‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 121 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

leur imaginative. Ils n'ont jamais donné même un semblant de preuve qui permette de croire à une allusion quelconque de la prophétie du ch. IX à Antioclius Epiphane. Il n'est pas vrai que le Nagid-Habbo' soit le roi de Syrie : il est faux qu'il soit désigné par le mot mesoniëm, et que somëm désigne le petit autel qui profana, du temps des JMachabées, le Temple de Jéhovah. Le texte nous a montré qu'il s'agit de toute autre chose ; et la chronologie indiquée par l'Oracle va nous faire voir qu'il ne s'arrête pas à Antioclius, et que le dévastateur dont il parle ne se confond pas avec ce misérable. Il est certain qu'il s'agit des Romains : les événements prédits et la tradition juive le prouvent surabondamment.

Démonstration île l'accomplissement de la prophétie des LX\ semaines, au double poini de vue de la chronologie et de l'histoire. — Après avoir fixé le sens de cette prophétie, de manière à la mettre dans tout son jour, il nous reste à retrouver les dates qu'elle contient et à la contempler dans son développement et dans son ensemble. Le Saint-Esprit j déclare que « depuis une parole pour rebâtir Jérusalem jusqu'au moment où le Me.ssie expiera les péchés du monde, il y aurait une période de quatre cent quatre-vingt dix ans » Il s'agit donc d'ouvrir le livre de l'histoire. En obéissant aux prescriptions du texte et aux injonctions de l'arithmétique, nous constaterons que les soixante-dix semaines doivent se compter à partir de la commission d'Esdras, c'est-à-dire quatre cent cinquante-sept ans avant l'ère chrétienne, et qu'elles aboutissent à Tan trente-trois de cette même ère, époque où le Christ devait être retranché, à la fin de la soixante-dixième semaine (457 -|- 33 = 490). Mais l'Ange ne s'est pas contenté de fixer la durée de la période qu'il annonçait en termes on ne peut plus explicites, il en a fixé aussi le point de départ et le point d'arrivée : le point de départ, les soix mte-dix semaines, divisées en sept, soixante-deux et une semaines, les temps d'accomplissements, toutes les dates de la prophétie, en un mot, sont précises, et les événements ont parfaitement vérifié la Parole inspirée. Nous allons le montrer en établissant les trois points suivants : 1° le point de départ des soixante dix semaines ou l'époque de « la sortie de la parole. » ; 2° les deux points d'accomplissement des sept et des soixante-deux semaines, et en particulier le plus important et le plus grand, la fin des soixante-neuf semaines fixée par l'expression had Masiah (jusqu'au Messie) ; b° la manifestation du Messie dans la soixante dixième semaine et sa mort à la fin de la semaine.

Le point de départ des soixante-dix semaines et 1rs édits des rois de Perse. — A l'époque où Daniel reçut l'Oracle relatif à ces soixante-dix semaines, les Juifs étaient déportés et internés dans la Chaldée. La permission de rebâtir Jérusalem n'étant pas donnée comme provenant d'une intervention divine, analogue à la sortie d'Egypte du temps de Moïse, devait provenir d'un édit, d'une parole du souverain qui serait sur le trône babylonien au moment fixé dans les décrets de Dieu. Or, il n'y a eu aucun édit de ce genre sous le règne des rois chaldéens. Il faut en venir à Cyrus et aux rois de Perse, ses successeurs ; et voir s'ils ont donné une autorisation de rebâtir Jérusalem, et si le décret relatif à cette reconstruction offre une base solide au calcul de la prophétie des soixante-dix semaines.

Quatre édits des roi* de Perse. — Constatons, d'abord, que quatre édits ont été publiés en faveur des Juifs par les rois de Perse : celui de Cyrus, celui de Darius, fils d'Histaspe , celu* d'Artaxerxès-Longuemain dans la septième année de son règne, et enfin celui de ce même prince, treize ans après, en la vingtième année de son règne. Or, il est certain que les édits de Cyrus et de Darius l'Hystaspide ne permirent aux Juifs que le rétablissement du temple. D'un autre côté, il faut reconnaître que le premier édit d'Artaxerxès ne se renfermait pas dans ces limites, et qu'il donna à Esdras des pleins pouvoirs qui impliquaient la reconstitution de Jérusalem, à laquelle Néhémie fut autorisé, treize ans après, à apporter un concours des plus efficaces.

Importance de la reconstitution de Jérusalem, difficultés que devait présenter l'obtention d'un décret permettant de la relever de ses ruines, motif sérieux du choix, de ce point de départ. — Les soixante-dix semaines commencent à un événement dont l'Ange signale l'importr-nce : le rétablissement de la cité et, par suite, le relèvement de la nation juive est promis. L'accomplissement de cette promesse devait paraître presque impossible. Comment espérer qu'il se trouverait un souverain qui permettrait de laisser former une Judée, un Etat qui pourrait devenir indépendant et libre ? L'autorisation de rebâtir la ville était, en effet, ce qu'il y avait de plus difficile à obtenir. Et, cependant, les Juifs étaient les gardiens de la grande espérance, et Jérusalem était destinée à être le flambeau du monde. L'Ange indique donc l'époque du relèvement de cette ville comme la plus importante pour la nationalité juive.

Mauvaise réputation des Juifs regardés c anime des gens

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