‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 152 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

que, aux alentours de Bethléhem, «dans la contrée», il y eut des bergers « veillant tour à tour sur leurs troupeaux » (Luc, II, 8). Il n'est pas dit que ces bergers dormaient en plein air ou que leurs troupeaux paissaient au milieu de la nuit. Les bergers savaient s'abriter dans des cabanes et se mettre à couvert des injures de l'air, et leurs troupeaux pouvaient aussi se reposer dans des barraquements construit à leur usage. Seulement il y avait toujours quelques bergers qui veillaient, à tour de rôle, pour préserver leur bétail et le défendre contre les surprises des animaux rapaces et des voleurs.

Une autre difficulté qui a porté quelques auteurs à avancer la naissance de Jésus et à le faire naître en 747, six ans avant l'ère vulgaire, n'est pas non plus de nature à infirmer notre thèse. Cette opinion a été adoptée par Sepp, et, tout récemment , Zumpft (Das Geburtsjahr Christi, Leipzig. 1869) a placé la naissance de Jésus du Christ à la fin de la septième année avant notre ère. On suppose, en effet, que les événements décrits dans les Evangiles à cette époque demandent bien un intervalle de deux ans entre la naissance de Jésus et la mort d'Hérode. Il n'est cependant pas difficile d'intercaler l'adoration des Mages, le départ de Joseph et de Marie à Bethléhem, la présentation au temple ; le massacre des saints Innocents et la fuite en Egypte, entre la naissance de Jésus fixée au 25 décembre 749 et la mort d'Hérode en avril 750.

Et d'abord, en ce qui concerne les Mages qui, conduits par une étoile mystérieuse, vinrent à Jérusalem et jetèrent cette ville et Hérode dans un grand trouble (Matth., II, *, 2), nous admettrons volontiers qu'il leur fallut du temps pour se concerter et pour faire leur voyage. Pour déterminer le temps qu'ils durent mettre en route, il faudrait savoir d'où ils venaient. Saint Mathieu se contente de dire qu'ils venaient de l'Orient. Quelques Pères croient qu'ils venaient de la Chaldée et d'autres optent pour la Perse ou pour l'Arabie. L'encens et la myrrhe qu'ils offrent au Roi nouveau-né indiquerait assez bien cette dernière contrée. Dans ce cas, il n'aurait pas fallu un temps très long pour faire le trajet qui les séparait de la Judée. Mais des recherches et des explications à ce sujet seraient fort inutiles. Il n'est pas nécessaire qu'il se soit écoulé un temps considérable entre la naissance de Jésus et l'arrivée des Mages : ils ont dû voir l'étoile et se mettre en route quelques mois, ou du moins un temps suffisamment long, avant la naissance du nouveau Roi des Juifs, •et arriver à Bethléhem peu de temps après ce merveilleux événe-

ment. Joseph et Marie ne restèrent pas, en effet, longtemps dans l'étable de Bethléhem. Trois ou quatre jours, une dizaine de jours, en plaçant l'Epiphanie le 6 janvier, suffiraient pour permettre aux Mages d'arriver et d'adorer le divin enfant. Le départ de la sainte famille de Bethléhem, la présentation au temple, dans le temps marqué par la loi, et le départ pour l'Egypte ne demandèrent pas plus d'un mois, et purent avoir lieu dans les premiers jours de février. Mais déjà, vers le milieu ou vers la fin de janvier, Hérode put apprendre que les Mages étaient retournés dans leur pays sans lui donner les informations qu'il en attendait , et il n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour faire périr tous les enfants de Bethléhem nés depuis deux ans. On ne saurait, d'ailleurs, conclure de cette mention de deux ans que Jésus était né depuis deux ans. Si le massacre fut étendu à tous ceux qui étaient nés dans cette période, c'est qu'Hérode voulait être certain de comprendre le nouveau Roi des Juifs parmi les morts. Il n'est pas permis d'en conclure que Jésus- Christ était né deux ans au moins avant la mort d'Hérode, six ans avant l'ère vulgaire. Hérode put donc mourir deux ou trois mois après cet horrible forfait.

D'autres chronologistes ont eu le tort de pécher par un excès contraire, et de reporter la mort d'Hérode, non à l'année 750, mais à l'an 753 ou 754 de Rome (Riess, par exemple, fait mourir Hérode en 753 et naître le Christ en 752) (Das Geburtsjakr Christi, 1880) ; de sorte que la premier janvier 753 serait le Nullpunkt de l'ère chrétienne. Denis le Petit avait cru déjà, au vie siècle, pouvoir donner l'an 754 U.C. comme la date de la naissance du Christ. Il a fait ainsi commencer l'ère de l'Incarnation à l'an 754 de Rome (décembre 763), Mais les chronologistes n'ont pu s'empêcher de reconnaître que cette ère dionysienne, adoptée comme ère chrétienne, retarde de quatre ans. La chronologie de Denis ne s'accorde ni avec les données de saint Luc ni avec celles de saint Mathieu (1).

Comprenant très bien qu'on se bute ainsi contre les textes, de Saulcy a cru pouvoir suivre une autre voie. Mais elle est tout aussi mauvaise que la précédente. Très versé dans tout ce qui

(1) Ne portant pas assez leur attention sur la date de la mort d'Hérode et sur le texte de saint Luc, les Pères n'ont pas indiqué une date uniforme pour la Nativité. Quelques-uns (Irénée, Tertullien) ont adopté la quarante-unième d'Auguste, ou l'an 751 après la fondation de Rome, comme celle de la naissance de Jésus-Christ. D'autres (Clément d'Alexandrie, Eusèbe, Epiphane, Orose) tiennent pour l'an 752.

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