‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 124 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

garde de rétablir une ville qui avait mérité d'être considérée comme turbulente, rebelle, indomptable.

La permission «le rebâtir la ville regardée à tort comme une suite «lu relèvement du Temple. — On dit, il est vrai, que les Juifs ne pouvaient pas entreprendre de bâtir un temple d'une construction si importante, sans construire des habitations et sans se fortifier contre les ennemis qui les entouraient et qui pourraient les attaquer. De sorte que si dans cet édit il n'est pas question de la reconstruction de Jérusalem, on ne doit pas croire que, dans la pensée du roi, le rétablissement de la ville ne fut pas une suite naturelle de la reconstruction du temple, car « il est clair que le temple ne pouvait être rebâti sans la ville ». Mais, en réalité, il en fut tout autrement. Il suivait de l'édit de Cyrus qu'il était permis de bâtir quelques maisons pour les ministres nécessaires au service journalier du temple, pour les chefs chargés de maintenir l'ordre et de juger certaines affaires, sous la dépendance des gouverneurs perses, et enfin des logements pour les ouvriers employés à la construction du sanctuaire. C'est, en effet, ce qui eut lieu : les Juifs, qui étaient venus en Judée, avec Zorobabel, durent camper longtemps sous des tentes; un certain nombre d'ouvriers se groupa autour du sanctuaire, et les autres émigrants s'éparpillaient dans les localités ou dans la campagne voisines. Il ne devait, de la sorte, y avoir, à Jérusalem, qu'un temple, avec quelques habitations qui ne pouvaient pas former une ville, et qui ne devaient avoir ni murailles, ni tours, ni forts.

Certains critiques prétendent que, « si le roi Cyrus s'exprime comme il le fait, c'est que ce qui lui importait à lui, c'était que la maison de l'Eternel fut rebâtie », car il voulait sans doute s'assurer, par là, la faveur de ce Dieu d'Israël, dont il avait reconnu la puissance. De son côté, Lengerke dit à propos de cet édit rapporté par Esdras (ch. I, 4), que « préferablement le discours est relatif au temple qui est la chose principale (vorzurjsiveise ist aber von Tempe l die Rede, iveil er die Hauptsache blieb). Mais il aurait, dû voir que l'autorisation de bâtir une ville et de la fortifier, était bien autrement difficile à obtenir. C'est en vain, d'ailleurs, qu'il en appelle à Kleinert, d'après lequel, comme la menace de la destruction du temple impliquait [involvirie], la destruction de la ville, de même aussi, la permission de reconstruire le temple impliquait (involvirte) la reconstitution de la ville. Cette explication est contraire à l'histoire : il n'est pas vrai, comme l'affirme Lengerke, que la reconstruction de Jéru-

salem fut reprise à cette époque. Il y eut évidemment quelques habitations, et on sait également que, quoiqu'ils ne fussent pas autorisés à rebâtir la ville, quelques Juifs construisirent quelques maisons bourgeoises et essayèrent de se conduire comme s'ils avaient obtenu l'autorisation de les reconstruire. De là les plaintes mentionnées au livre d'Esdras (ch. IV, 1,2). Les populations voisines de Jérusalem montrent assez qu'elles savaient très bien qu'un décret, pour reconstruire la ville, n'avait pas été accordé aux Juifs (vs. 16).

Le Temple construit en forme de citadelle. — Une confirmation de notre thèse se trouve dans la pensée qu'eurent les reconstructeurs du temple de le transformer en un 3 forteresse. N'étant pas autorisés à relever la ville, ils disposèrent le temple de façon qu'il pût servir de camp retranché, et fût propre à soutenir un siège. Les colons samaritains ne pouvaient, dès lors, pas voir de bon œil des travaux qui semblaient annoncer le rétablissement, au milieu d'eux, d'un peuple actif et redoutable. Ces tribus étrangères demandèrent donc au roi de Perse de ne pas souffrir la renaissance de cette ville, et ils insistaient, en particulier, sur l'épaisseur des murailles que les Juifs donnaient à leur sanctuaire. D'après leurs lettres, cette manière de bâtir le temple faisait ressembler cet édifice à une forte citadelle, bien plus qu'à un lieu de prières (Esdr., IV, 12; V, 8). A la suite de ces dénonciations, les travaux du temple furent interrompus et les effets de l'édit de Cyrus furent suspendus trois ans après qu'il eut été promulgué.

Le » païens veulent prendre part au culte de Jéhovah. — Remarquons aussi que Cyrus avait fort bien pu supposer que le Temple serait fréquenté, non seulement par les Juifs, mais aussi par les populations voisines. Les populations polythéistes, venues de l'Assyrie, paraissent l'avoir compris de cette sorte, car elles demandèrent à partager, les travaux et la propriété du temple, prétextant qu'elles adoraient aussi Jéhovah. Il résulta, de ce. malentendu, des querelles et un état de discorde qui amena l'interruption des travaux jusqu'au règne de Darius.

Les Juifs riches ne revinrent pas à Jérusalem parce qu'ils n'étaient pas autorisés à reconstruire cette ville. — L'édit de liberté, promulgué par Cyrus, avait mis fin à la Captivité : les colonies juives transplantées en Chaldée et dans les contrées orientales, ne furent plus obligées d'habiter des espèces de Ghettos ou d'être internées dans quelques localités déterminées, et de rester soumises à une surveillance rigoureuse de la police de ce temps-là.

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