‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 169 sur 318 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

assis sur le trône de David et traitant la ville sainte comme une ville païenne. A côté de cette allusion à Hérode (ps. 17), on trouve exprimé, dans ce même psaume, un désir ardent du Messie et du règne de Dieu (1).

L'Assomption de Moïse aurait été écrite peu de temps après le règne d'Hérode. Toutefois, Hilgenfeld a essayé de la rattacher au règne de Claude ou peu de temps après, de l'an 44 à l'an 64 de notre ère. Moïse dit, dans ce livre, que, depuis sa mort jusqu'au temps où Dieu punira le Gentils et glorifiera Israël (ch. X, 29), il s'écoulera 250 « temps. » Hilgenfeld entend, par ces « temps, » des semaines d'années et obtient ainsi 4250 ans pour la durée du premier âge (Mess. Jud , p. 468). Mais d'après les cbronologistes qui mettent la mort de Moïse à l'an du monde 2553 ou à Tannée 1451 av. J.-C, nous aboutissons à l'année 4,004. C'est une autre façon d'aboutir au cinquième ou au septième millénaire, c'est-à-dire au commencement de la période messianique, à l'époque où naquit Jésus-Christ (voy. page 1147).

Il y a aussi dans Le livre d'Hénoch des discours intitulés Similitudes (ch. XXXVII-LXXI) où le Messie est fréquemment mentionné. Il est appelé neuf fois le Fils de l'homme, une fois le Fils "d'homme, une fois le Fils de femme, une fois l'Oint, une fois le Juste et douze fois l'Elu. Ce Messie existait avant que le monde fut créé et il existe dans le sein du Père d'éternité en éternité. Si ce livre n'offrait pas des traces d'interpolation, on pourrait voir, dans ces passages, un écho du livre de Daniel et de l'opinion générale chez les Juifs vers la fin du second siècle avant notre ère (2). Quant au temps indiqué par ce livre, on trouve

(1) On ne doule pas que ces psaumes ne proviennent d'un même auteur. Ewald et Dillmann tiennent pour certain qu'ils ont été écrits en hébreu. Hilgenfeld croit cependant qu'ils proviennent d'un original grec composé en Egypte. Drummond les attribue à un Juif palestinien forcé de quitter sa patrie et réfugié en Egypte (loc. cit. p. 134). Ewald, Œhler et Dillmann en font remonter la composition au temps d'Antiochus Epiphane, en 170 av. J.-C. D'un autre côté, F. C. Movers (Kirchcn-Lcxicon, de Wetzer et Welte, 1847-66, art. Apokryphen-Literatur), Hilgenfeld (Messias Jud.), Keim (Gcsch. Jesu, I, p. 243), Schùrer (Neutcst. Zcitgesch., p. 141etss.) et d'autres critiques les rattachent à la période qui suivit la prise de Jérusalem par Pompée, l'an 63.

(2) Dillmann avait cru d'adord (Das Buch Enoch, Einleit., p. 1 — XXXIV) que ce livre provient d'un seul auteur et qu'il avait été interpolé. Puis, il a admis, avec Ewald, deux ou trois auteurs. Tout l'ouvrage serait antérieur à l'ère chrétienne, parce qu'il n'y est pas

qu'il y est question de soixante-dix bergers auxquels la charge du troupeau israëlite est confiée, et le même nombre indique la durée de l'histoire du monde jusqu'au jugement final. D'après GÔfrrer, chaque génération comprendrait 100 ans. Nous arriverions ainsi à la limite des sept mille ans que des Juifs donnent au monde (voir p. 1147). De cette sorte, il s'agirait là du second avènement du Messie. Toutefois, dans une autre partie du livre, le premier âge est divisé en dix semaines, et le pseudo-Enoch commence le récit relatif à cette division des âges, en disant qu'il est né l'an septième de la première semaine et que, après lui, dans la seconde semaine, une grande méchanceté surviendra. Ainsi, il suppose qu'il est né dans le septième jour ; et comme, d'après les supputations qu'on trouve dans la Genèse (V, 3-18), il est né six cent vingt-deux ans après la création, on peut conclure que chaque jour est pris pour un siècle et que chaque âge comprend mille ans. Nous ne pouvons voir là qu'un autre mojen de calculer la durée de l'histoire depuis la création jusqu'au jugement dernier. Nous avons vu que ces supputation ne reposent sur aucun fondement sérieux.

