‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 14 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

se rattache ici à un pronom masculin Qno (d'eux) au lieu de TVQ (d'elles). Mais le prophète a ici en vue les groupes de rois que comprennent les quatre royaumes représentés par les quatre cornes : l'accord est ad sensum. Pour la même raison, le verbe N2>> est au masculin : Daniel voit à la place de la corne

le roi qu'elle représente. Il mêle ainsi jusqu'au verset 22, la chose signifiée avec le signe, et il raconte des faits relatifs au au roi dont la petite corne est l'emblème. — v Une corne de peu, n*V3?3fa Le p indique le rapport à l'état d'où la corne sort, et on peut traduire mi'zzehîrah par a parvo, a parvis initiis (Maurer, Kranichfeld). Dans ce cas, on pourrait ne pas le joindre a qèren, mais an verbe ya'za' (une corne surgit de peu, de petitesse). De la sorte, le texte donne l'idée que le roi représenté par la corne arriva au pouvoir après être parti d'un faible commencement. D'après Kimchi, le q n'est pas un préfixe, mais une préformante , comme dans I373?p petit ; et le dages serait euphonique. Selon d'autres exégètes le *n serait ici préfixe, employé comme comparatif ou formant un superlatif, et signifierait prœparva, perpauca. Les LXX et Théodotion paraissent avoir regardé cet adjectif comme composé de tq négatif ou privatif et de ni^'s : ils l'ont traduit par i<r/up6v (fort). Mais, comme il est dit que la corne « grandit, » on est conduit à conserver cà l'adjectif le sens que nous lui avons reconnu. — x Et elle grandit extrêmement. Antiochus grandit d'abord en parvenant au trône, et ensuite par ses conquêtes, comme la suite du texte l'indique. — y Ce roi devint grand vers le midi : d'Antioche, sa capitale, il fit des expéditions en Egypte et il s'assujettit, pendant quelque temps, ce pays (Cfr. ch. XI, 25 ; I, Mach. I, 17 et ss.). Il grandit aussi vers l'orient, contre Artaxias, roi d'Arménie qu'il fit prisonnier et auquel il enleva les provinces du royaume de Syrie dont ce roi s'était emparé (Appien, Bell. Syr., c. 45-, Polyb. XXXI, 4 4). — z Vers (le pays de) la Gloire, sous entendu 'ërëz, terre iCfr. 'ërëz hazzebî (XI, 41), la contrée glorieuse, la contrée honorée par une présence toute particulière de Jéhovah. Le mot y^S signifie «ornement, beauté, gloire; » et il a servi à désigner la contrée que Dieu avait choisie pour son peuple (Cfr. Jérémie III, 19; Ezéch. XX, 6, 15; XXVI, 4 2; Zach. VII, 14). Jérusalem est très bien nommé « la Gloire, » à cause du temple où «la Gloire » de Dieu se manifestait. Cette expression désigne la Terre sainte, le lieu du sanctuaire. Théodotion a rattaché le mot rj» au subst. ^31 (armée)

du verset suivant, et il a traduit ainsi : rcpbç -crjv Sûvapv ; cette traduction a été adoptée par la Vulgate : et contra fortitudinem (et contre la force). Antiochus Epiphane fit plusieurs campagnes en Palestine. Il attaqua « la Gloire, » c'est-à-dire la ville de Jérusalem. Il s'en empara ; il se rendit maître de toute la Judée, et il y exerça toutes les violences et toutes les impiétés qu'on lit dans le livre des Machabées.

Ne se préoccupant pas du développement historique des quatre royaumes symbolisés par les quatre cornes, la révélation montre de suite une petite corne qui surgit de l'une d'elles et qui eut une importance capitale pour le peuple juif. Elle a pu être appelée « petite, » parce qu'elle constraste avec la grosse d'où elle sort : celle-ci représente toute la série des rois séleucides ; et chacun de ces rois aurait pu être représenté par une petite corne adhérant à la grande. On a pu dire aussi qu'elle est nommée <« petite » parce que la puissance d'Antiochus Kpiphane devait être inférieure à celle de son père Antiochus le Grand, dont les Etats et la situation avaient été fort amoindris par les Romains. Mais il ressort surtout du texte que cette épithète convient très bien à un roi qui fut d'abord un prince sans droits à la couronne et qui parvint au trône d'une façon inattendue.

40. Et elle grandit jusqu'à l'armée des cieuxa et elle jeta b à terre (une partie)0 de l'armée et des étoiles d \ et elle les écrasa e.

°- On peut considérer l'expression «armée du ciel » comme une expression poétique pour désigner les adorateurs du vrai Dieu. Cette expression signifie tantôt les étoiles et tantôt les anges. Le substantif kiï (armée) se rattache à nhï (il s'est

réuni, il s;est assemblé) et a eu d'abord le sens général d'assemblée. L'idée première qu'offre le mot zaba' est celle de « réunion, assemblée, compagnie, troupe (Cfr. Ps. LX, 8, M). Ce mot a ensuite été appliqué à la multitude des étoiles (l'armée ou l'assemblée du ciel) et aux anges qui composent la milice angélique, la hiérarchie des purs esprits (II Rois, XXII, 19; IV Rois XVIII, 18 ; Isaïe XXIV, 21). Ainsi, l'expression Jéhovah zeba'ot (dieu des armées) embrasse à la fois l'armée ou l'assemblée des constellations et l'armée ou l'assemblée des anges : quelques textes peuvent être appliqués aux esprits célestes et aux étoiles. Ce nom est aussi donné aux tribus d'Israël à leur sortie d'Egypte

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