‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 17 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

texte : « Une armée est donnée contre le sacrifice perpétuel en crime*» ; Hofmann : « Une armée est donnée contre ce qui est continuel avec le culte des idoles, » c'est-à-dire, de sorte que à la place du perpétuel, un crime, le culte des idoles est établi; » Ebrard : « la puissance d'une armée est donnée à elle (à la corne) contre le sacrifice quotidien par le crime, » c'est-à-dire par les mauvais anges. Mais, dans cette dernière version, on trouve l'expression « à elle » introduite arbitrairement. D'autres commentateurs ont cru que par le mot zaba , il fallait entendre le peuple de Dieu, et ils ont traduit ainsi : « Et l'armée (du ciel) est livrée avec le sacrifice perpétuel au péché, au pouvoir du péché. » Rosenmûller s'exprime ainsi : « Sed #yx exercitus hic non alius intelligendum quam is qui (Vs. 10, 11, 13) ita vocatur, exercitus cœli, i. e. populus sanctornm (Vs. 24), id vero est, populus Judaicus. Mais c'est précisément ce qu'il faudrait prouver; aux versets allégués le contexte indique qu'il s'agit là du peuple des saints ou du peuple juif. Keil dit que, malgré le manque de l'article, zaba' ne peut pas s'entendre autrement au verset 12 qu'aux versets 10 et 13, et que, dès lors, il s'agit, non d'une armée de Syriens, mais du peuple d'Israël. Il ajoute que l'absence de l'article a pour but de faire comprendre que ce qui est dit ne comprend pas toute l'armée, mais seulement une partie de cette armée, car, d'après le verset 10, la corne ennemie n'en jettera à terre qu'une partie. Mais il n'en est pas moins vrai que, au verset 10, le mot zaba est spécifié : « l'armée du ciel-, » qu'au verset 11, l'article (hazzaba) rattache cette armée à la précédente; et que, au verset 13, le contexte fait voir qu'il s'agit de cette même armée, de l'armée foulée aux pieds. Lengerke et de Wett3 donnent la traduction suivante : « Une armée sera livrée avec le sacrifice perpétuel à cause du crime. » Hitzig trouve dans cette version autant de fautes qu'il y a de mots dans le texte (So viele Fehler als der Grundtext Worte). Ces critiques croient, d'ailleurs, que cette zaba désigne l'armée des cieux, la nation sainte. R>uss suit leur sentiment : « Une armée lui fut livrée outre le quotidien à cause du péché » ; et il ajoute : « Nous traduisons de manière que Vannée est toujours la même, savoir le peuple fidèle. » Il ne motive pas autrement sa manière de voir. La Vulgate traduit ainsi : Robur autem datum est ei (cornu) contra juge sacrificium propter peccata (La force lui fut donnée contre le sacrifice perpétuel à cause des péchés). Mais zaba ne signifie pas robur, mais seulement « armée, service militaire ; temps de service, combat. » Les LXX ont, il est vrai,

traduit ce mot par Suvajjuç, mais le mot grec a le sens de « puissance, force armée, troupes. » L'expression propter peccata offre l'idée que les persécutions frappaient la nation juive à cause du péché, de l'apostasie d'une partie de ses membres; cette idée est bien indiquée dans divers passages de la sainte Ecriture, mais elle n'est pas mentionnée dans ce verset.

13. Et j'entendis u un Saint* qui parlait; et un Saint* dit à Quelqu'un T qui parlait : Jusqu'à quand (est) la vision1 : le Tamîdj et le crime du désolé* : le permettre le saint et l'armée (être) un (objet) piétiné? b

u Et j'ai entendu, va'êsmehah , prem. pers. fut. kal de yftvi entendre. D'après une correction massorétique, il faudrait mettre un hatef-kamez sous le mem. — ' Un Saint, Qados. On a supposé que cette expression désigne un ange. Mais d'après ce que nous avons constaté au chapitre IV, 14, nous pouvons comprendre qu'il s'agit d'un des Saints qui y sont mentionnés sous le nom de Veillants et de Saints (voy. p. 393-395), d'un de ceux qui étaient connus alors sous le nom de 'Elohim saints (voy. p. 382-, et ch. V, 41, 14). D'après ces textes, nous sommes autorisés à regarder le Saint qui parle, mais dont Daniel ne saisit pas les paroles, comme un de ceux qui sont appelés Saints /«a-c' IÇo^rjv, comme une Personne divine. Le Voyant ne mentionne pas ce que disait cet être divin qui, du reste, n'apparaissait pas dans la vision. — x Et un (autre) Saint : 'ehad (un) est répété deux fois; et le second indique qu'il s'agit d'un autre. On a pensé à un ange inférieur au premier. Mais le livre de Daniel est trop messianique pour qu'il ne s'agisse pas ici d'une apparition du futur Libérateur ^voy. p. 302 etss.; 592 et ss.). Le second interlocuteur de la vision est le Veillant et Saint qui fit abattre l'arbre que Nabuchodonosor avait vu en songe (p. 387-389), l'Ange de l'Ancienne Alliance qui avait conversé face à face avec Moïse, l'Homme-Dieu, en un mot, que Daniel va bientôt voir apparaître, sous une forme humaine, au milieu de l'Oulaï. En tant que Fils d'homme, il interroge au sujet de la durée de la dévastation de son sanctuaire et de l'affliction de son peuple : en tant que Fils d'homme, le Fils éternel de Dieu se présente à Daniel comme devant suivre le cours d'un développement humain. On sait que la sainte Ecriture développe alternativement l'humanité et la divinité du Messie. Tantôt, le Dieu mo-

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