‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 103 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

quemeut, attribuer une action au temp3 (le temps, ce coup de faux, fait des tas de ruines). Dans l'Ecriture, cette manière de parler est quelquefois usitée (cfr. Ps. LXIV, 4; Job., III, 3; X, 30, 17; Isaïe, XXII, 5; Malach., VI, 1). Théodotion a compris le texte de cette façon et il a pris sabûha pour le sujet de la phrase : xoà 8uvà{tt&aei BiaO^xrjv r.oXkoiç, i6ôo|Aà; [ifa. Il y a là un hébraïsme, par lequel ce qui arrive dans un temps ou dans un endroit est attribué, comme une action, à ce temps et a cet endroit. Hengstenberg, Hœvernick, Auberlen, Lengerke, Hitzig, Hoffmann et d'autres acceptent sabûha comme un nominatif. Keil dit que cette tournure poétique n'est pas admissible ici et que la confirmation de l'alliance n'est pas l'œuvre du temps, mais d'une personne déterminée. C'est, évidemment, ce qu'implique cette manière de parler, comme nous le verrons plus loin.

Le sujet réel de cette phrase est, en effet, le Messie Nagîdhabbo' qui a été mentionné au verset précédent, et auquel se rapporte aussi le verbe suivant (r^l'Çh fera cesser). Hitzig trouve que le mot Nagîd est trop éloigné (ziemkch entfernt), et que môme, ici, il n'est pas le sujet de la phrase. Mais quoique, ainsi que nous venons de le voir, on puisse prendre le mot «semaine» pour sujet de cette phrase, il n'en est pas moins vrai que l'agent de la chose indiquée est le Nagid mentionné dans le verset qui précède. Il n'est pas, d'ailleurs, possible de supposer qu'il s'agit du « dévastateur » dont il va être parlé, car celui-ci ne fait pas une alliance : il détruit, au contraire, la ville et le temple. Le Nagîd est le sujet de higbîr, non seulement parce qu'il est nommé le dernier, mais parce qu'il est eu vue, parce que c'est lui qui est le sujet central et capital de toute la prophétie, soit en tant que Messie, soit en tant que Conducteur {Nagîd) du peuple ou de l'armée qui viendra fondre sur la Palestine. C'est lui qui scelle une alliance avec le nouveau peuple de Dieu. Aussi est-ce avec raison que Hsevernick, Hengstenberg, Auberlen reconnaissent qu'il s'agit ici du Messie. Keil ne se trompe pas en rattachant higbir au Nagîd, mais il a le tort de prendre ce Conducteur pour « un conducteur impie d'une armée » et de l'identifier avec Antiochus. Le Messie n'a pas cessé d'être l'objet de la révélation de Gabriel. C'est le Chef-le-Venant qui doit conclure l'Alliance en tant que Messie, en tant que victime exterminée, et confirmant le traité par son sang.

Fortifiera une alliance. L'ange Gabriel reprend ici le détail de la semaine que l'exposé des suites de la mort du Messie lui a

fait interrompre. Il marque donc une alliance que le Christ contractera, constituera, fortifiera pendant une semaine. C'est, comme nous l'avons vu, le sans du verbe higbîr (hiphil, validum reddidit, confirmavit, de gabar, valuit). Cette Alliance est rendue plus forte parce qu'elle ne sera pas rompue comme l'alliance du Sinaï : elle constitue l'établissement du cinquième royaume, du royaume des cieux (qui non dissipabitur) . Le mot berU (rma) a ici un sens religieux. Il s'agit, en effet, d'une alliance qui procurera les biens annoncés au verset 2i (l'expiation des péchés et l'avènement du Messie) et par conséquent d'une alliance religieuse. Ce caractère de l'Alliance suffit pour rejeter l'hypothèse d'après laquelle il s'agirait dune alliance d'Antiochus avec des Juifs infidèles à leur Dieu. Dans le passage qui nous oocupe, le mot berît est employé sans article, et l'on a conclu de ce fait qu'il s'agit d'une alliance religieuse différente de l'ancienne alliance de Dieu avec le peuple hébreu. Daniel emploie le mot berît sept fois. Au chap. IX, 4, ce mot est accompagné de l'article ; berît est qualifié de saint (berit qodes, pactum sanctitatis), une fois, au ch. XI, 28 et deux fois au ch. XI, 30; il est en construction au verset 32 (prsevaricatores pacti, ceux qui agissent contre Alliance) et le contexte indique suffisamment qu'il s'agit encore là de la sainte Alliance. Seul le verset 22 du ch. XI, emploie berît sans article, sans l'épithète de saint et sans aucune désignation indiquant qu'il s'agisse de l'Alliance de Dieu avec son peuple. Le récit fait voir, d'ailleurs, suffisamment, qu'il s'ngit d'une alliance politique ou plutôt d'un traité conclu entre les rois de Syrie et les Romains. Dans le passage de notre verset 27, berît ne peut désigner qu'une alliance messianiqne, et "il faut, dès lors, reconnaître que l'article est omis pour désigner une alliance religieuse nouvelle. Hengstenberg remarque, toutefois, que ce nom avait sans doute fini par être regardé comme un nom propre, à l'instar de qodes (sanctuaire) que l'on rencontre au ch. VIII, 14. A ce point de vue, l'Ange présenterait l'alliance messianique comme n'en faisant qu'un avec l'alliance ancienne, laquelle serait ainsi considérée comme étant seulement renouvelée, transformée.

C'est ainsi que, dans Ezéchiel (XVI, 60), la nouvelle alliance est présentée comme une confirmation et une continuation de l'ancienne : « Je me souviendrai de l'alliance que j'ai faite avec toi aux jours de ta jeunesse et j'établis avec toi une alliance éternelle» (cfr. Ezéch., XXXIV, 25; XXXVII, 26; Jérém., XXXII 40; Is., LV, 3). Le peuple élu du passé se retrouve, en effet,

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