Le Quatrième livre d'Esdras aurait été composé, d'après Hilgenfeld, l'an 30 av. J.-C, aussitôt après la bataille d'Actium, Gfrôrer

parlé des Romains. Mais la critique d'Ewald n'est pas regardée comme fondée. Ce livre est considéré, par Hilgenfeld, comme composé, quant à sa partie messianique, par un gnostique chrétien ; Philippi l'attribue même à un chrétien. Schùrer pense qu'un chrétien aurait parlé plus clairement de Jésus-Christ et aurait offert des références aux Evangiles. D'autres veulent que, sauf quelques fragments, le Livre d'Enoch ait été composé sous Jean Hyrcan, environ 110 ans avant notre ère. Kuenen (The religion qf Israël, tom. III, p. 265) partage cette opinion. Il en excepte les eh. XVII -XIX, XXXVII -LXXI,GVI-CVIII. Volkmar donne à ce livre une origine juive et en reporte la composition à la première année delà révolte deBar-ïokeba, en 132 de l'ère chrétienne. L,ùcke(Einleit. in die Offenb, I, p.lât etss.)en reporte la composition au temps d'Hérode le Grand et Kôstlin (Ueber die Entsteh. des Buchs Henoch, dans Theolog . Jahrbùehcr, Tubingen, 1867, p. 275) entre 100 et SA avant J.-C. Il suit de cette diversité d'opinions que les passages messianiques pouvant avoir une origine chrétienne, on ne peut les apporter comme des téiooignages certains des croyances juives avant la venue du Sauveur. C'est la conclusion de Volkmar, Keim, Tideman, Oehler, James Drummond. Celui-ci trouve {The JcœishMessiah,p.33) que le résultat le plus certain est que le texte éthiopien du livre d'Enoch ne représente pas correctement ce livre, etque ce livre a éprouvé des omissions et des interpolations.

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{Das Jahrh. des Heils, I, p. 82 et ss.) pense qu'il fut écrit bous Domitien, vers l'an 94 après J.-C. Volkmar (Das vierte Buch Esra, p. 338 et ss.) admet la date de l'an 97, sous Nerva, et Ewald celle de l'an 80, sous Titus. Drummond indique, pour la composition de ce livre, le dernier quart du premier siècle. Dans cet écrit attribué à Esdras, l'Eternel s'exprime ainsi : « Quand les temps seront accomplis, mon Fils, le Messie, sera manifesté avec ceux qui sont avec lui, et, pendant 400 ans, il fera le bonheur de ceux qui sont restés vivants » (ch. VII, 26 et ss.). Diverses versions (lat. grecque, éthiop., syriaque, armén.) offrent des variantes qui ne permettent pas trop d'arriver à un résultat certain. D'après la version latine de cette Apocalypse d'Esdras, l'histoire du monde est divisée en douze parties dont dix parties et demie sont écoulées à la mort d'Esdras (la version éthiopienne divise cette histoire en dix parties, et il ne reste à venir que la moitié de la dizième partie ; la version arabe n'indique pas de nombre et les versions syriaque et arménienne omettent ce verset). L'auteur assigne à Esdras la date de 30 ans après la Captivité ; mais il y a là une erreur de cent ans, et l'original devait porter 1 30 ans. Sa chronologie part de cette hypothèse que le temple fut bâti par Salomon l'année 3000 du monde. En calculant ensuite la durée du temps, à partir de cette construction au temps où vécut Esdras, 30 ans (130 ans) après la Captivité, et en ajoutant ce nombre à 3000, on obtint la durée qui s'est écoulée depuis Esdras jusqu'à la création ; puis, divisant ce nombre par dix et demi, ou obtient la durée de chacune de ces périodes. Enfin, en multipliant le nombre d'années d'une période par douze, on détermina la durée de l'histoire du monde -, et en déduisant de cette somme 400 ans du règne messianique, nous arrivons à la date assignée par le livre, en comptant depuis la création. Nous trouvons l'ère chrétienne en ajoutant 558 années à la date déjà fixée par Esdras (ou plutôt 458). On trouve ainsi que l'auteur a compté exactement depuis la date du véritable Esdras. Esdras, qui vint en Judée l'an 457, aurait vécu jusqu'à l'an 407, c'est-àdire jusqu'à la dernière année des sept premières semaines de la prophétie de Daniel. La Venue du Messie serait fixée vers l'an 4000 du monde.

