‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 159 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

monde comme le Saint de Dieu. A sa naissance, il est déclaré « Saint » , l'ange Gabriel dit que le « Saint » qui va s'incarner sera appelé Fils de Dieu (Luc, 1, 35). L'expression « Le Saint » devient son titre (Actes III, 1 4 ; XXVII, 30 ; I -, s. Jean, II, 20 ; Ev. de s. Jean, X, 36; XVII, 19). D'un autre côté, l'onction est le signe de l'opération sanctifiante, et nous savons que la sainte humanité de Jésus reçut cette onction lorsqu'elle fut unie hypostatiquement avec le Verbe de Dieu. C'est cette onction sacrée que l'ange Gabriel reçut mission d'annoncer à Marie : « Le Saint-Esprit surviendra en toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre; c'est pourquoi le Saint qui naîtra de toi sera appelé le Fils de Dieu » (Luc, I, 35). Cette onction fut manifestée au baptême de l'Homme-Dieu (voy. p. 1003; Act., IV, 27); et saint Pierre, faisant allusion à cette onction, dit : « Vous savez comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de la vertu de Dieu Jésus de Nazareth » (Actes, X, 38). C'est cette onction qui le constitue Oint au Messie. Aussi voyons-nous que Jésus est appelé l'Oint, le Messie, le Christ par excellence. Ainsi le personnage annoncé par Daniel est nommé Messie ou Christ ; et il est facile de voir que c'est le nom qui a été constamment donné à Jésus de Nazareth (voy. Matth., XXVII, 22; Actes, IV, 26, 27; Epît. aux Héb., I, 8, 9). Il convainquit ses disciples de sa messianité et de sa qualité de Fils de Dieu. Il est certain, en effet, qu'il a affirmé sa qualité de Messie -, qu'il l'a confirmée par des miracles, et qu'il a été et est reconnu comme l'Oint, le Messie par antonomase (Matth., I, 16 ; XVI, 16 ; XVII, 17, 22, XXII, 42; Marc, VIII, 29; XV, 32; XXIII, 2-, Luc, II, 11 ; IV, 41 -, IX, 20 ; Jean, I, 17, IV, 25 et ss.; VI, 70; VII, 26 etss.; IX, 22; X, 27; et dans les Actes et dans les Epîtres). C'est parce qu'il a été universellement connu sous cette dénomination que ses disciples sont appelés chrétiens.

Jésus est le Christ Chef ou le Messie-Roi — L'Oint est aussi appelé Christ-Chef, et cette expression convient parfaitement à Jésus-Christ. L'onction l'a constitué roi théocratique, dominateur d'Israël, chef et maître des nations. En prenant le mot nagîd dans le sens de a prince », on peut y voir une proclamation de la royauté du Messie. C'est cette royauté que l'ange Gabriel déclare appartenir à Jésus, lorsqu'il dit à Marie, en parlant de ce divin Sauveur : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père : il régnera éternellement sur la maison de Jacob » (Luc, I, 32). Jésus se révèle, en effet, comme le fils de David, et il se laisse donner ce titre (Matth., XX, 31;

XXI, 9). A la vue du miracle de la multiplation des pains, la foule vient le conduire à Jérusalem, pour le proclamer roi (Jean, VI, 15). Il y avait là un réveil et un écho des espérances d'un messianisme politique, et Jésus ne donnait pas à sa royauté cette signification trop étroite et trop vulgaire (Jean, XVIII, 36) : il ne voulait pas d'une royauté semblable à celle des rois de ce monde ; et il ne se proposait pas d'établir le royaume de l'avenir, le royaume des cieux, le royaume messianique, par les armes, comme Alexandre et comme les Césars, mais par le renouvellement moral du cœur de l'homme. Toutefois, pour bien montrer qu'il était bien le Messie-Roi, le Roi des Juifs, à la veille de sa Passion, au moment de son entrée à Jérusalem, il se laissa saluer par le peuple comme le fils de David, comme le roi messianique; et il attesta lui-même sa royauté, lorsqu'il répondit à Pilate qui lui demandait s'il était roi : « Tu l'as dit ; car je suis Roi .» (Jean, XVIII, 37; Matth., XXVII, il, etc.). Aussi voyons nous que le procurateur romain était plus inspiré de Dieu qu'il ne le pensait, lorsqu'il fit attacher au-dessus de la croix de Jésus une inscription en trois langues, dans laquelle ce divin Sauveur était appelé « le roi des Juifs. » Le Juste crucifié n'en était pas moins, en effet, le Roi de ce peuple qui l'avait renié, et c'est pourquoi, malgré les Juifs, le titre de « Roi des Juifs » fut maintenu au Seigneur Jésus (Matth., XXVII, 37-, Marc, XV, 26; Luc, XXIII, 38). Quoique « retranché », il n'en est pas moins le Roi messianique, le Chef d'un peuple nouveau (Matth., II, 4-6); il n'en est pas moins, en droit et en fait, la petite Pierre, le Fils d'homme, le dominateur du monde. Ce roi conspué et crucifié, que l'ambitieux Romain ne regardait qu'avec mépris, règne aujourd'hui sur un empire qui s'étend bien au-delà de l'empire romain : Jésus règne sur la terre entière, et il est plus grand, dans son humble ministère et sur la croix ignominieuse, que David et Salomon sur leur trône. Lorsqu'il envoya ses apôtres dans tout l'univers, il a pu leur dire : « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et dans la terre; allez donc et instruisez tous les peuples... » (Matth , XIX, 4 8, 19.) Saint Paul a parfaitement décrit, dans son Epître aux PhiliLjpiens (ch. II, 9 et ss), cette royauté de Jésus-Christ, en disant de lui : Deus exaltavit illum et donavit il 1 i nomen quod est super omne nomen : ut in nomine Jesu omne genu flectatur cœlestium, terrestrium et infernorum, et omnis lingua confiteatur quia Dominus Jésus in gloria est Dei Patris.

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