‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 148 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

divine de so:i ministère, l'acte divin qui le révéla au monde et qui mit le sceau à sa mission. Jean-Baptiste comprit si bien la portée de cet acte sacerdotal et messianique du Rédempteur, que, sous l'influence d'une inspiration divine, il s'écria à son aproche : « Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui porte (ou qui ôte, 6 al'pcov) les péchés du monde» (Jean, I, 29). Dès ce même instant, Jésus fut oint visiblement du Saint-Esprit qui descendit du ciel sur lui en forme de colombe (Matth., 111,16; Jean, I, 32), symbole de pureté et d'amour, et le Père lui donna publiquement sa mission, en faisant entendre ces paroles : a Celui ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances m ^Matth , III, 17; Luc, III, 22). On sait que l'onction avec de l'huile marque l'onction intérieure du Saint- Esprit. Ici, le signe sensible fut remplacé par l'action miraculeuse du Saint-Esprit qui donna, une marque extérieure de sa descente sur Jésus. Le Messie fut ainsi oint de la manière la plus parfaite, conformément à ce qui est prophétisé du Sauveur dans le psaume XLIV, 8 : « Tu as aimé la justice et haï l'iniquité ; c'est pourquoi ton Dieu, ô Dieu, t'a sacré d'une huile de joie, en une manière plus excellente que tous ceux qui j participeront avec toi. »

C'est la manifestation de cette onction que Jésus avait en vue lorsque, peu de temps après son baptême, se trouvant un jour de sabbat dans une synagogue et ayant offert de faire la lecture, il tomba sur un passage du rouleau d'Isaie (ch. LXI, 1) qui vise l'onction messianique, et qu'il s'appliqua à lui même. Les admirables lignes qui suivent, relatives à cet événement, se lisent dans l'Evangile de saint Luc (IV, 18 et ss.) : « Jésus étant venu un jour à Nazareth où il avait été élevé, il entra, selon sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue, et il se leva pour lire. On lui présenta le Livre du prophète Isaïe, et l'ayant ouvert, il trouva le passage où ces paroles étaient écrites : * L'Esprit du Seiqneur s'est reposé sur moi ; cest pourquoi il m'a consacré par son onction; il m'a envoyé pour annoncer l'Evangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour prêcher aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de leur vue, pour renvoger libres ceux qui sont accablés sous les fers ; pour publier l'année de la miséricorde et des grâces du Seigneur, et le jour auquel Dieu fera la rétribution. » Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et il s'assit. Tout le monde dans la synagogue avait les yeux arrêtés sur lui : et il commença à leur dire : « Ce que vous entendez aujourd'hui de vjs oreilles est l'accom-

plissement de cette parole de l'Ecriture. » Jésus donna donc du passage dTsaïe, dans un discours dont l'évangéliste cite la première phrase, une explication montrant que l'onction, mentionnée dans le texte prophétique, regardant le ministère évangélique, dont il se reconnaissait chargé. « Aujourd'hui, ce passage s'est accompli à vos oreilles. » Ce fut, en effet, aussitôt après son baptême que Jésus se manifesta comme Nagîd (conducteur, chef, guide, docteur, prince) et fondateur du royaume des cieux. Après avoir été oint comme Messie et comme Roi, et après une retraits de quarante jours, il commença à exercer le ministère évangélique. Roi d'un nouveau genre, prédicateur et missionnaire, il attira à lui les âmes et les conduisit dans la voie du Salut, en leur « prêchant l'Evangile du royaume de Dieu » (Marc, 1,14). Il nous reste à prouver que les soixante-neuf semaines venaient de finir à l'époque du baptême de Jésus.

Jésus fut baptisé et oint ou sacré la quinzième année du règne de Tibère, l'an 27 de notre ère et la première année de la soixante-dixième semaine. — La date de la manifestation de la qualité messianique en Jésus est indiquée dans l'histoire évangélique. Saint Luc (III, 1 , 2,3) nous apprend, en effet, en ces termes, l'arrivée de Jean-Baptiste sur les bords du Jourdain où Jésus vint le trouver : « L'an quinzième de l'empire de Tibère César... Jean vint dans tout le pays qui est sur les bords du Jourdain, prêchant le baptême du repentir... » L'évangéliste nous dit encore (vs. 21-53) : « Or, il arriva que tout le peuple recevant le baptême, et Jésus ayant aussi été baptisé, comme il faisait sa prière, le ciel s'ouvrit (Matth., III, 16, Marc, I, 10; Zan , I, 32)... Et Jésus commençait environ trente ans» (1). Ainsi, Jean vint dans la région du Jourdain dans la

(l) On a tort de dire que, d'après saint Luc., le saint Précurseur commença son ministère dans la quinzième année du règne de Tmère. C'est en vue du baptême de Jésus que l'Evangéliste précise l'année où la voix du Seigneur se fit entendre à Jean, retiré alors — en hiver — dans le désert, pour qu'il vint sur les bords du Jourdain prêcher le repentir et l'avènement prochain du « royaume des cieux». L'Evangéliste nous apprend ainsi que Jean-Baptiste fut inspiré d'En haut, cette année là, pour venir sur les bords du Jourdain au moment fixé dans les desseins de l'Eternel. Mais le texte ne dit pas que la Prédication de Jean n'avait pas commencé auparavant; Pour donner à cette prédication toute l'étendue que son grand effet suppose, il est nécessaire d'admettre que le ministère du saint précurseur avait été déjà inauguré quelques années avant l'an 15 de Tibère : rien ne nous oblige à resserrer cette pré-

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