‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 13 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pard du ch. VII. Au fond et, d'après l'interprétation de l'Ange, (vs. 21), le bouc désigne le règne des Grecs ou le troisième empire, et non pas seulement son premier roi. C'est la remarque que fait ici môme Rosenmûller : « Hirco qui ab occidente venit non solus significatur Alexander, sed, ut vidimus, totum Macedonum regnum, quod originem suam ex occidente duxit. »

6. Et il vint jusqu'au bélier possesseur de deux cornes, que j'avais vu se tenant devant la rivière ; et il courut sur lui dans l'impétuosité1 de sa force.

iDans la chaleur. Le mot nçn (colère, fureur) se rattache à an (chaud). On a traduit l'expression du texte par in ira ou par : avec une grande irritation. Ce n'est pas le sens : il faut in œstu (chaleur, ardeur, véhémence) ou in impetu (Vulg.). On reconnaît aisément Alexandre à cette peinture. Le prophète décrit en deux mots l'intrépidité, le courage et la force d'Alexandre.

7. Et je le vis s'approchant du bélierJ ; et il entra en fureur11 contre lui; et il frappa1 le bélier; et il brisa ses deux cornes m: et le bélier n'avait pas la force de se tenir devant lui»; et il le jeta à terre; et il le foula aux pieds; et personne ne délivra0 le bélier de sa puissance.

j Atteignant le côté; venant à côté, près (du bélier). Approchant, maggîha, partie, hiphil de nagah. — k L'expression IÇl^rin est ïhithpalpel de tiq (il a été amer , funeste ; cfr. ip3 amer, triste; indigné, furieux, funeste, fatalj ou Yithpael avec le redoublement du Q ou de la première radicale. Le bouc se rendit amer, se fâcha, s'emporta, entra en fureur. — ^Et il frappa, vaîîak, troisième personne futur hiphil apocope de ,-jDJ inusité au kal. — <" C'est-à-dire les forces réunies des Perses et des Mèdes : il soumit ces deux peuples qui ne formaient qu'un peuple. — » Et n'était pas de force dans le bélier pour se tenir devant lui. — o Et il n'était pas délivrant (qui délivrât) le bélier de sa main. Personne ne secourut le bélier. Le Vojant, a comme parcouru, dans sa vision, la série des rois de Perse, et il lui a été donné de prévoir comment, dans la personne de Darius Codoman, finirait le second empire universel, après avoir duré,

sous treize souverains , l'espace de deux cent trente-quatre

ans.

8. Et le bouc grandit extraordinairementP ; et lorsqu'il fut devenu puissant i, la grande corne fut rompue r \ et quatre (cornes) remarquables6 surgirent à sa place, vers les quatre vents du ciel l.

p Se fît grand, higdîl, jusqu'à beaucoup, had me'od ■ ou bien : fit très grand, fit de grandes choses, magnum fecit (seipsum), s'enorgueillit. — ^ Lorsqu'il eut développé, exercé sa force, lorsqu'il fut devenu puissant, kehazemô, inf. haï de a^y être fort, puissant, devenir puissant : lorsqu'Alexandre eut déployé sa force par le renversement de l'empire perse... — r Fut rompue, se brisa, nisberah ; troisième personne prêt, niphal de yyçj se briser, être brisé, cassé. Après ses rapides conquêtes, Alexandre, à l'apogée de sa puissance, mourut subitement à Babylone. — s Et quatre (cornes) de vue, quatre (cornes) remarquables (cfr. vs. 5) ; sous-entendu qarnôt ; pour rmn *;np. C'est ainsi que, au verset suivant, l'auteur sous-entend "ére'z devant hazebi ; et que, au verset \\, hattamid, il n'a pas cru nécessaire de mettre hôlam devant attamid. On pourrait traduire ainsi ce passage : Et ^cornes) d'apparence quatre surgirent. — Et s'élevèrent, vattahalëynah, troisième pers. fémin. futur kal de nS" monter. Les quatre cornes sont les symboles de quatre royaumes. La Vulgate traduit simplement : quatuor cornua et omet /w^li ; la version syriaque est plus exacte : Conspicua quatuor. — l Vers les quatre vents. L'empire d'Alexandre ou l'empire grec fut continué sous la forme de quatre royaumes grecs. Les Etats du conquérant formèrent quatre monarchies grecques situées vers les quatre points cardinaux : à l'Est le royaume de Syrie avec la Babylonie et les autres contrées orientales ; au Nord, le royaume d'Asie avec la Thrace; au Sud, le royaume d'Egypte avec la Phénicie et la Palestine ; à l'ouest le royaume de Macédoine et de Grèce.

9. Et de l'une d'elles11 sortit une petite T corne; et elle grandit beaucoup x vers le Sud, et vers l'Orient y, et vers (le pays de) la Gloire2.

u Le mot qerên (corne) est féminin en hébreu, et cependant il

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