‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 116 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

parle d'Antiochus Epiphane; «par conséquent, ici encore, » il dit « vert » — quoique nous ayons réfusé d'examiner ce qu*il dit dans ce texte — et il ne s'agit toujours que de l'érection «du petit autel » idolâtre de ce même Antiochus. Il ploit à Kuenen, comme à Lengerke et aux autres rationalistes de voir ici une description du pillage et de la profananation du temple par Antiochus. Mais ils n'ont jamais montré que la prophétie ne fait que répéter ici ce qui est dit dans les ch. VIII, et XI. C'est ce parallélisme qu'il faut démontrer et c'est cette démonstration qui rate toujours, ainsi que nous Pavons montré en maint endroit (Voy. entre autres, les pages 736 et ss ). Le rationalisme croit facilement ce qu'il désire : il a pu voir qu'il y a loin de la coupe aux lèvres.

Voulant aussi, à tout prix, qu'il s'agisse ici du temple profané par des idoles, d'autres critiques ont supposé que kanaj signifie la surface de l'autel. Ainsi Wieseler explique kenaf ziqqûzîm par « le sommet ou la surface supérieure de l'autel)) (die Spitze oder Oberflciche des Altars, p. 37) -, et il a en vue le petit autel qu'Antiochus Epiphane fit élever sur l'autel des holocaustes. Rôsch est aussi de cet avis : il pense que kanaf signifiant « l'extérieur « {das Aeusserste) a pu signifier « le dessus » (die Oberflciche) de l'autel. Il faut beaucoup de bonne volonté pour admettre qu'un mot signifiant « extérieur » désigne un petit autel que les païens avaient élevé sur l'autel primitif, trop grand pour le service du culte grec. Le commentaire de Reuss ne donnera pas plus de poids à cette opinion. Voici ce qu'il dit à ce sujet : « L'aile représente l'autel et signifie proprement le coin (l'un des quatre) ; le génitif des idoles rappelle la profanation païenne; et Y abomina lion est l'autel de Jupiter placé sur celui de Jéhovah. » Ceux qui comprendront cela pourront se vanter d'avoir une finesse de vue qui leur permit de voir l'herbe pousser. On s'expliquerait mieux l'opinion d'Hoffman (Weûsag. nnd Erfïdl,, p 308) qui, passant de l'idée d'aile à celle de «couvrir,» donne à kanaf le sens de « couverture, couvercle, » et croit voir dans ce mot une allusion à l'autel païen qui « recouvrit » l'autel de Jéhovah, au temps d'Antiochus. Le texte se traduirait ainsi : « Sur couvercle d'abominations le dévastateur. » Mais qu'est ce que c'est que « ce couvercle ou cette couverture d'abominations?» et comment tout cela se rattache-t-il au temple? Aussi croyons-nous être en droit de conclure, de l'examen de toutes ces opinions, que les interprétations qui mettent kanaf en relation avec le temple ne sont pas justifiées. Rien ne prouve que kenaf siqqûzîm se rapporte au temple.

Une autre interprétation plus en rapport avec celle que nous avons indiquée dès le début, donne à kanafle sens d'aile d'une armée et d'armée (Jahn, Rosenmûller). Ce dernier traduit ainsi ce passage : et super alam detestationum vastans erit, id est exercitui detestando vastator dux prœerit. Rosenmûller remarque donc que le subst. kanaf (aile), employé ici, à propos d'une guerre et de dévastations (v. 26), pourrait signifier « aile d'armée, corps de troupes, armée. » Il invoque, à ce sujet, le passage d'Isaïe (VIII, 8; XVIII, 1), et il trouve qu'Ezéchiel (XII, U) a employé dans ce sens le mot synonyme rn^ (aile). Il est vrai que, dans ces passages, les mots kanaf ut 'agaf sont au pluriel; mais nous avons vu que le singulier kanaf est un nom collectif et désigne une pluralité. On sait, du reste, que les Arabes emploient un équivalent de kanaf (aile), dans le sens d'armée. Les Romains donnaient le nom d' « ailes » (alœ) aux corps de cavalerie disposés à droite et à gauche de l'infanterie comme des ailes d'oiseaux. L'expression : equitum alœ ad subita belli retentœ (Tacite) désigne un corps de réserve de cavalerie pour les événements imprévus de la guerre. On sait aussi que alœ prœfectus signifie « chef de la cavalerie. » Maurer n'est pas satisfait de cette explication et il pense que le pluriel serait requis : De parte exercitus ala una dici vix potuit nisi opposita alteri alœ. Nous n'y contredirons pas ; mais nous ferons remarquer toutefois que kanaf est un nom collectif qui peut se prendre pour un pluriel et que, d'après le contexte, ce mot est plus en rapport avec une armée qu'avec le temple.

Aussi, est-ce le sens que nous a donné ce mot pris dans le sens d'aile. Nous avons compris que les abominanda sont les enseignes, les aigles de l'armée romaine sur lesquelles domine le dévastateur. Rosenmûller nous offre, en effet, une observation très juste au sujet de ve-hal (et sur) qui indique ici une supériorité exercée par celui qui est au dessus de l'aile des abominations : Propositio ^y h. 1. dignitatem et poteslatem, quam quis in alios exercet, significat. En effet, celui qui est « sur l'aile » est le préfet, le chef de l'armée comme celui qui est « sur la maison. » (rvarrby) est le prœpositus domus, le préfet du palais (III, Rois, IV, 6-, XVI, 9; Isa., XXII, 15). Le dévastateur est ainsi présenté comme préposé à une armée dont les enseignes seront des objets d'abominations. N'étant pas de cet avis, Bosch et Lengerke ont prétendu, toutefois, que l'on ne peut pas songer à une armée, parce qu'elle est déjà venue (vs. 26) ; ce dernier trouve que ce serait là une pure tautologie (es ware also eine bloste

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