‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 158 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

l'exacte supputation des temps, mais aussi sur l'explication naturelle des textes, d'après laquelle nous ne pouvons nous empêcher de constater que les caractères du Messie y sont indiqués d'une façon qui ne saurait convenir qu'à Jésus-Christ. Il ne nous est pas loisible de traiter ici ce sujet en détail : ce serait la matière d'un ample volume. Quelques mots suffiront pour examiner et conférer, de point en point, l'événement sur la prophétie, et pour montrer qu'il est impossible — tant la réalité est fidèlement peinte dans le tableau — de ne pas reconnaître Jésus, notre divin Sauveur, aux traits particuliers qui ont été prédits dans le livre de Daniel.

Victime expiatoire, Jésus consume le péché, amène Justice éternelle, scelle Vision et Prophète et reçoit l'onction qui le manifeste comme Saint des Saints. — La prophétie nous apprend d'abord que toute prévarication sera expiée -, que Justice éternelle viendra sur la terre, que Vision et Prophète seront scellés, et que Saint des Saints recevra l'onction sacrée. Ces bénédictions du verset 24 sont mises en rapport avec l'Oint mentionné dans le verset suivant qui réalisera les promeses ou qui en sera la cause efficiente. L'Ange nous offre ainsi, en effet, une description de l'œuvre du Messie ou de l'œuvre du salut. Or, ce premier verset de la prophétie messianique convient on ne peut mieux à Jésus-Christ, et il explique si nettement les effets de son incarnation, que Daniel n'aurait pu les mieux décrire quand môme il eût vécu à l'époque de la venue de l'Homme-Dieu. L'Ange nous le dépeint expiant le mal, détruisant l'empire du péché, inspirant la sainteté aux hommes et accomplissant tout ce que les prophètes avaient prédit de Lui. Depuis la promesse contenue dans le protévangile (Genèse, III), la rémission et l'absolution du péché avaient été toujours regardées comme une des œuvres propres de l'époque messianique, et tous les prophètes avaient annoncé cette rédemption merveilleuse (Deutér., XXXII, 43, Isaïe, XLIII, 2fi -, Jérém., XXXI, 34; L, 20-, Ezéch., XXXIII, 4 6; XXXVI, 25). Cette vertu expiatrice des souffrances du Messie est si bien indiquée dans notre chapitre IX et dans Isaïe (ch. LUI) que, dans le Talmud {Traité sanhédr., fol. 93 recto), un docteur juif enseigne que « Dieu a chargé le Messie d'autant de douleurs et de souffrances qu'une meule est chargée de grains de blé. » Or, c'est dans la personne de Jésus que cette prophétie s'est trouvée accomplie (cfr. p. 905, 906, \ 002) ; et Jean-Baptiste avait en vue cet événement lorsqu'il représentait Celui qui, au temps de son baptême, reçut l'onction

du Saint-Esprit comme l'Agneau de Dieu qui porte et qui ôteles péchés du monde. Jésus apparaît, en effet, comme « étant venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc, XIX, 10; il remet lesjpéchés aux hommes (Jean, XXXIX, 1 ; Act.., X, 43; XIII, 38; Epit. aux Coloss., II, 12). Du côté de Dieu, par le sacrifice de la croix, le péché a pris fin, et pour continuer l'œuvre de la rémission des péchés, Jésus a établi des sacrements, cause de cette rémission des péchés. De sorte que l'apôtre saint Jean a^pu^attester en ces termes la délivrance du péché, la voie de la régénération et de la réconciliation ouverte par Jésus : « Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui, ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle» (Jean, III, 16). C'est pourquoi, sur la croix, Jésus souffrant et pensant à l'œuvre qu'il a concertée avec le Père céleste pour soustraire à la condamnation la race coupable des enfants d'Adam, a pu très justement s'écrier, en expirant, que cette œuvre est accomplie : le genre humain était racheté. Les mérites infinis des souffrances de l'Homme-Dieu servirent de propitiation pour l'iniquité, expièrent et consumèrent le péché-

Par sa présence, Jésus amena aussi Justice éternelle ou le Juste éternel, qui "s'est sacrifié|pour satisfaire à la justice divine, et que l'Ange indique comme l'auteur de l'expiation du péché (voy. p. 909). Jésus avait si bien conscience d'être réellement « Jéhovah notre justice » ou le juste par excellence, qu'il s'identifiait lui-même avec la justice éternelle : « Heureux, disait-il à ses disciples, ceux[qui sont persécutés à cause de la justice... Vous serez heureux quand on vous aura injuriés et persécutés et qu'on aura dit toute sorte de mal à cause de moi... » (Matth., V, 40-11). Aussi voyons-nous qu'il est appelé le Saint et le Juste (Luc, I, 35; Ep. aux Rom., III, 26 ; I; Ep. aux Corinth., I, 30). Inspiré de Dieu, saint Pierre ne craignait pas, en effet, de dire aux Juifs : « Vous avez renié le Saint et le Juste » (Act., III, 1 4). En comparant enfin les prophéties messianiques et les récits évangéliques, on ne peut^manquer de voir que la vérité de toutes ces prophéties^éclate dans Jésus et qu'il scelle réellement «Vision et Prophète» (voy. p. 911): les diverses circonstances de sa vie accomplissent et mettent le sceau aux prophéties qui concernaient le Messie (Matth., V, 17, Epît. aux Rom., X, 4, etc.).

Jésus est l'Oint Saint des Saints, le Messie ou le Christ. — Le Messie prophétisé doit être « Oint Saint des Saints », et il est désigné par deux fois (vss. 24, 25) par son vrai nom d'Oint ou de Christ. Or, nous voyons que Jésus est apparu dans lfr

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