‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 149 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

quinzième année de Tibère, et le baptême de Jésus eut lieu peu de temps après ; de sorte que, dans cette même année, au printemps, Jésus fut oint, déclaré Messie ou Christ et commença sa vie publique. L'évangéliste nous apprend donc que ce sacre de Jésus eut lieu dans la quinzième année du règne de Tibère et au moment où le divin Rédempteur « avait commencé environ trente ans». Ce sont là deux traits qu'il importe d'examiner •avec soin.

Double commencement de règne de Tibère : il s'agit du règne de ce prince continence lorsqu'il fut associé à remplie par Auguste. — Nous nous trouvons, en effet, en présence de deux commencements de règne pour Tibère : l'un quand il fut associé à l'empire par Auguste ; et l'autre lorsque, à la mort de ce dernier, il lui succéda pleinement. Tacite nous apprend qu'Auguste prit Tibère pour collègue dans Yimperium et qu'il partagea avec lui la puissance tribuni tien ne (Tiberiumab A ugusto assumptum collegam imperii, et consorlem tribunitiœ potestatis. — Annal., I, 3). Velleius dit qu'il reçut les mêmes droits qu'Auguste, et dans les provinces et dans les armées (Jus in omnibus provinciis exercitibusque esset, quam erat ipsi, lib. II, 121). Suétone déclare que, d'après une loi, il eût le droit d'administrer les provinces en commun avec Auguste : Lege, per consules lata, ut provincias cum Augusto cummuniter administraret censumque ageret {Tib., cap. 12). Par cette association à l'empire, Tibère partagea donc avec Auguste Vimperium, le puissance tribunitienne, le pouvoir proconsulaire dans les provinces ; le commandement des armées et le droit de faire le cens. Cette association eut lieu prés de trois ans avant la mort d'Auguste arrivée le 19 août de l'an 767 de Rome ou de l'an 14 de notre ère. On sait que Tibère fut associé à l'Empire, en octobre, l'an 764 de Rome ou l'an 11 de notre ère. Dès lors, la quinzième année de son règne commence en Tannée 779 U. C. ou l'an 26 de la même ère.

dication à une seule année, ou à deux ou trois ans au plus, à partir du baptême de Jésus. A cette époque, il avait eu le temps de prêcher et d'attirer «Jérusalem, toute la Judée et tout le pays des environs du Jourdain » (Matth., III, 5 ; Marc, 1, 5). On n'est pas non plus autorisé, d'ailleurs, à dire qu'il s'écoula un an depuis le moment où Jean vint prêcher le repentir, l'an 15 de Tibère, jusqu'au jour où Jésus vint se faire baptiser par son précurseur. Pour expliquer l'action produite par Jean, il n'est pas nécessaire de mettre l'intervalle d'une année entre son apparition sur les bords du Jourdain, à cette époque, et le baptême de Jésus : il suffit d'admettre que le ministère du précurseur avait déjà commencé avant cetle année-là.

L'année du triomphe de Tibère., lorsque, par décret du Sénat, il fut confirmé collega imperii, a donc pu très correctement être prise pour la première année du règne de ce prince. D'après Wieseler, on datait en Orient de cette année de l'association à l'empire (Chronologische Synopse der vier Evangelien, 1843). Sans doute les historiens profanes ont pu ne commencer le règne de ce prince que du jour de la mort d'Auguste, et il peut se faire que les médailles conservées de Tibère ne portent aucune mention de ce commencement de règne -, il n'en serait pas moins possible et vraisemblable que les Juifs, prenant le règne dans un sens rigoureux, aient commencé ce règne du moment du gouvernement que ce prince exerça du vivant d'Auguste : cette élévation à la dignité de collègue de l'empereur pouvait justement être prise pour le commencement du règne de Tibère : ce prince régnait, en effet, depuis ce moment; et il n'était pas besoin de distinguer s'il régnait seul ou associé. Les Juifs ont donc pu très bien compter le règne de Tibère à partir de son association à l'empire, et saint Luc a pu fort justement s'exprimer d'après cette tradition judéo-chrétienne. Dès son association, Tibère régnait. L'Evangéliste, inspiré par le Saint-Esprit, n'avait pas à se préoccuper des conventions chronologiques postérieures à l'événement, et à indiquer si ce prince régnait alors associé ou seul : il régnait depuis quatorze ans et quelques mois, au moment où Jésus fut baptisé. Telle est la réalité. Nous sommes donc en droit d'admettre que la date indiquée pour le baptême comprend les trois années du règne commun de Tibère et d'Auguste, et porte le point de départ de saint-Luc (15e du règne de Tibère) à l'an 779 de Rome ou l'an 26 de notre ère. Cette conclusion estencore démontrée par ce fait que Tertullien, qui n'a certainement pas voulu contredire saint Luc, dit que Jésus futbaptisé dans la douzième année de Tibère [Adv. Marc, I, 15). En cela, il ne corrige pas le texte de l'Evangile : il le confirme, au contraire, car, en comptant d'après l'empire absolu de ce prince, selon Tusage reçu en Occident, tandis que saint Luc a en vue sa corégence, ils arrivent l'un et l'autre au même résultat, savoir à l'an 26 de l'ère chrétienne. On s'explique ainsi comment le même Tertullien a pu dire que Jésus fut mis à mort l'an \o de Tibère, c'est-à-dire après trois ans de ministère commencés l'an 12. Il faut seulement reconnaître que l'illustre docteur s'est trompé lorsqu'il a rattaché les trentes années dont parle saint Luc à la datedel'an 4 5 de Tibère régnant seul et à la Passion de Jésus-Christ : Hujus (Tiberii) quinto decimo anno imperii possus est Christus annos habens

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