‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 153 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

touche aux antiquités juives, c'est écrivain très érudit n'ayant pas eu de peine à constater que, d'après saint Mathieu, la mort d'Hérode n'a dû arriver qu'après la naissance de Jésus-Christ, a trouvé qu'il était bien difficile d'admettre que la naissance du Sauveur ait eu lieu du vivant de ce prince. La raison qu'il donne pour retarder cette naissance est que « la tradition constante veut que Jésus soit mort à Page de 33 ans. u Or, dit-il, « il est facile de démontrer que la date de sa passion est le 3 avril de l'an 33 de l'ère chrétienne. » Il conclut de ce rapprochement que Jésus-Christ naquit « sous le règne d'Archélaùs, qui sur ses monnaies ne porte que le nom d'Hérode tétrarque. » [bept siècles de l'hist. jud., p. 266). D'après ce savant archéologue, « ce serait précisément l'identité des noms de ces souverains qui aura causé la confusion qui attribue à Hérode Ier, dit le Grand, des faits qui ne peuvent concerner que son fils Hérode Archélaùs » (Ibid.). Mais il est facile de voir que ce raisonnement repose sur une base bien peu solide. C'est, en effet, sans fondements que de Saulcy regarde comme certain que le Christ mourut à 33 ans. Il n'y a aucun texte de l'Ecriture, aucune tradition de l'Eglise qui donne une valeur dogmatique à l'opinion qui attribue à la vie de Notre-Seigneur une durée de 33 ans. Saint Clément d'Alexandrie (I Strom.) a cru que Jésus-Christ vécut quinze ans sous Augusto et quinze ans sous Tibère, qu'il avait environ 30 ans lorsqu'il fut baptisé, qu'il ne prêcha que pendant un an et qu'il mourut à l'âge de 30 ans. Tertullien paraît avoir admis que le divin Sauveur mourut âgé d'environ 30 ans. Saint Irénée enseigne que le divin Maître avait, lorsqu'il mourut, près de cinquante ans (lib. II, chap. 22). On n'a donné, du reste, à la vie de Jésus-Christ une durée de 33 ans, qu'après avoir supposé que son ministère, depuis son baptême jusqu'à sa mort, n'a duré que trois ans ou trois et demi. Mais les textes Evangôliques nous montrent que Jésus ayant dû naître à la fin de l'an 5 avant notre ère, et mourir l'an 33 de cette ère, a vécu 36 ans et environ trois mois. Ainsi l'opinion de de Saulcy ne repose pas sur une donnée qui s'impose et qui nous force à transférer les faits rapportés par saint Mathieu (la naissance de Jésus, l'adoration des Mages et le massacre des saints Innocents) au règne du fils d'Hérode.

Concluons donc des prémisses fournies par les textes que Jésus-Christ commençait environ 30 ans l'an 27 de notre ère, et qu'il est né vers la fin de l'an 749 de Rome ou, en d'autres termes, quatre ans avant notre ère. Nous ne sommes donc pas, au s<ujet de Tannée précise où Notre-Seigneur est né, dans une ignorance

aussi complète que divers critiques sembjent le croire. Nous pouvons tenir pour certain, qu'il naquit, au plus tard, vers la fin de l'an de Rome 449 et, au plus tôt, à cette même époque. Cette date est fixée par la mort d'Hérode et par le texte de saint Luc.

Nous pouvons, dès lors, montrer le rapport de la prophétie de Daniel avec l'histoire. Le commencement du ministère messianique de Jésus est fixé à la quinzième année de Tibère, associé à la souveraine puissance (en octobre 764) et, par conséquent, à l'année 779 de Rome, c'est à dire à l'an 26 de notre ère. C'est dans cette année que Jésus reçut l'onction du Saint-Esprit et commença la prédication et l'établissement du royaume des cieux. Or, cette année vingt-sixième de notre ère coïncide précisément avec la première année de la soixante-dixième semaine de Daniel, de sorte que l'avènement du règne messianique s'accomplit au bout des soixante neuf semaines. Le baptême ou le sacre de Jesus-Christ est donc une époque certaine, marquée par Daniel. La prophétie nous a fixé d'avunce l'époque où le Messie paraitrait. Au printemps de l'an 26 commença à se manifester le nouveau Roi des Juifs, dont une étoile miraculeuse avait annoncé la naissance (Matth., II, 2). Au moment de son incarnation, l'Ange Gabriel avait dit de lui à Marie : « Il sera grand etil sera appelé le Fils du Très Haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il régnera éternellement surla maison de Jacob » (Luc, I, 32) ; et dans la nuit de sa naissance, un ange du Seigneur s'étant présenté, environné de lumière, aux bergers qui veillaient dans les champs à la garde de leurs troupeaux, leur avait annoncé la Bonne-Nouvelle en ces termes : « Il vous est né aujourd'hui un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc, II, 1 i ). Ce sont ces qualités d'Homme-Dieu, de Messie et de Chef, donmées dans les prophéties de Daniel au Roi du cinquième empire, qui furent manifestées dans la personne de Jésus au moment de son baptême.

Jésus a , pendant une semaine , noué et fortifié une alliance avec un peuple nombreux, fondé le royaume messianique, l'Eglise chrétienne, et à la fin de cette semaine, il a donné sa vie pour l'humanité, faisant ainsi cesser, par son sacrifice, le culte figuratif de l'ancienne loi. — Il nous reste à porter notre attention sur la dernière semaine, la semaine messianique, la semaine des grands mystères. Nous avons vu le tableau qu'en en tracé l'ange Gabriel, et nous avons pu connaître, d'après le parallélisme des versets 26 et 27, les événements essentiels de cette semaine. L'Ange nous apprend d'abord que

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