistes juifs, qui ont peut-être espéré qu'ils écarteraient de la sorte ce pronostic de malheur, ou qui se sont refusés à transcrire complètement une prophétie dont les menaces devaient, en s'accomplissant, avoir un résultat si terrible pour la ville et le sanctuaire.

Quoi qu'il en soit, il est certain que le texte de Théodotion donne un sens très satisfaisant, très conforme à tout le verset, et à ce qui est dit au verset suivant. Mais il est nécessaire d'examiner le texte actuel qui porte qi'zzô (sa fin). On so demande, en effet, de quelle fin il s'agit : la fin (de qui, de quoi) ? C'est ce que nous allons conclure du texte :

1°Nous répondrons donc d'abord que setef (inondation) avec l'article, indique que cette irruption est celle-là même qui est comprise dans l'acte du peuple du Nagîd liabbo\ Il convient, en effet, de tenir compte de l'article, car il ne s'agit pas d'une submersion quelconque, mais de la submersion, c'est à-dire de l'action destructive indiquée par le verbe îashît, et qui devait en finir avec Jérusalem et avec le temple. On ne peut donc traduire : dans une inondation ou cum inundatione (Rosenmûller, etc,) -, et encore moins : vi quadam ineluctabili oppressus (Steudel, Maurer). L'article montre qu'il s'agit d'une submersion déterminée, d'une destruction que le texte a déjà attribué au peuple (l'armée) du Nagid-le-Venant. Ainsi, la fin dont il est parlé ici, est la fin de l'action qui vient d'être mentionnée, la fin de l'œuvre de destruction entreprise par le peuple du Nagîd : cette fin indiquée par le verbe îashît sera une destruction complète, une dévastation semblable à celle que produit une inondation. Ce sens du suffixe est fréquent en hébreu. C'est pourquoi Vitringa et C.-B. Michaelis ont eu parfaitement raison de regarder le suffixe comme neutre et de le rapporter au verbe îashît ou plutôt à l'idée de destruction qu'il comprend : et la fin de l'expédition militaire sera dans Finondation. Ce dernier mot caractérise, accentue et développe l'idée contenue dans le verbe « détruire ». L'expédition finira en inondant, en détruisant complètement la ville et le temple. Lengerke et Kliefoth trouvent toutefois que le rapport du suffixe avec le verbe est forcé et inadmissible. Pour prouver cette affirmation, on se contente de nous dire que cela n'a pas besoin de preuve (bedarf aber keines Beweises). On croit aussi avoir apporté un argument sérieux en demandant ce que peut signifier la fin de la destruction, puisque la destruction même est la fin. Il est cependant facile de voir que la fin d'une guerre peut être plus ou moins onéreuse, plus ou moins écrasante : Ici, le texte déclare qu'elle sera complète, semblable au ravage produit par une inondation. Cette interprétation est tellement dans la logique des révélations de ce texte., qu'elle s'impose à l'esprit : l'Ange y décrit tout simplement le résultat de l'expédition commandée mystérieusement par le Nagîd. Il résume sa pensée en disant : la fin de la destruction ressemblera à une inondation : elle fera table rase de la ville et du temple. Le mot inondation n'est que le symbole de l'action produite par l'invasion militaire qui aura lieu dans la Palestine. La marche guerrière, l'expédition destructive de Nagld-habbu amènera une dévastation semblable à celle que produit un déluge. En un

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