‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 144 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

septième année du régne d'Artaxerxès, l'œuvre d'Esdras et de Néhémie avait réussi ; après ces quarante-neuf ans employés pour la consolidation de ce nouvel ordre de choses, on put croire à la durée de la nouvelle organisation. La prophétie nous mène ainsi à l'an 409-408.

Objection tirée de l'absence d'un événement remarquable à la fin des sept semaines. — Bosanquet objecte (Messiah the Prince) que les sept premières semaines ne se terminent pas d'une façon propre à attirer l'attention. Il a pu se faire, en effet, qu'aucun événement extraordinaire n'ait marqué la dernière semaine : il suffit que les Juifs aient pu constater, à cette époque, que leur ville avait été rebâtie au temps fixé. On ne trouve pas, dans la sainte Ecriture, des indications chronologiques et historiques qui nous signalent la fin des sept premières semaines. Il a pu se passer des événements remarquables, il a pu y avoir des cérémonies religieuses, bien qu'il n'en soit pas parlé dans les écrits sacrés ou profanes. Ce silence ne doit pas nous étonner, en présence de l'extrême pénurie des documents historiques que nous possédons sur cette période de la vie du peuple juif. La dédicace du mur avait été faite solennellement, dans la vingtième année d'Artaxerxès, c'est-à-dire dans l'année sabbatique 444, et cette cérémonie se rapportait à tout l'ensemble de la réédification de la ville. Il est, d'ailleurs, facile de voir que, en comptant de l'année 458-457, point de départ des sept semaines, on trouve que l'année 409-408, où elles aboutissent, fut également sabbatique.

Nous ne saurions, du reste, douter que quelques années après cette fête et à partir de la fin des sept semaines d'années, les Juifs n'aient eu une ville fortifiée et rebâtie, avec une constitution politique et une organisation extérieure imposante, qui devait en assurer la durée. Prideaux a cru que les sept premières semaines des soixante dix semaines se terminent à la dernière réformation de Néhémie qui, selon lui, serait arrivée la quinziène année du règne de Darius Nothus. Ewald et Winer ont supposé que l'homme éminent, associé parle Très-Haut à Esdras, vint à Jérusalem la douzième année de ce même roi (414-413 avant notre ère). Il serait ainsi resté absent pendant dix- huit ans. Nous croirions plutôt que Néhémie quitta la cour de Suse peu de temps avant la mort du roi. De sorte que l'expression' leqez yatnîm (à la fin des jours) signifierait que, peu après le congé définitif obtenu par Néhémie, Artaxerxès mourut. Cette date (4 24) ne nous conduit pas à la fin des sept premières semaines. Mais

il est certain, toutefois, que, à partir de la période dont nous venons de retracer l'histoire à grands traits, la ville de Jérusalem était rebâtie; dès cette époque, l'ancien royaume de Juda fut constitué en une sorte de république oligarchique, que présidèrent les souverains pontifes jusqu'à l'avènement de la famille asmonéenne. On peut même dire que, à partir de la première reconstruction des murs par Esdras, vers l'an 447, dix ans après son arrivée, Jérusalem — quoique n'étant pas encore entièrement sortie de ses ruines, mais cependant en partie rebâtie — pouvait passer pour une ville importante. Aussi, voyons-nous qu'Hérodote, qui voyagea en Palestine vers ce temps-là, trouve (III, 5), que « Kadytis, ville des Syriens appelés Palestiniens, n'est pas inférieure à Sardes » (Sapoîwv où tcoXXô IXaaaouç). La situation de Kadytis et ce que l'historien touriste en dit, ne peut s'appliquer qu'à Jérusalem. Le relèvement de cette ville avait dû faire du bruit, à cette époque, dans la Syrie et dans îa Phénicie. Le nom de Kadytis ou de « Sainte » (qaddis, saint) se retrouve, encore aujourd'hui, dans le nom de El Quods (la sainte), que les Musulmans donnent à cette ville. Nous avons placé le voyage d'Hérodote vers l'an 447 -, mais il peut se faire que cet historien ait inséré plus tard, dans son livre, des renseignements qu'il avait obtenus après son excursion en Palestine. On sait qu'il lut des fragments de sa composition au peuple d'Athènes, dans la dernière année de la quatre-vint-troisième olympiade, ou en 445 avant notre ère. Mais il s'agit là, évidemment, de la partie de cette histoire qui devait intéresser plus particulièrement les Grecs. Il est, d'ailleurs, reconnu aussi qu'il ne termina son livre que vingt-cinq ou vingt-huit ans après, entre 420 et 417. Certaines retouches datent même de 408, de l'année où finissaient les quarante-neuf années de la prophétie. Quoiqu'il en soit, du reste, du témoignage d'Hérodode relativement au sujet qui nous occupe ici, il n'en reste pas moins certain que, vers l'an 408, Jérusalem fut tenue pour une grande ville : aucun document ne nous permet de douter que la cité sainte ne fût rebâtie, à cette époque, et qu'elle ne fût pas regardée, depuis lors, comme une des plus considérables villes de l'Asie.

Objections de Wieseler. — Ce n'est donc pas sans motif que l'Ange sépare les sept premières semaines des soixante-deux semaines qui les suivent. L'envoyé céleste fait lui-même connaître le point de départ, la destination, ou le point d'arrivée des quarante-neuf années (vs. 25) : « les places (les grands espaces où venaient s'encadrer les maisons et les rues), et les murs

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