CHAPITRE IX
position et il y fit aussi des disciples. Son séjour et son apostolat en Judée dura jusqu'à l'emprisonnement de Jean-Baptiste. Saint Mathieu nous apprend, en effet, que « Jésus ayant appris que Jean avait été mis eu prison, se retira dans la Galilée » (IV, 18; cfr. Marc, I, 14). Cette province devint alors le principal théâtre de son ministère, et à partir de cette époque il revint à Jérusalem pour quelques fêtes de Pâques, jusqu'à ce que l'heure étant venue et son œuvre étant achevée, il alla de luimême au-devant de la mort. La première Pâque dont parlent les Evangélistes ne suivit donc pas immédiatement le baptême de Notre-Seigneur, et nous pouvons très bien admettre qu'il ne prêcha que trois ans et demi en compagnie de ses apôtres. Mais nous devons reconnaître aussi que la période qui s'étend depuis le baptême de Notre-Seigneur au commencement de l'an 26, jusqu'à son retour en Galilée, n'a pas été décrite. Cependant, du baptême de Jésus, dans l'année 26, à sa mort, l'an 33, il s'est écoulé sept ans. Il reste à rendre compte d'une période de trois ans ou trois et demi. Or, rien n'est plus simple que d'admettre que pendant ce temps Jésus ^vangélisa la Judée. Jérusalem devait, en effet, être le principal théâtre de la mission divine du Sauveur.
Les exégètes qui admettent que le ministère de Jésus n'a duré que trois ans et demi, n'ont expliquée que d'une façon bien imparfaite comment Jésus a confirmé l'Alliance pendant une semaine. Prideaux suppose que Jean-Baptiste et Jésus-Christ ont rempli successivement cette période de leurs appels à la repentance et à l'entrée dans le royaume des cieux. Mais c'est le ministère même de Jésus-Christ qui a dû avoir une durée de sept ans, depuis l'an 26 jusqu'à l'an 33. D'autres commentateurs ont pensé que les trois ans et demi peuvent aller depuis l'Ascension jusqu'à l'époque où Pierre reçut l'ordre divin de faire participer les Gentils à la nouvelle alliance (Actes, X, II) ou jusqu'à la vocation de saint Paul, parce qu'il dit : « Après 3 ans, je suis revenu à Jérusalem (Gai. 1,18) ; et que, après ce retour, il reçut l'ordre d'aller aux Gentils (Act. XXII, 17-21). Mais on étend ainsi la semaine au-delà du temps fixé, et, outre que ce temps surajouté aux soixante-dix semaines ne peut être évalué d'une façon précise et qu'on néglige le trait caractérisque de la fin de la dernière semaine, on ne s'accorde pas avec les textes qui fixent le baptême de Jésus à l'an 26 et sa mort à l'an 33. Nous ne pouvons donc limiter à trois ans et demi la vie publique du Sauveur : elle a duré sept années ou une semaine d'années qui
se terminent à son crucifiement ou à son immolation sur le Calvaire- Il est juste de reconnaître, toutefois, que nous avons encore à prouver que Jésus fut crucifié au mois d'avril de Pan 33 de notre ère, année qui marque le terminus ad quem des soixantedix semaines.
La semaine dans laquelle Jésus fonda son royaume ou son Eglise — semaine qui coïncide avec la soixante-dixième semaine de Daniel — aboutit à la veille de la Pàque juive, un vendredi, trois avril, de l'an 786 de Rome ou de l'an 33 de notre ère, terme final des soixante-dix semaines prophétiques qui sont ainsi accomplies à la lettre. — En partant de l'an 458-457, les soixante dix semaines ou les quatre cent quatre-vingt-dix ans nous conduisent à l'an 32-33, époque où le Messie devait être retranché. La prophétie donne donc comme date de cette mort de l'Oint ou du Christ la trente-troisième année de notre ère. Pour vérifier l'accomplissement de cet oracle, il nous suffira donc de montrer que Jésus, manifesté et oint comme Messie en l'année 26, fut mis à mort dans l'année33. C'est ce que nous allons faire en précisant, d'une façon toute mathématique, l'année et le jour de la mort de ce divin Rédempteur. Tostat, au xve siècle, a indiqué la voie qui va nous permettre de découvrir le moment où le sacrifice de l'Homme-Dieu fut accompli. Il faut d'abord suivre les données des Evangiles relatives au jour de la mort de Jésus. Nous apprenons ainsi que Jésus mourut un vendredi, veille de la Pàque ou le 14 de la lune de mars. Nous n'avons ensuite qu'à consulter les Tables astronomiques, afin devoir à quelle année cette veille de Pàque ou le i4 Nisan est tombé un vendredi. Ainsi, il n'y a qu'à trouver vers le temps de la mort du Sauveur une année ou la Pàque se rencontre dans ces conditions ; et si nous ne trouvons qu'une année qui ait, à cette époque, un vendredi 14 du mois de Nisan ou de la lune de Mars, nous ne nous tromperons pas en disant qu'elle est celle en laquelle Jésus fut immolé.
Nous aboutissons ainsi à l'an 33 de l'ère chrétienne.
Et d'abord, il est certain que tous les documents s'accordent à affirmer que Jésus fut crucifié le 1 4 de Nisan, le veille de Pâques, qui commençait le 14 au soir de ce mois et durait jusqu'au 15 au soir. C'était le jour de la préparation de la fête de Pâques. L'Evangile de saint Mathieu (XXVII, 62) appelle le jour du crucifiement a la préparation » (Vj TcapaaxeuïJ), comme saint Jean (XIX, 14, 31, 42), La tradition talmudique atteste aussi « que Jésus fut pendu la veille de Pâques » (Sanhédrin, 43 a). Le