La gentilîté elle-même avait été instruite de l'époque de la venue d'un Messie, d'un maître du monde, et elle s'attendait, vers le temps de Jésus-Christ, à une palingénésie ou à une a grande année. » — Les Juifs étaient les courriers de Jéhovah, les missionnaires du Messianisme : ils portaient leurs livres

et leurs prophéties partout, et celles-ci furent si peu ignorées que, à l'instant où ils attendaient le Messie, l'attente d'un roi extraordinaire, d'un Libérateur, était commune à tous les peuples, car, quoique propre aux Juifs, cette espérance intéressait le monde entier. On la retrouve non-seulement en Orient, mais aussi à Rome. Dans son livre sur la Divinitation, Cicéron nous apprend que les Oracles sibyllins annonçaient un Roi, et il se demande: « Quel homme et quel temps cette prédiction peut regarder : Hoc si in libris, in quem hominemet in quod tempusest ? » Par leurs fréquentes relations avec les Juifs, très répandus alors dans tout l'empire, beaucoup de Romains avaient dû puiser chez eux des données plus positives sur la venue du Rénovateur du monde.

Ainsi, Virgile, faisant allusion à l'antique oracle mentionné par la Sibylle, croit toucher au moment de cette révolution heureuse. Dans l'églogue qu'il adressa, l'an 713 de Rome, 3 6 ans av. J.-C, à Pollion, consul et ami du roi Hérode, qui avait logé chez lui le Cygne de Mantoue s'exprime ainsi. Ultima Cumei venit jam Carminis aetas:

Magnus ab integro sœclorumnascitur ordo.

Jam redit et Virgo, redeunt saturnia régna: Jam nova progenies cœlo demiltilur alto. Tu modo nascenti puero

Casta fave lucîna {Ecloga IV, "vers. 4-et sqq.).

Virgile annonce donc que « les derniers temps chantés par la Sibylle de Oumessont enfin venus » et que « le grand ordre des siècles va commencer de nouveau » (c'est l'époque de la palingénésie). Il dit ensuite que « la vierge Astrée (qui avait abandonné la terre quand l'âge de fer parut) revient sur la terre, et avec elle le règne de Saturne » (qui, chassé par les Titans, s'était réfugié en Italie et y avait fait régner l'abondance). Enfin, le poète en vient à parler de celui qui doit amener ces merveilles : « Déjà descend du ciel un nouveau rejeton ». Les traducteurs voient là qu'une nouvelle race de mortels est envoyée des cieux ; mais quoique progenies puisse avoir ce sens, qui permet aux lettrés (Nisard, etc.) de composer une phrase, plus de leur goût néanmoins, ce mot a ici le sens restreint d' « enfant. » Aussi, Virgile ajoute-t-il immédiatement : « Souris, chaste Lucine, à cet enfant naissant ; avec lui d'abord cessera l'âge de fer ; et à la face du monde entier s'élèvera l'âge d'or. » Virgile s'adresse ensuite à Pollion en ces termes : « Ton consulat ouvriracette ère glorieuse. Par toi seront effacées, s'il en reste encore, les traces

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