‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 164 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Silence de Josèphe sur les espérances messianiques de ses compatriotes et son témoignage relatif à Jean-Baptiste et à Jésus-Christ. — On sait assez, du reste, que, pour ne pas effaroucher les maîtres du monde, Josèphe passe systématiquement sous silence les croyances messianiques des Juifs de son temps. Ainsi en mentionnant Jean-Baptiste, il passe sous silence le

Mais les suites firent voir qu'elles étaient très véritables. Ces scélérats furent les exécuteurs de ce que chacun savait avoir été dit, il y avait si longtemps, qu'ensuite d'une très grande division Jérusalem serait prise, et qu'après que ceux qui étaient les plus obligés de révérer le temple de Dieu l'auraient profané, parleurs exécrables impiétés, il sera brûlé et réduit en cendres, par ceux à qui les lois de la guerre permettaient d'user de leur victoire comme il leur plaisait. » En s'exprimant ainsi et en attestant que la prophétie du ch. IX de Daniel avait en vue la ruine de Jérusalem sous Titus, Josèphe n'a fait que nous transmettre l'exégèse traditionnelle que les docteurs juifs faisaient de ce texte si important. C'est ainsi que Rosenmùller n'a pu s'empêcher de reconnaître, dans le passage suivant, queles contemporains de Jésus étaient persuadés que cet oracle de Daniel se rattachait à la destruction de Jérusalem par les Romains : Judaeis Jesu coeevis fere persuasum fuisse, hoc Danielis vaticinio, reipublicœ Judaïcœ per Romanos eversionem prsesignificari, patet inde, quod Josephus Antlqq. L. X. Cap. 11. §. 7. hœc dicit : AavûjXoç /ai 7csp£ xrjç twv fPu);j.auji>v ï)y£[j.oviaç àvsypa'|c, xa\ 8xi ut:' aùxSv Ip7]u.to0r]asxai. Daniel et de Romanorum imperio scripsit-, et magnam ab illis castitatem illatum irl nostris rébus. Ad eam vero nullum aliud in Danielis libro vaticinium referri potest, quam quod duobus extremis Capitis IX. Versibus legimus. Neque Josephi tantum et paucorum nonnullorum, sed vulgo tune receptam de vaticinio hoc sententiam illam fuisse, ostenditalius Josephi locus Bell. Judaic. L. IV. Cap. 6. § 2., ubi de Zelotis : trjv -/.axa X7jç -axpcoo; TCpoçrjTefav xéXou; y^tWav, 7]v yàp 07] tiç ;:aXaib; X6yoç àvôpwv, è'vOa x6xs X7]V tcôXiv àXa)S£aOat, /où /axaoXsyr|asaOai xà ayia vdpiio JîO'Xé{XGU, cxaaiç làv xaTaaxïtyï)-, xat /etpsç or/.srai Tcpojxiàvwat xb xou 6sou xs;j.svoç. oiç oux à^iaxrjaavxsç oî ÇrjXcoxa^ Staxbvouç lauxouç ETiloocrav. Effecerunt, ut proplietla, quœ adoersus patriam concepta, exitumsuum sortiretur. Vêtus enimmrorum

sermo q n eral, tum urbain captura iri, et loca sanct'a confla-

gratura jure belli, ubi seditlo incascrit, et indegenarum manus poilu '.ratum Deo locum. Qui bus llcet-fidem non detraherent

Zelotn', ipsi tamen se àarum rerum ministros prœbuerunt. Ad quem locum rente animadvertit Hudsonus, consentiente Relando, -aXaibv illiiin Xoyov àvSpwv esse ^axpoTcapdôoxov quandam expositionem vaticinii Danielis IX, 26. 27. Hanc de oraculi ambitu a majoribus traditam sententiam retinent Judsei recentiores, etsi aquotempore numéral d int septuagintœ illœ hebdomades, inter se dissideant. tituitur quidem illarum initium Vs. 25. edictum quoddam

caractère messianique de la prédication de « cet homme de bien. » «C'était, dit-il (Ant.jud., XVIII, V, 2), un homme d'une grande piété, qui exhortait les Juifs à embrasser la vertu, à exercer lajustice et à recevoir le baptême, après s'être rendus agréables à Dieu, en ne se contentant pas de ne point commettre quelques péchés, mais en joignant la pureté du corps à celle de l'âme. » Il est vrai aussi que, après avoir rendu compte du gouvernement arbitraire de Pilate et des troubles qui en résultèrent, cet historien a parlé de Jésus qu'il dit avoir été le Christ, mais il a soin de ne donner à ce titre aucune signification politique. « En ce temps-là, dit-il, était Jésus, qui était un homme sage, si toutefois on doit le considérer simplement comme un homme, tant ses œuvres étaient admirables. Il enseignait ceux qui prenaient plaisir à être instruits de la vérité, et il fut suivi non-seulement de beaucoup de Juifs, mais de beaucoup de Gentils. C'était le Christ (6 Xpuxbç ouro; ?]v. — Saint Jérôme a imparfaitement rendu ce passage: credebatur esse Christus. — Cat. Scrip. eccles. c. 13). Des principaux de notre nation l'ayant accusé devant Pilate, il le fit crucifier.. Ceux qui l'avaient aimé pendant sa vie ne l'abandonnèrent pas après sa mort. Il leur apparut vivant etressucité le troisième jour, et fit plusieurs autres miracles, comme les saints prophètes l'avaient prédit. C'est de lui que les Chrétiens que nous voyons encore aujourd'hui ont tiré leur nom » [Ibid., liv. XVIII, III, 3). De Saulcy dit à propos de ce récit relatif à Jésus-Christ : « Un passage très curieux de Josèphe en parle, et semble donner raison à ceux qui voudraient admettre que l'historien des Juifs embrassa le christianisme. Il est vrai que l'on a déclaré sans façon que ce passage était apocryphe et l'œuvre d'un interpolateur probablement récent. Il est fâcheux que cette assertion soit démentie par l'existence de textes empruntés à Hégésippe et à Eusèbe, qui mentionnent en termes fort précis et copient même le passage incriminé de Josèphe » [Sept siècles de V histoire Judaïque, p. 277). Le motif qui a porté quelques écrivains à suspecter et à rejeter l'authenticité de ce passage ne provient que du sens exagéré qu'ils lui donnent : ils supposent que l'historien juif aurait re-

(12'T të3?b) de instaurandaurbe, sed quodnam illud sit, dissentiunt (in Dan. Cap. IX, p. 313, 314). Il importe peu que les Juifs d'une époque postérieure aient été divisés au sujet du point de départ des semaines. Il n'en est moins vrai, comme Rosenmtiller le constate, que, au premier siècle de notre ère, l'interprétation traditionnnelle rapportait cette prophétie à l'époque où Jésus-Christ apparut et où il a fondé son Eglise.

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