‹ Le Livre du propháete DanielChapitre 18 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

mentanément éclipsé, ne nous laisse qu'en présence de l'homme; et tantôt nous perdons presque de vue l'homme pour ne voir qua le Dieu tout-puissant. Dans notre texte, nous voyons le Saint réunissant l'humanité et la divinité dans sa personne. To.it en se manifestant comme Dieu, il s'offre d'un autre côté, comme ayant vu passer devant les regards de son âme les lugubres tableaux de l'avenir, et il voulut faire connaître à Daniel le décret môme de l'Eternel relatif à la profanation du temple et à la persécution du peuple élu. — ? Quelqu'un, Falmônx. On donne au mot ^iqSb Ie sens de « un tel, un certain, dont on ignore ou dont on ne veut pas dire le nom, quidam, aliquis. » Lengerke : %u Einem, et en note : ein Gewisser (Bestimmter), Verschwiegener, un Caché, dont on cache le nom ou dont on veut tenir le nom secret. Les LXX, Aquila et Théodotion ont retenu le mot hébreu, qu'ils ont regardé comme un nom propre. La Vulgate (alteri nescio cui) n'a pas très bien saisi la nuance que le mot falmoni a ici. Sans doute, ce mot peut, quelquefois, se traduire par « je ne sais qui-, a mais il peut aussi fort bien signifier « un tel » dont je connais le nom, mais que je me contente de désigner par le mot « quelqu'un, » soit parce qu'il suffit de le mentionner ainsi pour que. d'après le contexte, on le reconnaisse, soit parce qu'il est plus respectueux de ne pas prononcer son nom. On sait que, dans la sainte Ecriture le mot has-sem (le Nom) signifie Dieu, et que les Juifs s'abstiennent de prononcer le nom de Jéhovah. Le mot Falmônx est composé, dit on, de O'Sd (un certain, ô ozïvx-, l'arabe a donné V espagnol fulano) et de »j)27tt (dont le nom n'est pas énoncé, dont on veut taire le nom)» employé dans Ruth. IV, 1 ; I, Rois, XXI, 3; IV, Rois, VI, 8. Cette étymologie, généralement admise \Gesenius, Rosenmûller, etc.) ne s'impose cependant pas d'une façon bien scientifique. Felonî- 'almoni a pu donner 'Falmônî. Mais cette dérivation ne rend pas improbables des étymologies rattachées à d'autres racines. Constantin l'Empereur (Notes sur Jachiades) voit dans ce mot une contraction du nom de ^Sd (l'Admirable) qu'Isaïe donne au Messie (ch. IX, 6) et de njQ qui, dans la conjugaison dcguessée, signifie « il a préposé. » Ce commentateur croit qu'il s'agit ici du Messie (adeo ut Messiam Ecclesise a Deo Pâtre prœfectum, quemadmodum vates, Psal. 2, 6. docuerat perspicue, ubi eadem hac voce utitur paraph. Chaldseus : prsefeci eum OVJViai) monti sanctuarii mei — P. \ 52). Il ne se trompe cependant pas en admettant qu'il s'agit dune personne divine Dieu a pu très bien ôtre nommé « l'admirable- Ordonnateur ou Prépa-

rateur » de toutes choses. Sans doute cette étymologie de Falmôni peut être contestée, mais elle se soutient aussi bien que la précédente. Gesenius ne veut pas qu'on voie dans Falmôni un nom qui est substitué à celui de Jéhovah : quod perperam nonnulli pro Jovse nomine habuisse videntur et ita usurpant Constit. Clément., 7, 35, sed recte explicat Theodoretus ad b 1., to cpeX[xov£ xov Tiva arj^aivei. Sans doute, Théodoret rend très bien le sens usuel qu'avait pris le mot falmoni (en araméen felmoni). Mais cette signification donnée à ce mot empêche-t- elle qu'il soit employé ici pour désigner le Dieu caché, et comme un équivalent du tétragramme, le nom même de Jéhovah, ainsi que l'entendent les Const. Clémentines? Gesenius rattache, d'ailleurs, le mot felonl à nSs {separavit, distinxit), et il dit que ce mot signifie proprement distinctus definitus, quem digitis quasi monstro, non nomino. Ne pourrait-on pas, tout aussi bien, le dériver, avec Lengerke, de nSs (il a séparé, désigné, destiné, traité avec distinction) et de qSk (être muet, se taire, cartier, celer)? Quoiqu'il en soit, Daniel a pu très justement employer le mot « Quelqu'un » pour désigner l'Etre supérieur qui parlait, parce qu'il put ne pas savoir d'abord quel était cet Etre II put surtout être porté à s'exprimer ainsi, parce que Dieu est vraiment l'Ineffable, Celui dont on ne peut dire le nom. On sait que souvent les Juifs désignaient Dieu par le mot ^in* Lui (Cfr. Genèse, XXXII, 29; Job., XXIV, 23). C'est ainsi qu'ils disent sem ou has-sem (le Nom) au lieu de Jéhovah. Il y a là une marque de respect envers Celui dont on ne croit pas pouvoir prononcer dignement le nom Ainsi, Daniel a pu très bien se servir du mot falmôni pour désigner Celui qui se proclame luimême, par la bouche de ses prophètes, le Dieu caché. Les mystères et les merveilles de son essence intime et de sa vie sont impénétrables aux forces naturelles de toute intelligence créée, et ne peuvent pas être exprimées par des paroles.

z Jusqu'à quand est la vision? Hêha^on signifie ici, non pas l'acte de la vision, mais son contenu, « la chose vue. » L'Ange de l'Alliance demande donc combien de temps durera l'interruption du sacrifice perpétuel, la désolation du sanctuaire et toute la période de la persécution Les grammairiens se préoccupent, au sujet de ce verset, de la liaison des mots, et ils ne sont pas contents de la construction de la phrase. Quelques interprètes croient donc devoir répéter l'^D. ^ l'état de régime, de manière à avoir T^nn "îlTn : Jusqu'à quand cette vision (la vision du

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